‹ La vie de N.-S. Jésus-ChristChapitre 32 sur 190 · DU DEVOIR DE SE REC0^C1L1EU · texte numérisé non relu

DU DEVOIR DE SE REC0^C1L1EU

« S'il lie t’écoule pas^ prends encore avec toi deux ou trois (( témoins, afin que toute l’aflaire repose sur le témoignage « de deux ou trois témoins. Que s’il ne les l’écoute (( pas non plus, dis-le à l’Église; mais s’il n’écoute pas (( l’Église, qu’il soit pour toi comme un païen et un

« publicain. »

Loi*sque chez les Juifs ou avait à se reprocher quelque chose à l’égard d’un autre, on devait aller lui demander pardon, ou seul à seul avec lui, ou en présence de témoins. Et si celui qu’on avait offensé était mort avant qu’on eut fait cette démarche , on devait aller lui faire ses excuses à son tombeau. Mais lorsqu’un homme persistait dans sa vie criminelle ou dans une entreprise injuste après avoir reçu les avertissements prescrits; si, par exemple, il retenait criminellement l’héritage de ses pupilles, il était dénoncé publiquement dans la synagogue, et du haut de la chaire, comme un homme scandaleux.

Jésus continua en ces termes : « Lorsque tu portes ton « offrande à l’autel, si , au moment où tu es là debout et « priant , lu le souviens que ton frère a quelque chose « contre toi , laisse là ton offrande devant l'autel , et va « le réconcilier d’abord avec ton frère, puis reviens offrir « Ion présent. Mais si ton frère pèche contre toi , par- « donne -lui : et môme s’il f offensait sept fois le jour, « et que sept fois le jour il vînt à toi , et le dît : Je me « repens? pardonne -lui. Pierre, s’adressant alors à lui , « lui dit : Sept fois. Seigneur? — Oui, répondit Jésus, « et môme 70 fois 7 fois; et vous n’avez d’autre sujet « de joie que lorsque vous voyez vos frères marcher « dans la charité. » Ces dernières paroles sont tirées

de l’Évangile des Hébreux, qui les donne comme ayant été prononcées par Notre -Seigneur, et elles sont rapportées par saint Jérome dans son livre contre Pélage (iii, 1) et dans son Commentaire sur l’Épître aux Éphésiens (cap. v). C’est dans l’Évangile des Nazaréens que nous trouvons ce récit , et tout porte à croire qu’il est exact. Pierre, en efi’et, n’aurait pas eu de lui-même l’idée qu’il fallait pardonner sept fois dans un jour, puisque, au contraire, il exprime son étonnement à ce sujet. Cette pensée avait donc dû lui être suggérée par ce que Jésus-Christ avait dit. Les Juifs croyaient, et nous lisons encore dans, le Talmud, qu'on peut bien à la vérité pardonner trois fois à son prochain, mais qu’on ne le doit pas faire plus souvent. (Babyl. Yoma, fol. Lxxxvi, 2.) Il en devait être* autrement dans le christianisme. S’il avait été dit dans l'ancienne loi : Caïn doit être vengé 7 fois, et Lamech 70 fois, le pardon et ' la réconciliation devaient dans la nouvelle alliance remplacer la vengeance» Aussi Dieu promet- il aux hommes de leur pardonner toutes les fois qii’ils reviendront à lui. N’avait- il pas déjà donné à l'égard du peuple juif une figure et une preuve à la fois de son immense miséricorde en l’attendant à la pénitence 7 fois 70 ans après le châtiment, si terrible déjà, de la captivité de Babylone. ' Il ne faut pas oublier, au reste, que le nombre 7 chez les Juifs exprimait le superlatif en général , de même que chez nous le nombre mille ; ce qui donne à celle expression un sens bien plus étendu.

« Le royaume du ciel est semblable à un roi qui vou- « lut régler, ses comptes avec ses serviteurs. Comme il « commençait cette entreprise, on lui en amena un qui

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