CHAPITRE X
Le Figuier maudit. Parabole. 10 niaan ou il avril.
« Or le jour suivant (c’est-à-dire le lundi), étant parti « de Béthanie , le matin , pour aller à la ville , il eut u faim. Et comme il vit de loin sur la route un figuier qui « avait des feuilles, il s'avança pour voir s’il y trouverait u quelque chose. Mais lorsqu’il fut tout près, il n’y trouva a que des feuilles. Il lui dit alors : Que jamais personne « ne mange plus de tes fruits ! Et le figuier sécha aussitôt. « Or ses disciples entendirent cela. » Il y avait environ trois quarts de lieue de Bélhanie à Jérusalem. Les Juifs ne mangeaient rien avant l’heure de la prière , ou le sacrifice du matin , et ils dînaient vers la quatrième heure, c’està-dire vers dix heures. Les religieux avaient coutume de jeûner le lundi et le jeudi , excepté dans le temps pascal. C’est dans le mois de nisan que les figuiers en Palestine poussent leurs premières fleurs et leurs feuilles, et cinq mois après la pàque se faisait ordinairement la récolte. Mais les voyageurs, d’accord en cela avec les tal-
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mudistes, distinguent en Judée trois sortes de ligues ; les noires et les blanches , qui mûrissent au mois de juin; les ligues d’été, qui mûrissent au mois d'août; et c'était alors que se faisait proprement la récolte. On faisait sécher les fruits, on les pressait, et ils devenaient en cet état un objet de commerce. Puis venaient les figues d’hiver, longues, de couleur violette, qui restaient quelquefois sur l’arbre tout Y hiver, et que l’on recueillait au printemps pour servir de dessert.
Dans la contrée de Gennésareth on cueillait des raisins et des figues dix mois l’année sans interruption. Bien plus , le figuier égyptien donnait quelquefois jusqu'à sept récoltes dans l'année. C’est pour cela que les rabbins comparent la sainte Écriture au figuier, parce qu’on y trouve toujours des fruits. Les grenades signifient à leurs yeux les âmes pieuses, parce que celles-ci sont en quelque sorte toutes pleines des graines de la loi. C’est pour cela aussi que le grand prêtre portait à son habit des grenades symboliques à côté des clochettes, qui étaient comme les langues de la loi. Le myrte, disaient-ils, signifient ceux qui, sans avoir reçu la loi, font pourtant de bonnes œuvres : les palmes, au contraire, représentent ceux qui ont la loi et ne l’observent point; tandis que le saule signifie ceux qui ne connaissent pas la loi, et ne font point de bonnes œuvres. Tous ces symboles, nous les avons vus hier dans la procession qui fit cortège au Sauveur lorsqu’il entra à Jérusalem; et ils représentent merveilleusement les dispositions intérieures de ceux qui l’accompagnaient. Le figuier était le symbole de la nation juive. Fendant trois ans, le Messie avait fait luire sur elle les rayons de sa grâce. Elle avait bien encore des