‹ La vie de N.-S. Jésus-ChristChapitre 118 sur 190 · LE PAUVRE LAZARE ET LE RICHE VOLUPTUEUX · texte numérisé non relu

LE PAUVRE LAZARE ET LE RICHE VOLUPTUEUX

a nent pas comme moi dans ce lieu de tourments. Abra^

c( ham lui répondit ; Us ont Moïse et les prophètes ; qu’ils

« les écoutent. Non, dit -il, père Abraham! mais si quel-

a qu’un d’entre les morts venait les trouver, ils feraient

« pénitence. Abraham lui dit : S’ils n’écoutent pas Moïse

U et les prophètes, ils ne croiront pas non plus, quand

« même quelqu’un ressusciterait d’entre les morts. »

Les Juifs étaient persuadés qu’ Abraham se tenait aux

portes de l’abîme, et n’y laissait descendre aucun de ceux

qui avaient participé à l’alliance de la circoncision , ou

du moins qu’il arrachait promptement à ce lieu de sup-

plice les pécheurs qui y tombaient. Lazare ou Éliézer était, d’après les rabbins, le nom de ce serviteur d’ Abraham qui alla demander pour son fils Isaac la main de Rébecca. Ce personnage est le héros d’une multitude de légendes. Mais ce n’est pas seulement pour cela que le pauvre qui repose dans le sein d* Abraham est appelé Lazare. Le Sauveur a voulu dans cette parabole faire allusion à l’hôte de Béthanie. Quoiqu’il fût ressuscité d’entre les morts, on ne croyait point à son témoignage; et les riches pharisiens, au contraire, qui dans leur avarice opprimaient les veuves et les orphelins , cherchaient à le faire mourir, et l’avaient frappé d’excommunication. C’est pour cela què saint Cyrille, saint Ambroise et saint Chrysostome regardent comme une histoire véritable le récit de Notre - Seigneur louchant Lazare et le riche voluptueux. Au reste, cette parabole, de même que toutes

les autres, a un fondement historique qu’il est impossible

de méconnaître. Le riche dont il y est parlé, c’est Caïphe, qui avait acheté le souverain pontificat. Les cinq frères sont les cinq fils du vieil Anne, son beau-père : Éléazar,

Jonalhan, Théophile, Mathias et Ananas. Caïphe, en prononçant contre Lazare Tex communication, l’avait réduit à une condition déplorable. Notre -Seigneur voulait donc frapper dans celte parabole l’indigne pontife par la crainte des jugements de Dieu. La plupart des grands et des riches appartenaient à la secte des sadducéens, et ne croyaient point, par conséquent, à la résurrection. La résurrection de Lazare aurait dû les convaincre si leur esprit avait été moins aveuglé. Mais ils cherchaient, au contraire, à se défaire de cet homme, dont la seule présence pouvait troubler la fausse sécurité de leur conscience.

Nous trouvons la contre -partie de celte parabole dans le récit d’un fait arrivé du temps de Jésus ben Perachia , qui vivait 78 ans avant Jésus -Christ. Il arriva qu’un publicain méprisé et un rabbin qui jouissait d’une grande considération moururent en même temps. Le cercueil du publicain était suivi par quelques parents de Ja classe la plus pauvre, tandis que celui du pieux rabbin était accompagné des principaux habitants de toute la ville. Des ennemis survinrent et dissipèrent leur cortège; de sorte que, dans la confusion d’une fuite précipitée, le pauvre publicain fut déposé par erreur dans le magnifique tombeau qui avait été préparé pour le rabbin ; au lieu que celui-ci fut enterré dans le tombeau plus que modeste du publicain. L’erreur avait été aperçue par un disciple du rabbin seulement. Celui-ci s’affligeait grandement de l’opprobre qu’avait subi son maître après sa mort. Mais le défunt lui

apparut en songe la nuit suivante, et lui dit : Ne te trouble

point,’ viens voir ma demeure au paradis et celle du publicain dans l’enfer. J’avais une fois, pendant ma vie, écoulé, sans protester, les injures dont on flétrissait les

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