‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 297 sur 589 · LE FESTIN UE UK FU V ME · texte numérisé non relu

LE FESTIN UE UK FU V ME

qui raccompagnait depuis Jéricho, il continua sa route, et dut arriver le vendredi même à Jérusalem. « A Béthanie « on lui prépara un souper. » C’était le repas du sabbat qui avait lieu le vendredi soir, et qui était toujours plus copieux que les autres, h Marthe servait; Lazare était a parmi les conv ives. Mais Marie prit une livre d’onguent « d’huile de nard précieuse, la versa sur la tête de Jésus a et en oignit ses pieds, qu’elle essuyait ensuite avec ses t< cheveux ; et l’odeur du parfum se répandit dans toute la « maison. Ce que ses disciples voyant, ils s'en fâchèrent u et dirent : A quoi bon celte perte? Et l'un d’eux. Judas a Iscariote, qui le trahit ensuite, dit : N’aurail-on pas dû a plutôt vendre ce parfum plus de trois cents deniers, et h en donner l’argent aux pauvres? 11 parlait ainsi, non « parce que les pauvres lui tenaient au cœur, mais parce tt que c’était un voleur, qui avait la bourse et portait avec a lui ce qui y avait été mis. »

C’est ainsi qu’ont parlé dans tous les temps, et de no» jours encore, tous ceux qui ont mis la main sur les biens de l’Église et sur les trésors du temple. Eux aussi savaient bien porter la bourse. Pourquoi ces dépenses, ce luxe dans les églises? Pourquoi de Cor, de l’encens, de la cire, des lampes qui brident toujours devant l’autel? Ne vaudrait-il pas mieux donner aux pauvres l'argent que l’on consume inutilement en ces sortes de choses? Ces hommes sont les dignes disciples du traître Judas. « Mais Jésus dit : « Pourquoi la tourmentez-vous? Laissez -la faire. Ce u qu'elle vient de faire à mon égard est une bonne œuvre ; u elle a fait ce qu'elle a pu. En répandant ce parfum sur u mon corps, elle l'a fait pour le jour de ma sépulture; u ou encore : elle a embaumé d’avance mon corps pour

l.A VIE l>E S. -S. JESUS-CHRIST.

<* la sépulture. » Ces paroles expriment clairement que Marie de Béthanie , Marie la Contemplative , ne prit aucune part à rembaumement et à la sépulture de Notre -Seigneur après sa mort, mais qu’elle embauma en quelque sorte ici son corps par une anticipation prophétique. C’est pour cela que saint Jean , racontant l’histoire de la résurrection de Lazare, dit : « C'était là cette Marie qui oignit de parti fums le Seigneur, et essuya ses pieds avec ses cheveux,» pour la distinguer par là de Marie -Madeleine. La sœur de Lazare était une Ame si adonnée à la contemplation, que, lorsque le Sauveur arriva à Béthanie pour ressusciter son frère , elle ne sortit de la maison que lorsqu’il l’eut formellement demandée. Et plus lard , comme nous l’apprenons encore par l’Évangile, elle ne vit rien à Jérusalem de ses souffrances ni de sa sépulture. On peut voir par là combien est peu fondée l’opinion de ceux qui confondent Marie -Madeleine et Marie de Béthanie. Dans cette hypothèse, en etTet, cette femme, qui était assise tranquillement aux pieds de Jésus, se serait, après cette première visite du Sauveur, livrée à une vie criminelle; elle aurait quitté Béthanie , et aurait vécu sur ses terres à Magdala; puis, poussée par le repentir, elle serait venue se jeter aux pieds du Sauveur, pour laver ses péchés dans les larmes. Or de tout cela l’évangéliste saint Jean ne Jdit pas un mot.

Jésus continua : « Vous avez toujours des pauvres parmi k vous, et vous pouvez leur faire du bien quand vous u voulez ; mais pour moi , vous ne m’avez pas toujours. » Puis, jetant un regard lointain dans l’avenir de son Église, et considérant le culte dont elle devait honorer les saints, il dit : « En vérité, je vous le dis, parfont ou Ton annon-

L ANON DE litïilHHAGK.

« cera l’Évangile, dans tout l’ univers, ou racontera à sa « louange ce qu’elle vient de faire. Beaucoup de Juifs , « ayant appris que Jésus était k Béthanie, vinrent non- « seulement k cause de lui, mais aussi pour voir Lazare, « qu’il avait ressuscité d'entre les morts. Les princes des «. prêtres prirent donc dès lors la résolution de tuer aussi « Lazare, parce que beaucoup allaient k cause de lui, et « croyaient en Jésus. » Les Juifs racontent qu'au cinquième jour, c’est- k- dire le jour d’après l'arrivée de Jésus k Béthanie, le bruit s’en étant répandu k Jérusalem, le grand conseil envoya vers lui deux de ses membres, Ananie et Azarie, dans le but de lui tendre des pièges; que ces deux députés vinrent jusqu’il Nob, ville sacerdotale, située au couchant et tout près de Béthanie, et où l’arche d’alliance était restée pendant quelque temps. Or il est remarquable que ce même lieu porte encore aujourd’hui chez les Arabes le nom de Ville de Jésus, sans qu’on trouve rien dans l’Évangile qui puisse nous éclairer sur l’origine de ce nom.

L’A non de Bethphagré.

a Le jour suivant (c’est-k-dire le dimanche), comme « ils (ipprochaient de Jérusalem, et qu’ils étaient arrivés « k Bethphagé, près du mont des Oliviers, Jésus envoya a deux de ses disciples, en leur disant : Allez au village « qui est devant vous, et >ous y trouverez en arrivant <• un ànon lié, le petit d’une ànesse, qu’aucun homme

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« n u encore monté; délicz-le , et me l’amenez. El si l’on « vous dit quelque chose, dites : Le maître en a besoin,

« et on vous le laissera sans difficulté. Or tout ceci s’est « fait afin que cette parole du prophète fût accomplie :

« Dites à la fille de Sion : Voici votre roi, qui vient à « vous plein de douceur, assis sur une ânesse, sur le « petit d’une ànesse. Les deux disciples, étant allés, r< trouvèrent l’ànon lié à la porte, et firent comme le r» Seigneur leur avait commandé. Pendant qu’ils déliaient « l’ànon, quelques personnes qui étaient là, les propriétaires, leur dirent : Pourquoi déliez -vous cet âne? Ils « répondirent comme le Seigneur leur avait commandé, a et dirent : Le maître en a besoin; et ils leur laissèrent « l’âne. Ils l’emmenèrent donc à Jésus, mirent leurs « habits sur son dos, et Jésus s’assit dessus. »

D’après saint Matthieu, les disciples prirent avec fanon l’Anesse sa mère, peut-être parce que, n’ayant pas encore été monté, il n’aurait pas marché sans elle. Saint Justin voit dans l’ânesse l’image du judaïsme vieilli, et dans l'ànon celle des païens que le joug du Seigneur n’avait pus encore disciplinés. Les ânes, qui étaient une partie de la richesse des patriarches, ont en Palestine une couleur rouge claire, et 11e sont point paresseux comme chez nous. Ce sont, au contraire, des animaux vifs, adroits et persévérants. A la cour du roi, il y avait un officier chargé spécialement du soin des ânes. Quoiqu’il n'y eût rien d’humiliant à monter un âne, ce fut cependant par humilité que le Sauveur choisit de préférence cet animal; et c’est ainsi que les Juifs eux-mêmes l'avaient entendu. Il y avait en effet chez eux une tradition populaire qui

disait que : Si Israël persévéré dans le bien, le Messie

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