FAMINE GENERALE
traire aussi le peuple, que la famine avait réduit presque au désespoir. Ht* rode ordonna des jeux sur la place de Césaréc, au milieu de l'amphithéâtre.
Ce persécuteur des chrétiens parut en un certain jour sur son trône revêtu de la pourpre royale, et tint un discours emphatique au peuple, qui, à la manière des païens, le salua du nom de dieu, ce dont sa vanité se trouva très-tlaitée : ceci se passait au commencement de l’an ii. Mais l’heure de ce ivran avait sonné. Voici qu’aux yeux de tout le peuple apparut un hibou, le même oiseau dont l’apparition lui avait présagé à Rome, peu d’années auparavant, au rapport d’un Germain, son compagnon de captivité, l’élévation au trône de Judée. H se sentit subitement frappé par la main du Seigneur, et il mourut cinq jours après son apothéose, ôgc de cinquante-quatre ans, au milieu de tourments atroces, car sou corps, de même que celui de son aïeul, rongé par la gangrène, fut dévoré vivant par les vers, comme nous le rapportent l’évangéliste saint Luc, l'historien Josèphe et le rabbin Abraham Sachut. La Judée fut déclarée de nouveau province romaine, et Cuspius Fadus y fut envoyé comme gouverneur. C’est sous lui que parut Teudas, qui , se donnant pour le Messie, promit au peuple, comme un autre Moïse, de le conduire dans le désert, et de lui faire traverser ;ï pied sec le Jourdain. Mais le préteur, nouveau Pharaon , se mettant avec ses troupes h la poursuite des émigrants, les tailla en pièces, et fit couper la tête à leur chef. Les Actes des apôtres parlent aussi de ce lait, en ajoutant cette circonstance, que Teudas eut quatre cents adeptes , qui eurent le même sort que lui. Saint Luc fait venir Teudas après Judas le Galiléen , quoique celui ci
ifli LA VIE OE N. -S. JÉSUS-CllRïST.
ait paru quarante ans avant lui; et môme il fait parler Gamalicl de cette révolte du faux Messie déjà dans Tannée T8i. Or, comme il n’est point question dans Thistoire d’un autre Teudas, il en est de celte interversion dans le temps comme de cette autre dans l’espace, d’après laquelle le môme apôtre, dans son Évangile, xvii, H ; — xix, 20, place la Samarie avant la Galilée, et Bethphagé avant Béthanie. Mais ceux qui sont familiers avec les Écritures savent que les évangélistes, tenant peu de compte de l’ordre des faits, se bornent très- souvent à on rapporter la substance, et racontent quelquefois ce qui s'est passé plus tard avant d’autres f;tils antérieurs, comme par exemple saint Luc, ix, 51 , et saint Marc, xi, t .