‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 343 sur 589 · COLLÈGE DES PRINCES DES PRÊTRES · texte numérisé non relu

COLLÈGE DES PRINCES DES PRÊTRES

Êléazar, üls d’Anne. Êléazar ne put le garder non plus qu’un an, et fut remplacé par Simon Camithi, jusqu’à ce qu’enfin, un an après, Caïphe, gendre d’Anne, le remplaça, et fut le soixante- huitième pontife depuis Aaron. Car la dignité de grand prêtre était avilie depuis quelque temps, et le lien, indissoluble autrefois, qui existait entre le peuple et le pontife suprême, représentant visible de Dieu, s’était rélàché comme celui du mariage, qui bien souvent n’avait pas plus d’une année de durée. Aussi devons- nous considérer comme une ironie amère de l’évangéliste saint Jean ces paroles : que Caïphe était grand prêtre cette année-là. Le Talmud lui-même s’exprime avec amertume sur cette

vénalité du souverain pontificat, et sur ces grands prêtres

d’une année. Au lieu qu’autrefois on exigeait de ceux-ci les connaissances les plus étendues, on voyait monter depuis quelque temps déjà sur le siège d’ Aaron les hommes les plus ignorants et les plus grossiers. Cette dignité était devenue, au rapport des rabbins eux-mêmes, l’objet d’un véritable trafic. Autrefois le grand prêtre était élu parmi les descendants d’ Aaron et par le libre choix du grand conseil; et lors même que le roi s’en attribuait la nomination, il lui conférait cette charge pour la vie. Mais maintenant les préteurs qui se succédaient dans le gouvernement de la Palestine créaient et renversaient à leur gré les grands prêtres, comme les prétoriens faisaient pour les empereurs. Aussi les rabbins prétendent qu’il n’y avait eu que dix-huit grands prêtres sous le premier temple, tandis qu’on en vit quatre-vingt-quatre, ou même, selon d’autres, trois cents sous le second temple, quoique dès le commencement Simeon le Juste eût occupé cette charge pendant quarante ans.

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Le peuple avait perdu tout respect pour ses grands prêtres, et les appelait des idoles d’or et d’argent. Gamaliel lui-même n’était pas bien vu du grand conseil, parce qu’il s’était permis quelques expressions peu respectueuses pour le grand prêtre. Anne, au contraire, était regardé comme très-heureux par ses contemporains, parce que non -seulement il avait occupé longtemps lui -même le souverain pontificat, mais il avait eu après lui dans la même dignité cinq de ses fils et son gendre, ce qui n'était encore arrivé à aucun pontife. Caïphe, son gendre, n’était qu’un instrument docile entre les mains de ce rusé diplomate, qui trouvait le moyen de mettre la main partout, et de diriger toutes les affaires par son influence. Lors de la condamnation de Jésus-Christ, il était, comme nous l’avons dit, sagan du sacerdoce; et en cette qualité il était, a l’égard de son gendre, ce qu’est dans l’Église catholique le coadjuteur à l’égard de l’évêque. Le sagan, en effet, succédait de droit autrefois au grand pontife, et s’appelait même le second grand prêtre. C’est pour cela que dans l’Évangile il est nommé avec Caïphe, et même avant lui , et que le Sauveur fut conduit d’abord cher lui. Le sagan avait à côté de lui dans le grand conseil deux catkolikin, ou, mot à mot, vicaires généraux. Ce poste était occupé alors par Jean et Alexandre, dont nous trouvons les noms dans les Actes des apôtres (ch. iv, v. 6 \ Après eux venaient les cinq fils du vieil Anne, à savoir, Éléazar, Janathan, Théophile, Mathias et Ananus, qui tous avaient occupé déjà le souverain pontificat.

On comptait encore comme ex-pontifes dans le conseil Joazar et Éléazar, fils de Simon Boéthi, et leur frère Simon, nommé Canthéra, qui procura les honneurs du martyre à

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