‹ La vie de N.-S. Jésus-ChristChapitre 177 sur 190 · LE CHRIST DEVANT PILATE · texte numérisé non relu

LE CHRIST DEVANT PILATE

incirconcis, fussent- ils Romains, qui dépassaient dans le temple les limites fixées par la loi, ou qui avaient commis quelque crime public contre leur religion. Mais en cette circonstance les Juifs ne voulaient pas prendre sur eux seuls la condamnation de Jésus-Christ, d’autant plus qu’ils n’ignoraient pas qu’il leur serait impossible, de > l’exécuter à cause du peuple, qui était favorable à Notre-Seigneur. D’ailleurs, l’octave de la Pâque était commencée, et les victimes devaient être immolées vers la neuvième heure du jour. Or, d’après la loi, aucune exécution ne pouvait avoir lieu avant le soir; et d’un autre côté ils. savaient bien que le moindre retard pouvait mettre obstacle à leur criminel dessein. Ils l’accusèrent donc du crime de lèsemajesté, parce que la connaissance de ces sortes d’affaires appartenait au tribunal romain. « Pilate rentra dans le a tribunal, appela Jésus, et lui demanda: Êtes -vous le tt roi des Juifs? Jésus répondit ; Dites -vous cela de vous- • tt même, ou l’avez -vous appris par d’autres? Pilate rett partit ; Est- ce que je suis Juif? Votre peuple et les c( princes des prêtres vous ont livre à moi : qu’avez-vous « fait? Jésus répondit : Mon royaume n’est pas de ce a monde. Si mon royaume était de ce monde, mes serti viteurs combattraient pour empêcher que je fusse livré (( aux Juifs. Mais maintenant mon royaume n’est pas <( d’ ici-bas. »

Pilate prit sans doute ces paroles pour une réponse évasive, croyant que Jésus avait voulu dire par là qu’il ne ‘prétendait pas régner sur le monde entier, comme les Romains, mais seulement sur les Juifs; ou bien encore, qu’il se donnait pour un roi consacré par Ponction royale plutôt que comme un roi investi d’un pouvoir réel. « H

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U lui dit donc : Ainsi vous ôtes roi? Jésus répondit : Oui , a je suis roi. Cependant c’est pour rendre témoignage à la <( vérité que je suis né et venu dans le monde, et qui- « conque est de la vérité entend ma voix. » Ces paroles devaient sonner d’une manière bien singulière aux oreilles de ce Romain, qui, élevé dès sa jeunesse dans les écoles des sophistes, avait appris de ses maîtres que la vérité n’existe pas, mais que chaque opinion a pour elle et contre elle des raisons qui se balancent. Aussi répondit-il à Jésus en levant les épaules : a La vérité? qu’est-ce que <( la vérité? » On a remarqué que les paroles latines : Quid est veritas? renferment l’anagramme suivant : Est vir qui adest. Qu’est-ce que la vérité? Cette question nous révèle l’état du rationalisme théologique de cette époque aussi bien que de celle oü nous vivons. Le protestantisme en est encore aujourd’hui à cette question; et, dans l’extrême division des sectes qu’il a produites, il ne sait plus comment y répondre. Cette question, nous l’entendons faire encore tous les jours par ceux qui ne veulent pas reconnaître qu’il n’y a qu’une seule Église, hors de laquelle il n’y a point de salut. Car ils confessent par là qu’il n’y a point de vérité universelle ou catholique, par conséquent point de certitude; mais quô les diverses confessions se partagent en quelque sorte les fragments de la révélation , et doivent à cause de cela être également tolérées. Or qui ne voit que cette opinion renverse par la base l’idée même de religion , comme rapport nécessaire avec Dieu.

a Et lorsqu’il eut dit cela, il sortit de nouveau pour « aller trouver les Juifs, et leur dit : Je ne trouve en lui cc rien de répréhensible. » Aussitôt toute la fureur des

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