PAUL PART POUR ROM K, ET FAIT NAUFRAGE
la fin d’août pour côtoyer les villes maritimes de l’Asie , et arriva dès le lendemain à Sidon , où il put visiter la communauté des fidèles, grâce au bon traitement de l'officier chargé de le garder. De Sidon ils louvoyèrent avec les vents contraires entre file de Chypre et l’Asie , traversèrent la mer de Cilicie et de Pamphvlie , et abordèrent à Lystre en Lycic. Le capitaine ayant trouvé là un vaisseau d'Alexandrie qui partait pour l’Italie, ils s’v embarquèrent; et après une longue et pénible traversée ils arrivèrent à Cnide, puis furent poussés vers l’ile de Crète , et descendirent à Bonport, près de la ville de Thalasse. Comme on avait déjà passé le mois d’octobre , saint Paul engagea le capitaine à rester là l’hiver, s’il voulait éviter un naufrage. Mais celui-ci aimant mieux s’en rapporter au patron du navire et au pilote qu'à l’Apôtre, ils partirent malgré l’avertissement de ce dernier, au nombre de deux cent soixante-seize passagers. Bientôt assaillis par les tempêtes de l’équinoxe d’automne , ils passèrent quatorze jours sans voiles ni gouvernail, menacés à chaque instant d'être engloutis dans lès flots, ou d’échouer contre le rocher de Syrte en Afrique, lorsque enfin ils firent naufrage dans la mer Adriatique. C’était le quatrième qu’éprouvait saint Paul.
Saint Luc rapporte une circonstance assez singulière. Il parle de plusieurs gouvernails sur un seut vaisseau , ce qui est contraire aux règles admises aujourd’hui pour la construction des navires. Cependant une étude plus approfondie de l’histoire a fait connaître que les anciens employaient quelquefois en effet pour les grands vaisseaux un double gouvernail, afin de mieux tenir la direction, et de se servir de l’un ou de l’autre, d’après le vent.
Ovide, Pétrone, Élien, Hygin et d’autres encore parmi les anciens parlent do cct usage. 11 y avait ordinairement sur ce double gouvernail une étoile placée au-dessus de la poupe. C'est pour cela qu’ilippolyte compare l’Église à un vaisseau , dont la croix est le mat cl dont les deux Testaments sont le double gouvernail. Mais malgré ce double gouvernail, le vaisseau égyptien fut perdu. Tous les passagers néanmoins se sauvèrent , soit k la nage, soit sur des planches, comme Paul le leur avait prédit, et atteignirent heureusement la terre : c’était l’ilc de Malte.
Paul ayant été mordu par une vipère sans qu i! en résultât aucun accident, les Maltais le prirent pour un Dieu. Le troisième jour après leur délivrance, il guérit de la fièvre le père de Publius, qui commandait Pile , et qui les avait reçus dans sa villa, sur la hauteur où est maintenant Civita-Veccbia; et bientôt beaucoup d’autres malades s’adressèrent à lui. Après avoir passé dans Pile les mois de novembre , de décembre et janvier, ils partirent pour la Sicile sur un vaisseau d’Alexandrie consacré k Castor et Pollux; et après être restés trois jours k Syracuse, ils firent voile pour Reggio, y passèrent un jour, et arrivèrent le lendemain à Pouzzolcs. Lu etTet , d'après le témoignage des anciens, tous les navires d’Alexandrie s'arrêtaient k Pouzzoles , près de Naples, pour y déposer leur cargaison. Lk ils furent accueillis et bien traités par les chrétiens une semaine entière. Cependant les fidèles de Rome, apprenant l’arrivée du grand Apôtre, vinrent k sa rencontre jusqu'aux Trois Loges, k dix milles de Rome, et à l’entrée des Marais- Pontins. D'autres allèrent même jusqu'au forum d’Appius, où il devait arriver en barque, par le canal que César avait fait creuser k travers les