‹ La vie de N.-S. Jésus-ChristChapitre 1 sur 190 · La vie de N.-S. Jésus-Christ · texte numérisé non relu

La vie de N.-S. Jésus-Christ

a Jésus^ allant à Jérusalem , passa par Samarie et la « Galilée. » L’évangéliste veut nous faire remarquer ici que Notre- Seigneur prit la grande roule, qu’il avait coutume de prendre toutes les fois qu’il allait à Jérusalem pour la Pâque. Elle partait de Galilée, traversait la. Samarie tout entière et débouchait dans la Judée. De Capharnaüni à Cana il y avait à peu près seize milles ; et celle dernière ville était à deux lieues au nord de Nazarelh , de même que Naïm au sud-est. Après avoir traversé Naïm et Sion , située au pied du petit Hermou et sur la limite de l’ancienne tribu d’Issachar, on laissait de cùlé .Sulini, paü ie de la Sulamite, puis Hadadremmon, qui prit plus tard le

T. II

nom de Maximilianopolis, et Ton arrivait à Jezraël ou Esdrelon. Cette ville appartenait encore à la tribu d’Issachar : elle était située au milieu de la. vallée du même nom^ ou de la grande plaine de Samarie , au pied du mont Gelboé. C’était dans son voisinage qu’était la vigne de Nabot, et l’on y voyait encore à cette époque les ruines de rancien palais d’oii fut précipitée Jézabel. On trouvait aussi près dejà^ du côté de Scythopolis, la source de Ch?iod,.ôù .uédéon avait bu avec son armée lorsque le Seigneur donna à ces trois cents héros la victoire sur Madian. On passait près d’un endroit nommé aujourd’hui Ain el Todschar, c’est-à-dire la source du marchand, où les caravanes passent encore maintenant, et s’arrêtent pour faire boire leurs chameaux. C’élait là que se trouvait la citerne d’où les fils de Jacob avaient tiré Joseph, leur frère, pour le vendre à des marchands madianites qui venaient de Galaad. Puis on montait à Samarie, après une route de douze milles environ, en passant par Ginée, située à cinq lieues de Nazareth et formant la limite entre la Samarie et la Galilée.

« Jésus étant entré dans un bourg, dix lépreux qui se U tenaient de loin vinrent à sa rencontre. Ils élevèrent

la voix et crièrent : Jésus , maître , ayez pité de nous. » Ils avaient entendu parler du lépreux qu’il avait guéri l’année précédente dans une des villes de Galilée : c’est pour cela qu’ils s’adressaient à lui el qu’ils l’attendaient à son passage. « Il les vit, et leur dit: Allez, et montrez- « vous aux prêtres. Or, pendant qu'ils y allaient, ils se tt trouvèrent guéris. L’un d'eux, voyant qu’il était guéri, U retourna sur ses pas, loua Dieu à haute voix, se pro- « sierna aux pieds de Jésus en lui rendant grâces. Or c’é-

DEUXIKME voyage A JÊRIÎSAI.EM. 'A

« tait un Samaritain. Jésus lui dit : N’y en a-t-il pas eu tt dix de guéris? Où sont les neuf autres? U ne s’est donc U trouvé que cet étranger qui soit revenu pour rendre « grâces à Dieu? Puis il lui dit : Lève -toi, et t’en va, ta « foi t’a sauvé. » {Luc,, xvii, H.) Parmi les douze apôtres de Notre-Seigneur, il n’y avait qu’un Juif au contraire, et ce Juif le trahit.

La Pâque approchait. Mais les personnes impures étaient exclues de la fêle , et ne pouvaient assister aux assemblées religieuses, de sorte que, d’après le Chelim, i, 8, ceux qui s’étaient souillés pour un jour seulement étaient exclus du portique des Israélites et des femmes. Ceux qui avaient louché un cadavre devaient se tenir en dehors des portiques extérieurs, et par conséquent de l’enceinte des murs du temple. Enfin, les femmes en couches, celles 4(ui souffraient d’un flux de sang, etc., ne pouvaient pas même fouler le sol de la montagne où s’élevait le temple. Les lépreux étaient admis dans les synagogues , mais à des places particulières. Aussi , les prêtres et les lévites exerçaient une surveillance très -exacte pour qu’aucune personne impure soit parmi les païens , soit parmi les Juifs , ne dépassât la limite qui lui était prescrite. Celui qui s’était souillé avant la Pâque devait ou arriver à Jérusalem quelques jours plus tôt, pour s’y purifier légalement, comme firent les Juifs dont parle saint Jean, xi, 55, ou fêter quatre semaines plus tard la seconde Pâque , appelée aussi la petite Pâque. Ceux qui avaient été guéris de la lèpre devaient, d’après les prescriptions de Moïse , se présenter au prêtre, pour qu’il pût constater leur guérison, elles déclarer purs. Ils donnaient comme offrande deux oiseaux, dont l’un était immolé et mis en terre.

LK VIE DE N,- S. JÉSUS-CURUiT.

tandis qu'on donnait à l'autre la liberté, après l'avoir toutefois baigné dans le sang du premier. Touchant symbole qui représentait en petit le même mystère et la même idée que le bouc émissaire à la fête des Expiations. Huit jours après ils pouvaient, s'il en était temps encore^ prendre part aux fêtes de Pâque. [Lévit., xiv.) Cette guérison miraculeuse des dix lépreux arriva, d’après la tradition, à Ginée, ville frontière dont il ne reste plus qu'un village en ruine , connu sous le nom de Genin ou Dschinin^ à deux lieues de Samarie.

De là , après avoir traversé un lieu nommé Ârus ou Alharus, on arrivait à l’ancienne capitale de la Sanaarie , qui n’en était éloignée que de cinq milles. On y voyait encore alors le palais du roi Achab^ avec d'autres monuments de rancienne grandeur de cette ville. Après avoir été conquise sous Salmanasar, roi d’Assyrie, puis détruite de fond en comble plus tard sous le roi Jean Hyrcan , elle commença à se relever de ses ruines sous Pompée , qui avait entrepris de la rebâtir. Et le gouverneur de Syrie^ Gabinius^ qui avait commandé les armées romaines dans la guerre entre les deux frères Hyrcan et Aristobule , «en avait achevé la reconstruction et augmenté la population. Mais Hérode, étant monté sur le trône, fit entourer Samarie de nouveaux murs et de forts, dans une enceinte de plus d’une lieue; puis il fit venir une colonie de 6,000 vétérans, et la nomma Sébaste, en l'honneur d’Auguste, à qui il ût aussi élever, au milieu de la ville, un temple qui rivalisait de magnificence avec les temples et les palais de Home. A la place de cette, cité, si belle et si riche autrefois, on n’aperçoit plus aujourd’hui, au milieu des ruines, qu’un pauvre village connu sous le nom de Subusta

Page 1