‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 370 sur 589 · RENIEMENT DE PIERRE · texte numérisé non relu

RENIEMENT DE PIERRE

le chant, de meme que le bruit des portes du temple quand on les ouvrait, se faisait entendre jusqu'à Jéricho.

« Après un intervalle d’environ une heure, » pendant lequel avait duré l’interrogatoire de Notre-Seigneur, Simon-Pierre , inquiet du sort de son Maître, rentra et s’approcha de nouveau des soldats qui se chauffaient devant le feu en bas de la cour. 11 venait là non pour se chauffer comme eux, mais pour avoir des nouvelles de Jésus. Jean, selon toute apparence, était dans les appartements supérieurs; car la salle du tribunal était au premier étage.

« Comme il était là, un des assistants dit de nouveau : Par « ma foi, celui-là était aussi avec lui. Puis, se tournant « vers lui, il lui dit: N’êtes-vous pas aussi l’un de ses « disciples? Pierre le nia, et dit : Je ne le suis pas. Ceux « qui étaient là s’approchèrent alors plus près de lui, et « lui dirent : Certainement vous êtes l’un d’entre eux :

« d’ailleurs votre prononciation vous trahit, et montre « que vous êtes un Galiléen. » Ils ne savaient pas qu’ils avaient devant eux un apôtre, et même le chef de tous les disciples du Christ; mais ils regardaient tous les Galiléens en général comme partisans du Nazaréen. « Là-des- « sus, il se mit à affirmer et à jurer, en disant : Je ne « connais point l’homme dont vous me parlez. Or un des « serviteurs du grand prctre, cousin de celui à qui Pierre « avait coupé l’oreille, s’adressant à lui, lui dit : Ne vous, « ai-je pas vu dans le jardin avec lui? Pierre le nia de « nouveau ; et pendant qu’il parlait encore le coq chanta.»

En ce moment l’attention de ces hommes fut détournée d’un autre côté, heureusement pour Pierre, qui sans cela aurait probablement été pris et mis sous bonne garde. L’interrogatoire de Notre-Seigneur était achevé, et l’on t. n. 12

descendait le prisonnier. C’est alors que, se « tournant « il regarda Pierre; et celui-ci se souvint de la parole que « le Seigneur lui avait dite : Avant que le coq chante « deux fois, tu me renieras trois fois. Et Pierre sortit, « cacha sa tête et pleura amèrement. » L’obscurité de h nuit ne lui suffit pas pour cacher sa honte ; il envelop F sa tête dans son manteau , comme avaient coutume de faire dans l’antiquité ceux qui étaient frappés de quelque grande affliction. Ainsi avait succombé à la voix d'une servante cet apôtre, qui peu d’instants auparavant était prêta donner sa vie pour son Maître, et avait seul tire l’épée pour le défendre. 11 ne pensait pas assurément à renier Jésus ; et au moment où il le faisait il aurait renouvelé ses protestations de dévouement, s’il s’était donné le temps de réfléchir. Ne voulant pas garder le silence devant les interrogations importunes de cette servante, il avait cherché à satisfaire promptement sa curiosité , dans la crainte que sans cela elle ne l’empêchât d’aller trouver son cher Maître. Et il le renia ainsi, sans le vouloir, pour ainsi dire, afin de pouvoir courir vite à son secours. Lorsqu’il lui avait protesté que jamais il ne le renierait, û avait pensé qu’il s’agissait d’un interrogatoire solennel; et interrogé de cette manière, il aurait été sans doute fidèle à sa parole. Mais la tentation vint à lui d’une manière presque insensible , et sa chute n’en fut que plus prompte: tant il est facile, à moins d’une extrême vigilance, d’être sourd à la voix de la conscience. Pierre commence par un simple mensonge; puis il passe à une affirmation positive, et finit par un parjure : exemple terrible, qui prouve que celui qui néglige les petites fautes peut devenir facilement coupable des plus grandes. Ce fut le second chant

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