‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 329 sur 589 · LES DONS FAITS A LA MAISON DU SEIGNEUR · texte numérisé non relu

LES DONS FAITS A LA MAISON DU SEIGNEUR

quer à Notre -Seigneur les dons précieux qui étaient exposés dans le trésor; car Jérusalem était sous ce rapport pour les Juifs ce que Delphes était pour les païens. C’était dans la salle des offrandes ou dans le sanctuaire que l’on conservait les armes des héros et les présents qui avaient été envoyés au temple des contrées les plus éloignées. Déjà, au temps du premier temple, on y avait suspendu les offrandes des douze tribus d’Israël, puis les armes de David et l’épée de Goliath , avec laquelle il avait coupé la tète de ce géant. Dans le second temple, construit par Esdras, étaient les dons précieux que le roi Ptolémée Philadelphe avait envoyés d’Égvpte en retour des livres saints qu’on lui avait offerts. Ces dons consistaient en des vases de toutes sortes, ciselés avec un goût exquis, et dont l’historien Josèphe fait le dénombrement. On y voyait encore la couronne d’or que le général romain Sosius avait donnée tout dernièrement au temple, pour remercier Dieu de la prise de Jérusalem. Il y avait aussi suspendue à la porte du sanctuaire une vigne, donnée par Hérode le Grand, dont les branches et les feuilles étaient d’or, tandis que les grappes, longues d’une coudée, étaient de pierres précieuses. De nouvelles grappes et de nouvelles branches y avaient été ajoutées plus tard; de sorte qu’avec le cours du temps elle était devenue tellement pesante que, selon l’expression hyperbolique des rabbins, trois cents personnes auraient eu de la peine à la remuer.

Là étaient encore exposés les vases sacrés donnés par l’empereur Auguste lui -même; les présents apportés récemment par les députés du roi Abgar, ceux qu’envoyèrent plus tard le chambellan de la reine Candace et Hélène d’Adiahène. Là était aussi la chaîne d’br que le roi Agrippa

consacra au Seigneur après sa délivrance sous l'empereur Claude. Elle était aussi pesante que la chaîne de fer avec laquelle l’empereur Caligula l’avait tenu enchaîné à un légionnaire. C’est de toutes ces magnificences et de toutes ces richesses que le Sauveur annonce la ruine prochaine. « Là-dessus Jésus sortit du temple. Ses disciples vinrent à « lui pour lui montrer les bâtiments du temple. L’un d’euv « lui dit : Maître, regardez quelles pierres et quelle s truc - « turc. Mais Jésus lui répondit : Vois-tu ces grands bâti- « ments? Eh bien! je vous le dis, il ne restera pas une « seule pierre qui ne soit détruite. » Celui qui n'a pas vu le temple d’Hérode, dit le Talmud, n’a jamais rien vu de magnifique. En effet, rien ne surpassait la beauté de cet édifice. Le sanctuaire élevait dans les airs ses masses colossales. Les murs étaient de marbre blanc, vert ou nuancé, et les pierres étaient si bien ajustées les unes aux autres, qu’elles ressemblaient aux vagues de la mer, ce que plus tard l’empereur Justinien imita dans la construction de l’église Sainte -Sophie. Déjà le premier temple présentait comme une surface de cristal; si bien que la reine de Saba, au rapport des rabbins, releva sa robe lorsqu’elle y entra pour la première fois, croyant que c’était de l’eau qu’il fallait passer à gué.

La description que l’historien Josèphe nous fait du temple d’Hérode justifie merveilleusement l’étonnement et l’admiration des apôtres. Il nous dit, en effet, que les pierres employées à sa construction avaient jusqu'à quarante-cinq coudées de long, cinq de haut et six d’épaisseur; de sorte qu’elles rappelaient les ouvrages cyclopéens de l’antiquité, tels qu’ils nous apparaissent encore dans les ruines de Persépolis et de Balbeck, ainsi que dans les

Page 1