RUINE UE JÉRUSALEM ET FIN DU MONDE
« en ce jour comme il arrivera aux jours de Noé avant le « déluge: on mangeait et buvait, on se mariait jusqu’au « jour où Noé est entré dans l’arche; alors le déluge est « venu et les a tous enlevés. Il arrivera comme il est « arrivé au temps de Lot : on mangeait et buvait, on « achetait et vendait, on plantait, on bâtissait jusqu’au « jour où Lot sortit de Sodome; alors le feu et le soufre « et le vent du ciel les anéantirent tous. Prenez garde « que vos cœurs ne soient appesantis par la gourmandise,
« l’ivrognerie et les soins pour la nourriture, afin que ce « jour ne tombe pas sur vous à. l’ improviste ; car il viendra « comme un piège sur tous ceux qui habitent l’univers en- « tier : et comme je vous trouverai, je vous dirigerai, d Ces dernières paroles ne se trouvent point dans les Évangiles, mais saint Justin, dans son Dialogue contre Tryphon, les rapporte comme étant de Notre -Seigneur Jésus-Christ. Elles expriment la même idée que ces autres paroles:
« L’arbre reste où il tombe. » C’est dans le même sens que Dieu dit dans Ézéchiel (ch. vu, v. 3) : « Je te jugerai « selon tes voies, a » Je vous le dis, dans cette nuit, de « deux qui seront couchés dans le même lit, l'un sera « pris, et l’autre rejeté. De deux servantes qui broient le « blé avec le même moulin , l’une sera prise, et l’autre « repoussée. De deux qui seront ensemble aux champs >
« l’un sera pris, et l’autre rejeté. Et si le Seigneur n’abré- « geait ces jours, aucun homme ne serait sauvé; mais ces * « jours seront abrégés à cause des élus. »
Les Juifs, soit avant Jésus -Christ, soit depuis, ont toujours réuni dans la même idée le nom du Messie et le jugement du monde. 11 n'est donc pas étonnant que les * apôtres aient demandé à Notre-Seigneur si le dernier jour *
0 12 LA VIL i)L N.-S. JÉSUS-CHRIST.
était déjà proche. Ce pressentiment était juste au fond dans un certain sens; car un grand jour du monde, une année de Dieu venait de s’écouler; cest pour cela que les hommes à cette époque ressentaient des angoisses semblables à celles que nous retrouvons à la fin de l’an 1000 parmi les nations de l’Europe. Lorsque sous Titus, qui avait détruit Jérusalem , une éruption épouvantable du Vésuve sembla menacer Rome du même sort qui avait frappé Babylone et Sion, Pline le Jeune donna à celte nuit terrible, où son oncle trouva la mort, le nom de nomsima nox . « Un grand nombre , dit-il , levaient les mains « vers les dieux, d’autres prétendaient au contraire qu'il « n’v avait plus de dieux, et que c’était la dernière nuit « pour le monde. Plusieurs, saisis d’une véritable folie, « trompaient les autres et se trompaient eux -mêmes sur « leur propre malheur par des prophéties effroyables. « Pour moi, je puis dire que, daus ce grand danger, il « ne m’est pas échappé un seul soupir, un seul cri « indigne d’un homme ; car je trouvais une triste , mais « grande consolation, dans cette pensée que je péris- « sais avec le monde, et que le monde périssait avec « moi. »
Dion Cassius, dans sa Vie de Titus, confirme la prophétie de la fin prochaine du monde qui préoccupait tous les esprits, lorsque d’affreux tremblements de terre se firent sentir en diverses contrées , qu’une peste effroyable visita le genre humain, et que les villes d’Herculanum et de Pompéi éprouvèrent, au milieu du tonnerre et des éclairs, le sort de Sodome et de Gomorrhe. Et c’est encore aujourd’hui la coutume de désigner la fin des temps sous le nom du dernier jour. Mais le dernier jugement allait bien-