DU SKNAT DES ISRAÉLITES
Les séances se tenaient, d’après l’ancienne coutume, dans le conclave, nommé Gazith, Il était situé au sud-est du temple, et avait la forme d’une basilique ou d’une rotonde. Il donnait d’un côté dans le sanctuaire, et de l’autre côté dans la partie profane du temple. Les séances étaient présidées par le Nasi d’Israël, ayant à sa droite le père du sanhédrin, ou le grand prêtre; puis tous les autres membres étaient placés à ses deux côtés et en demi-cercle, le visage tourné vers le sanctuaire, afin de ne jamais oublier les règles de la justice. Une porte conduisait dans le portique extérieur, et une autre dans le sanctuaire. A droite et à gauche, et aux deux extrémités, étaient assis deux secrétaires chargés de recueillir les sentences des juges. Mais une philanthropie mal entendue avait déjà à cette époque pénétré dans le grand conseil, et aboli presque entièrement la peine de mort. L’orgueil national des Juifs, qui leur faisait considérer chaque Israélite, même le plus criminel , comme un fils privilégié de Dieu, y avait aussi contribué. Les membres du grand conseil aimaient mieux livrer le pays aux voleurs et aux brigands que de s’exposer, en condamnant ceux-ci, à faire périr un élu du Seigneur. Et comme les sentences de mort ne pouvaient être portées que dans la salle nommée Gazithy ils avaient transporté le lieu de leurs séances sous les portes du temple, dans le lieu nommé Canioth ou les Boutiques. Bien plus, ils quittèrent sous Gamaliel le mont Moria, et descendirent dans la . ville. De là le sanhédrin et l’académie émigrèrent à Jafna, près deJoppé. Sous Gamaliel le Jeune, ils se retirèrent à Uscha, puis de nouveau à Jafna, sous son fils Siraéon ; enfin, après s’être établi successivement à Sépharama, à Bethscharaim, à Séphoris, le sanhédrin se transporta à
Tibériade, où il finit.pour toujours sous Hillel II, le dixième descendant du grand Hillel. Il est vrai cependant que du v* au x® siècle ce nom reparut à Babylone et à Sora. Il est vrai encore que le rabbin Chanania fonda une académie à Néhardée , et se fit meme donner le titre de Sa Sainteté. Mais tous ces vains efforts ne firent que trahir l’impuissance du peuple d’Israël et constater sa ruine définitive. 11 y a encore aujourd’hui en Pologne un Nasi , in partibns, dont personne ne cherche à connaître l’origine.