‹ La vie de N.-S. Jésus-ChristChapitre 151 sur 190 · DES JUGEMENTS DANS LES CAUSES SPIRITUELLES · texte numérisé non relu

DES JUGEMENTS DANS LES CAUSES SPIRITUELLES

lèrent même quelques sentences capitales. C’est ainsi qu’ils condamnèrent au feu la fille d’un prêtre qui avait pêché avec une autre, comme ils avaient voulu le faire pour Susanne pendant la captivité de Babylone. Plus tard, ils condamnèrent saint Étienne à être lapidé; mais là mort de l’apôtre saint Jacques, condamné par le grand conseil, déplut déjà au gouverneur Albinus, qui y vit une violation des droits du préteur, parce que la sentence avait été exécutée en son absence et sans son consentement. Aussi déposa-t-il à l’instant le grand prêtre. Pilate leur livra Jésus, pour qu’ils le jugeassent d’après leur propre loi. Mais comme ils ne pouvaient exécuter la sentence que le lendemain du jugement, il leur aurait été impossible de crucifier Jésus-Christ avant la fête. Ils ne voulaient pas, d’ailleurs, prendre sur eux toute la responsabilité de sa mort; c’est pour cela qu’ils le dénoncèrent comme criminel politique, et qu’ils le livrèrent à la puissance des Romains. lien devait être ainsi d’ailleurs, afin que les païens contiibuassent aussi pour leur part à cet affreux déicide, qui devait avoir pour résultat notre rédemption à tous.

La justice, exercée auparavant par le grand conseil , était donc de cette manière passée dans les mains du gouverneur romain. Les Juifs cependant avaient obtenu de Pilate le privilège de délivrer tous les ans, à la fête de Pâque, un criminel du pays. L’Évangile nous indique clairement, en effet, que ce droit ne commença à s’établir que peu d’années avant la mort de Jésus -Christ. Mais à cette époque le sanhédrin avait déjà quitté le lieu de ses séances, sous les portes du temple, pour se retirer dans la ville. Et comme la considération des anciens du peuple dirainuaitde jour en jour, et que la fonction des docteurs

de la loi se bornait à peu près à renseignement, il se réunissait dans le palais du grand prêtre, dont Tinfluence était devenue prépondérante. Le sanhédrin se réunissait cependant quelquefois encore sous les portes du temple. Toutefois le grand conseil avait, lors de la condamnation du Sauveur, perdu tout son pouvoir. Il est vrai que chaque faux prophète avait le privilège de n’être jugé que par rassemblée des soixante et onze. Mais tout devait être illégal dans l’odieux procès tenté contre le Messie. Le grand prêtre avait autour de lui le collège des prêtres, qui était, comme nous l’avons vu plus haut, la chambre ecclésiastique du grand conseil, et dont il prenait l’avis dans toutes les affaires spirituelles. Il se réunissait ordinairement dans la salle du concile, située près de celle qu’on appelait Gazith.

C’est ce collège des prêtres qui eut la principale part dans la condamnation du Messie. Mais aussi qu’étaient les membres dont il était composé? C’étaient pour la plupart des grands prêtres déposés, ou les fils de miséi’ables inti’us, qui étaient entrés dans la bergerie comme des mercenaires , des voleurs et des loups , selon les expressions énergiques de Notre -Seigneur lui -même. En effet, c’était une coutume déjà établie depuis quelque temps , que les membres les plus anciens de cette chambre y fissent entrer par toutes sortes de moyens leurs fils ou leurs alliés; de sorte qu’elle ne formait plus qu’une sorte de caste liée par des intérêts communs et inaccessibles à toute idée de progrès. La plupart de ses membres étaient des sudducéens corrompus, ne croyant ni à la résurrection, ni à l’immortalité de l’àme, ni à la Providence, contents de jouir ici -bas des biens de cette vie, pour mourir

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