‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 325 sur 589 · JÉSUS MENACE LES JUIFS DU JUGEMENT DE DIEU · texte numérisé non relu

JÉSUS MENACE LES JUIFS DU JUGEMENT DE DIEU

a lues vos pères, qui ornez les monuments des justes, et « qui dites : Si nous avions vécu du temps de nos pères, « nous n’aurions pris aucune part au sang des prophètes a qu’ils ont versé. Ainsi, vous vous rendez témoignage à a vous-mêmes que vous êtes les enfants de ceux qui ont « tué les prophètes. Certainement vous louez et approuvez « ce qu’ont fait vos pères. Ils ont tué les prophètes, et « vous leur élevez des monuments. Oui, vous comblez la « mesure de vos pères. Serpents, race de vipères, com- « ment pourrez-vous échapper au feu de l’enfer? C’est u pourquoi la sagesse de Dieu dit : Je vous enverrai des u prophètes et des apôtres, des sages et des prédicateurs « de la loi; mai3 vous tuerez et crucifierez les uns; vous fouetterez dans vos synagogues et vous chasserez de « ville en ville les autres, afin que tout le sang innocent « qui a été répandu sur la terre depuis le commencement « du monde, retombe sur vous et soit redemandé à cette a race, depuis le sang d’Âbel le juste jusqu’au sang de Za- « chaiie, fils de Darachie, que vous avez tué entre le « temple et l’autel. En vérité, je vous le dis, tout cela a sera redemandé à cette race. »

Ces paroles renferment contre Jérusalem une prophétie terrible, dont les rabbins nous donnent le sens. Une légende juive raconte que, lorsque le grand prêtre Zacharie, fils de Joiada, fut lapidé sous le roi Joas, il cria en mourant : a Le Seigneur le verra, le Seigneur se vengera, a Son sang alors, de même que celui d’Abel, cria vengeancé au ciel. On le vit s’enfler et bouillir sur le seuil du temple, ou il resta jusqu’à la première destruction de Jérusalem, lorsque neuf cent quarante mille hommes furent immolés par Nabuzardan, général de Nabuchodonosor. fuis, à

partir de ce moment, il disparut; car il était vengé. Ce meurtre était encore proverbial chez les Juifs quand on voulait parler d'un jugement terrible de Dieu. Or c’est un châtiment semblable dont le Sauveur, qui se donne lui-même pour la sagesse divine, menace les Juifs à cause du meurtre qu’ils vont bientôt commettre, sur le Messie d’abord, et plus tard sur ses disciples. Il leur annonce donc que le sang de ces justes ne cessera point de crier vengeance au ciel, jusqu’à ce que Jérusalem soit détruite de nouveau, et que ses habitants soient anéantis. Prophétie effroyable, mais dont la vérité a été scellée par le sang de un million cent mille Juifs, qui trouvèrent la mort sous les ruines de Jérusalem. Au reste le rapprochement entre le massacre des Juifs sous Nabuzardan et celui qui eut lieu sous Titus est si frappant que les rabbins eux-mêmes l’ont remarqué, comme on peut le voir dans le Zernach David, fol. xxvu, i. L’évangéliste saint Matthieu rend plus claire encore la prophétie du Sauveur en ajoutant au nom de Zacharie ces paroles : a Le fils de Barachie, que vous avez « tué entre le temple et l’autel. » Et nous y trouvons la preuve manifeste qu’il n’a écrit son Évangile que quarante ans au plus tôt après la mort du Sauveur. C’est alors, en effet, que Zacharie, fils de Barachie, accusé d’intelligence avec les Romains, et traduit comme traître devant le conseil des Soixante-dix, assemblé à la hâte, fut traîné hors du tribunal par deux hommes du parti des zélotes qui demandaient sa mort, et massacré entre le temple et l’autel. Après quoi commencèrent bientôt les horreurs du siège de Jérusalem et l’accomplissement de la prophétie du Sauveur.

Les tombeaux dont il parle ici étaient sans doute ceux

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