PAUL EST MIS EN PRISON A JÉRUSALEM
peuple croyait peut-être qu’il s'agissait ici d’un païen qui avait dépassé les limites fixées aux Gentils dans le temple ; et ce cas, comme Ton sait, était puni de mort. Mais bientôt on sut qui il était; et lui -même se fit connaître à la multitude comme Juif né à Tarsô. Heureusement l’ofticier romain Claudius Lysias vint avec ses soldats; et arrachant Paul à la multitude furieuse, il le fit conduire dans la citadelle, garrotté avec deux chaînes. Là Paul adressa d’en haut en langue hébraïque un discours au peuple afin de le calmer. Saint Luc dit qu’il parla au peuple du haut des degrés, en grec anabathmôn. On appelait ainsi le portique qui était à l'entrée de la citadelle.
Arrivé à la forteresse , l’officier dit à saint Paul, dont il
n’avait point compris le discours : « Savez-vous le grec? « N’êtes-vous pas cet Égyptien qui, il y a peu de temps f « excita une émeute et emmena quatre mille sicaires dans a le désert? » Cet événement était arrivé l’an 55, et n’était encore qu’un prélude de la révolte des assassins connus sous le nom de zélotes. Josèphe faiUmssi mention de ces imposteurs, qui avaient emmené le peuple dans le désert, où Dieu, disaient-ils, leur ferait voir des choses merveilleuses. Le gouverneur Félix leur fit trancher la tête. Le même historien raconte ensuite l’histoire d’un Juif d’Égypte qui se donna comme prophète. Les faux messies qui l’avaient précédé avaient promis au peuple de le conduire au désert, en lui faisant passer à pied sec le Jourdain. Mais cet inconnu, ayant séduit par ses artifices trente mille personnes de la multitude , leur persuada de le suivre du désert au mont des Oliviers, où ils verraient tomber les murs de Jérusalem comme étaient tombés autrefois ceux de Jéricho. Les faux prophètes, afin de
mieux jouer leur rôle, se mirent à imiter le Christ, et 1 prophétiser du haut du mont des Oliviers, comme i l’avait fait lui-même. Ils annonçaient la fin de l'oppression , disant que le moment était venu de chasser Romains.
C’est vers cette époque que parut le nom de sieaîre. Le? zélotes, voyant que les émeutes ne menaient à ries, commencèrent à se mêler à la foule armés de poignard*; puis, quand ils avaient frappé leurs adversaires. Os mettaient à crier et à soulever le peuple ; de sorte quoi ne pouvait découvrir les coupables. Un mot adressé ï ces bandes meurtrières suffisait pour les enflammer: et bientôt un chef habile et décidé réunissait autour de fe plusieurs milliers de mécontents. Mais le gouverneur Féîii vint à temps avec ses Romains pour disperser ces fanatiques. Il en tailla en pièces quatre cents; deux cent* furent faits prisonniers , et le reste se dispersa de soimême. Quant au faux prophète que l’officier roman croyait trouver dans la personne de Paul , il avait disparu au commencement de la mêlée, à laquelle les bourgeois de Jérusalem avaient pris part contre les séditieai. Cependant Félix ayant été bientôt après remplacé par Festus , un nouveau messie apparut en Judée , et renouvela une fois de plus encore la scène du passage à travers le désert, dont l'issue fut tout aussi malheureuse. Ainsi le peuple d’Israël, après avoir rejeté le vrai messie, était condamné à se laisser tromper par le premier imposteur venu, et à payer chaque fois de son sang l’erreur à laquelle il s,était laissé entraîner, jusqu’à ce qu'enfin la nation tout entière payât dans la ruine suprême de Jérusalem la dette qu'elle avait contractée envers la justice de Dieu.