‹ La vie de N.-S. Jésus-ChristChapitre 111 sur 190 · CHAPITRE Vm · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vm

Los Knfanls dans le Icniplo.

Jésus descendit devant le mont Moria, « et monta dans « le temple de Dieu. » On montait dans le temple à droite, et on en descendait par le coté gauche. Jésus entra donc par la porte nommée Susa dans le portique des païens. « Et les enfants dans le temple criaient el disaient : Ho- « sanna au fils de David! Mais les princes des prêtres et « les docteurs de la loi , entendant ceci et voyant les mi- « racles qu’il faisait, furent indignés, et ils lui dirent : tt Entendez-vous ce qu’ils crient? Défendez-le-leur donc , « Oui, sans doute, répondit Jésus. N’avez-vous pas lu : « Vous avez tiré vos louanges de la bouche des enfants et « de ceux qui sont à la mamelle? Si ces enfants se lai- « saient , les pierres devraient crier. »

tjuels sont ces enfants qui étaient dans le temple? l^a réponse k celte question nous introduit dans la plus haute antiquité et dans le plus intime de la religion des peuples anciens. Toutes les nations croyaient qu'un Dieu fait homme devait sortir du sanctuaire. C’est pour cela que nous trouvons partout dans les temples des vierges consîicrées, auxquelles se rattachaient les mythes de la venue d'un Dieu. C’est dans la pei*sonno de Marie que s'accom-

LES ENFA>TS DANS LF. TEMPLE.

plil cette attente. Dès sa première enfance, pousst^e par rinspiration du Saint-Esprit, elle s’était, comme le permettait la loi , consacrée par un vœu à Jéhovah dans son temple. Les veuves pouvaient aussi par exception émettre ce vœu , comme nous le voyons par l’exemple d’Anne la prophétesse. Mais lorsqu’une vierge s’était consacrée au Seigneur, elle ne pouvait plus se marier, d’après ce principe que personne ne peut servir deux maîtres, et qu’une femme mariée ne peut plus disposer d’elle, ni se considérer comme appartenant uniquement à Dieu. Le seiTice de ces vierges consistait dans le jeune et la prière; c’est ce qu’on peut conclure de la version d’Alexandrie, qui traduit le mot servir, employé par Moïse à propos de ces vierges, au chapitre xxxviii de l’Exode, vers, vni, par le mot jeûner; tandis qu’Onkelos le traduit par prier. Au reste, ce passage de l’Exode nous indique en peu de mots quelle était la condition de ces femmes. On y lit en effet : tt 11 fondit un bassin d’airain et son piédestal avec les « miroirs des femmes qui servaient sous la porte de la tt tente de l’assemblée. » Ainsi, ces femmes livrèrent leurs miroirs , symbole de la vanité féminine, pour qu’on en fabriquât un bassin où les prêtres pussent se laver, afin de paraître purs devant Dieu. Nous pouvons conclure de là qu’elles menaient une vie ascétique, et qu’elles avaient renoncé aux ornements et aux parures de leur sexe. Aben-Esradit à ce propos : u C’est une coutume des tt femmes de se regarder chaque matin dans le miroir a pour arranger leurs cheveux. Mais il y avait en Israël « des femmes qui, consacrées au service du Seigneur, U avaient renoncé à ce passe-temps, et livré leurs miroirs tt conune une offrande volontaire ; car elles n’en avaient

ik plus besoin; mais clics venaient chaque jour devant la « porte du tabernacle pour prier et entendre les paroles « de la loi. »

Jephto était Tune de ces vierges^ qui renonçaient à tout en ce monde, pour se donner entièrement à Dieu. Son père Tavait consacrée au Seigneur sans attendre le consen* tement de sa volonté, C’est pour cela qu’il est dit au livre des Juges^ ch. xi^ qu’elle pleura pendant deux mois sur la montagne avec ses compagnes la virginité à laquelle son père l’avait obligée; mais qu’ensuite elle revint vers lui, consentit au vœu qu’il avait fait, et ne connut aucun homme. Dans le même temps à peu près que Jephié, nous voyons chez les Grecs Iphigénie immolée à Artémis de Tauride, c’est-à-dire consacrée à son service par Agâ-memnon^ son père. Ce parallèle n’a pas échappé aux anciens; car nous lisons dans le livre 2 des Hérésies de saint Épiphane, que les Samaritains honoraient la fille de Jephté comme la déesse Iphigénie. Ne nous étonnons donc point si Hérodote nous parle d’un institut de saintes femmes chez les Égyptiens. Les oracles célèbres de Patare et de Dodone étaient servis aussi par des vierges, qui s’appelaient Pallades, à cause de leur virginité. A Babylone, de même qu’à Thèbes ou à Tauris, une vierge dormait toujours seule dans le temple de Bel, où un lit était dressé pour le Dieu qu’on attendait. C’est pour cela que cette vierge s’appelait aussi la (lancée divine. Dans les grandes Éleusinies, qui coïncidaient avec la fête des Tabernacles chez les Juifs , on dressait aussi le lit sacré de Proserpine , comme nous l’apprend Clément d’Alexandrie. A Rome même, dans les grands malheurs publics, on dressait les lits sacrés, comme pour proclamer qu’on attendait

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