CHRONOLOGIE DES ALEXANDRINS
: ou si Ton veut à la fin de chaque année, chez les anciens,
; composée de 360 jours, correspondant aux degrés de la carrière du soleil, on intercalait cinq jours un quart comme jours complémentaires. C’étaient là les jours qu’ Hermès avait gagnés au jeu à la déesse Rhéa. Aussi ils étaient considérés comme des jours perdus, et on les célébrait par un repos entier, parce qu’ils signifiaient le temps qui devait s’écouler jusqu’à la naissance d’une nouvelle année.
Mais de même que le premier Adam avait paru le sixième jour de la création, et que chaque homme en particulier naît pareillement le sixième jour d’une année terrestre, ainsi le second Adam devait paraître le sixième jour d’une année de Dieu, c’est-à-dire à la fin du troisième quart d’une grande année composée de 7000 ans, puisque, selon le Psalmiste, « mille ans sont devant Dieu comme « un seul jour. » Ces considérations étaient en harmonie avec la croyance des peuples qui attendaient le Rédempteur à la fin du troisième et au commencement du quatrième âge du monde, ou, comme le disent les Juifs, dans le neuvième mois d’une grande année universelle, ou au commencement du sixième jour d’une semaine de 7000 ans. C’est pour cela que nous trouvons chez plusieurs rabbins, entre autres dans les écrits de Moïse Nachmanides et de Bêchai, que le Messie paraîtra à la fin du sixième millénaire , de meme que le premier homme apparut le sixième jour de la création. Quelques-uns même parmi les anciens, comme par exemple le R. Nichonia dans son livre intitulé Haceana, placent la rédemption entre l’an 5200 et l’an 5250. Les premiers Pères de l’Église étaient tellement persuadés de celte vérité, qu’ils attendaient à
chaque instant le commencement du règne de 1000 ans de Jésus-Christ sur la terre, comme le sabbat de cette grande semaine du monde.
11 doit y avoir quelque chose de vrai au fond de cette croyance ; et en effet Clément d’Alexandrie dans ses Stigmates (I, p. 337) compte, de la création du monde à la naissance de Jésus -Christ, 5625 ans un mois et deux jours. Mais il emploie évidemment dans son calcul les années sacerdotales et prophétiques de neuf mois; car 5624 cycles sothiaques de 272 jours 187 font 4,191 années solaires, ou 4,320 années lunaires; et c’est là précisément la sainte période de la rédemption. Le même auteur, dans un autre endroit (p. 339) , compte 4390 ans jusqu’à Jésus -Christ , niais cette période, si on la réduit en années cycliques de 273 i 93, ne fait encore que 4i92 ans ■£.