K APPORT 1)ES TEMPS ANTÉDILUVIENS
278 et Do, lundis que l’année romaine de 10 mois ou de 304 jours était représentée par Janus tenant d’une main les nombres CCC, et de l’autre le nombre LXV. Ainsi cette année prise dans son ensemble, c'est-à-dire d’un lever à l’autre de Sirius ou Thot, la constellation du Chien, était pour les Égyptiens une année de Dieu. Elle était d’un côté uue image de leur grande période caniculaire qui devait s'accomplir trois ibis jusqu’à la venue du Messie, et de l’autre le reflet de cette sainte période de la rédemption, ou de cette grande année de Dieu composée de 4320 années lunaires. De môme, en effet, que l’année sacerdotale était précédée par un hiver ou une inondation qui durait le quart d’une année, ainsi la période actuelle du monde a été précédée par une autre période sombre et ténébreuse, et par un déluge universel, qui a commencé luimême avec le premier mois d’hiver. Chaque jour en particulier, avec la nuit qui le précédait, était une image de ce grand jour du monde au bout duquel devait paraître le Sauveur. Aussi ce n’est pas sans raison que les Juifs commençaient leur jour civil au coucher du soleil, tandis que les anciens disciples de Pythagore voyaient un reflet de ce saint jour de Dieu dans le temps que mettait le soleil à parcourir sa carrière depuis son lever jusqu’à son coucher.
De même que le jour était divisé en quatre parties, et l’année en quatre saisons, ainsi les Indiens avaient divisé en quatre époques la période prophétique de la rédemption, et attribué un quart de cette période, c’est-à-dire 1081) ans, au premier âge du monde; de sorte qu’il restait encore 3100 ans jusqu’à la plénitude des temps où devait paraître le rédempteur, c'est-à-dire jusqu’à l’année
4180. Mais ces années, comptées comme années fouira, donnaient 3200 ans; de sorte quil n'en reste plus qce 980 pour ce premier âge du monde. Aussi dans les vieJes chroniques populaires des Égyptiens* si nous en croyeæ Panodore, le règne des sept dieux qui régnèrent sur k monde pendant cette première époque a duré 960 années solaires, ou en compte rond 1000 années lunaires : c est la durée de la vie des hommes dans ces temps primitif. En effet, 12000 mois synodiques font 970 ans Quoique Diodore (11,634) attribue 1200 ans à cefe époque primitive des dieux, Panadore nous apprend que vers l’an 1000 du monde ces bienfaiteurs de F humanité, qu’on honorait comme des dieux, étaient descendus sar b terre, et avaient appris aux hommes à calculer le cours du soleil et de la lune par les douze signes de l’écliptique. Lui-même place le point de départ du système chronologique des Égyptiens à l’an 1038 après la création, de même que la chronique de Manéthon, comparée avec les fragments de Sanehoniathon, place le commencement de ses dynasties à la fin du xie siècle. Par une coïncidence remarquable, le cycle caniculaire des Égyptiens de 146$ ans, qui, d’après les tables du Syncelle, forment k durée du grand empire assyrien depuis Bélus jusqu'à Sardanapale, ce cycle, réduit en années sacerdotales, donne 1088 années solaires. Or ce nombre nous rappelle d'un côté la durée d’un yug indien, et de l’autre un des grands jours des Étrusques, composés chacun de dix jubilés ou 1100 ans.
Si nous en croyons les Égy ptiens, le temps qu’ont régné leurs trente dynasties, depuis le commencement de leur
histoire après l'époque des dieux jusqu'à Nectanèbe, qui
RAPPORT ü ES TEMPS ANTEDILUVIENS.
régnait de l’an 358 à 340 avant Jésus-Christ, ce temps comprend 36325 ans. Mais ces années, d’après la méthode de calculer des anciens Égyptiens, doivent être considérées comme des mois périodiques. Réduites en années solaires, elles donnent donc 2732 années et par conséquent jusqu’à Jésus-Christ 3072 ans, ou, en comprenant le temps qu’a régné ISeclabène, 3090 De cette sorte, il s’est écoulé 3210 ans jusqu’à la fin de la troisième période caniculaire, 138 ans après Jésus-Christ, époque où s’accomplit la période sacrée de 4320 ans. Mais entre les 972 ans d’un côté, et les 1 100 ans de l’autre qui sont attribués à l’époque antédiluvienne, il y a une différence de 128 ans, la même qui existe entre 4192 années solaires et 4320 années lunaires. Lors donc que les Égy ptiens attribuaient 1 100 ans au premier âge du monde, la sainte période de 4191 ans s’achevait avec l'époque de la naissance de Jésus- Christ, puisque 3090 J ajoutés à 1100 donnent précisément un total de 4191. Mais lorsqu’ils attribuaient 1000 années lunaires ou 972 années solaires à l’époque primitive des dieux, il devait s’être écoulé jusqu’à la tin du * troisième cycle caniculaire 4183 années solaires, en ajoutant 972 J à 3210. Or ces 4183 ans, réduits en années lunaires de 354 jours, donnent, à peu de chose près, 4320 années lunaires. Cependant, si l’on prend tes 4320 années de la période sainte pour des années sacerdotales, comme parait l’avoir fait l’auteur de ce système, elles se réduisent à 100 fois la durée delà révolution de Saturne, ou 3219 £ années solaires , ce qui suppose pour les temps antédiluviens une durée de 972 ans. De cette manière encore il se serait écoulé jusqu’à l’époque de la rédemption 4191 J années solaires ou 4320 années lunaires.
T. III
Les Egyptiens, les Perses, les Grecs et les Chaldéeur considéraient le premier âge du monde qui a précédé le déluge, et qui a duré 972 années solaires ou 1000 années lunaires, comme 1* hiver de la sainte année de Dieu , ou de la période jubilaire de '*000 ans. De meme aussi, d’après Alexandre Polyhislor, l’histoire primitive des Babyloniens et des Chaldéens reconnaissait, avant le commencement de leur premier empire, une période de 1000 ans pendant laquelle ils avaient été sans rois, et qu’ils appelaient à cause de cela rnj àêacùgvra. Or 1000 années lunaires donnent 1307 années sacerdotales; et d’un autre coté 1307 années de 360 jours équivalent à 1728 années cycliques, et 1728 ans ou de la sainte période de la rédemption de 1320 ans forment précisément la durée du yug chez les Indiens.