LES HÉRODIENS ET LEUR ÉPOQUE
pour la première fois. Tout le sanhédrin, s’en tenant au texte précis de la loi, s’était opposé alors à la domination étrangère ; et il avait payé de la vie cette protestation courageuse. Le sceptre avait passé depuis aux Romains; mais dès la première année, Juda de Gamala avait sommé les Juifs de leur refuser le tribut, et avait excité une émeute ou il avait été versé beaucoup de sang. Les hérodiens ne pouvaient choisir une question plus embarrassante , et ils espéraient bien trouver dans la réponse de Notrc-Seigneur une occasion de satisfaire leur haine contre lui. « Mais a Jésus, apercevant leur malice et leur perfidie, leur dit : « Hypocrites, pourquoi me tentez- vous? Montrez -moi « une pièce de monnaie. Ils lui présentèrent un denier. « Jésus leur demanda : De qui est cette initie et cette « inscription ? De l’empereur, répondirent-ils. 11 leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce « qui est à Dieu. Ils ne purent l’accuser auprès du peuple « sur cette réponse; mais ils furent réduits au silence. Ils u s’en allèrent donc confondus, et le quittèrent. » Les rabbins enseignaient que le pays appartient à celui dont il a la monnaie. A l’origine, il n’y avait de monnaie en Judée que l'argent du temple, qui était sacré, et qui portait l’empreinte de Jéhovah. Mais les Juifs, lassés de la théocratie, envièrent aux autres nations leur gouvernement. 11 fallut alors payer des impôts au roi, qui établit une monnaie frappée à son empreinte, comme un témoignage authentique de sa puissance. Il ne leur était arrivé que ce qu’ils avaient voulu. C’est là ce que leur dit Jésus en cette circonstance; et, loin de se laisser surprendre par les hérodiens, il les avait surpris eux-mêmes dans leurs paroles.
LA VIE f»E N. -S. JÉSUS-CHRIST.