LE GRAND JOUR DE LA FETE
les villes voisines, des députations des divers corps de métiers. La première gerbe d’orge fut coupée avec beaucoup de cérémonies par celui qui était chargé de cet office, et mise dans une corbeille. Puis une procession nombreuse se mit en marche pour retourner à Jérusalem. A la tête de la procession marchait la victime pacifique. C’était un bœuf aux cornes dorées, et qui avait été soigneusement nettoyé avec un faisceau de branches d’olivier. Puis venaient, au milieu des chants et du son des flûtes, les prêtres de semaine, les membres du grand conseil, les députations des villes, et enfin le peuple. Les personnages les plus considérables et les grands dignitaires de la capitale, les inspecteurs et les trésoriers du temple vinrent à leur rencontre jusqu’aux portes de la ville. Ils étaient suivis des confréries de métiers, qui venaient saluer leurs confrères des villes voisines. La procession continua ainsi jusqu’à la montagne du temple. Là un des personnages les plus considérables prit la corbeille avec la gerbe qu’elle renfermait, et la porta sur ses épaules jusqu’au temple. Les lévites se tenaient sous les portes du vestibule, et entonnèrent, à l’arrivée de la procession, le choral commençant par ces paroles du psaume xxix : « Louange au Seigneur, parce qu’il m’a exalté, et n’a pas permis que mes ennemis triomphassent sur moi. » Puis la procession chanta les répons tirés du Deutéronome, chap. vt. Le prêtre prit ensuite la corbeille, et la plaça sur l’autel devant le Seigneur. La moisson était ainsi ouverte légalement pour cette année. Elle durait sept semaines, et finissait à la Pentecôte. Au reste, l’offrande des gerbes était un usage commun à tous les peuples, et le résultat d’un commandement de Dieu fait à l’homme
dès l’origine. Nous le retrouvons chez les Égyptiens, chez les Grecs, chez les Romains, et meme chez les peuples du Nord. Mais le Père céleste avait une bien autre moisson k recueillir. Encore quelques jours seulement, et il allait ramasser dans ses greniers les prémices de tous les peuples. Pendant toute la semaine de la fête, on immola encore chaque jour en holocauste deux taureaux, uu bélier et sept agneaux d’un an, et un bouc comme victime expiatoire pour le peuple , pendant que le véritable agneau pascal, et la seule victime vraiment expiatoire, venait de répandre son sang pour le monde.