‹ La vie de N.-S. Jésus-ChristChapitre 69 sur 190 · MASSACRE DES GALILÉENS · texte numérisé non relu

MASSACRE DES GALILÉENS

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port historique avec celui dont on venait de l’entretenir. Nous avons vu plus haut que Pilate, devenu gouverneur de la Judée, conduisit son armée à Jérusalem, et bravant la loi mosaïque, qui défendait comme une idolâtrie toute image et toute apothéose, planta au dedans des murs de la ville sainte les étendards des légions avec les images de l’empereur. Les citoyens de Jérusalem ayant enfin obtenu de lui qu’il fît enlever ces enseignes, il vint lui -même à Jérusalem, et, voulant faire payer aux Juifs la faveur qu’il leur avait accordée, il annonça le projet de faire construire avec l’argent du temple un aqueduc de trois cents stades. Le peuple, à cette nouvelle, se souleva , et chercha par ses cris tumultueux à détourner les Romains de cette entreprise sacrilège. Pilate, irrité, fit habiller en boiii^geois ses soldats, qui, portant sous leurs vêtements des massues, se mêlèrent au peuple, et assommèrent les séditieux, dont un grand nombre périrent ou furent blessés. Puis, profitant des bonnes dispositions d’Hérode, dont il s’était gagné l’amitié en lui livrant Jean -Baptiste , il lui demanda des architectes, des ouvriers pour conduire l’aqueduc au dedans de la ville Sur la gorge creusée entre le montSion et le mont xMoria, et où s’amasse l’eau de Siloé. Mais les architectes, d’après les conseils du perfide Hérode, construisirent l’aqueduc de manière qu’il ne pût résister longtemps. Et en effet les arcades s’affaissèrent bientôt, et le château d’eau de Siloé s’abîma, et ensevelit sous ses ruines dix -huit pauvres ouvriers des faubourgs de Jérusalem; et c’est d’eux que veut parler ici Notre-Seigneur. Le Sauveur avait probablement en vue ces constructions et l’accident qui en fut la suite, lorsqu’au chapitre XIV de saint Luc il dit: « Qui d’entre vous, voulant bâtir une

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« tour, ne s’assied pas d’abord pour calculer les frais né- « cessaires, et voir s’il a de quoi exécuter l’enti*eprise, « afin de ne pas être obligé de la laisser là après avoir « mis les fondements, et qu’on ne se moque pas de lui « en disant : Voyez -vous cet homme qui a commencé à a bâtir, et qui n’a pas pu achever. »

Pilate, courroucé de la perfidie d’Hérode, cherchait le moyen de se venger ; et c’est pour cela que cette année même il fit attaquer et massacrer les Galiléens au moment où ils offraient leurs sacrifices à Dieu , comme on vint le raconter au Sauveur, qui n’avait pas assisté à la fête. Après ces violences et d’autres semblables de Pilate , une émeute éclata enfin dans la ville de Jérusalem. Déjà , du temps d’Hérode, toute la Palestine était pleine de mécontents : et c’«st là ce qui explique la tradition qui raconte que Joseph , fuyant en Égypte avec le Sauveur, fut arrêté par des brigands. Les choses en étaient au point qu’on ne pouvait voyager en sûreté sur la grande route qui conduisait de Jérusalem à Jéricho, comme on le voit par la parabole du bon Samaritain; et que, d’après le témoignage de l’historien Josèphe, les esséniens eux -mêmes portaient des armes pour se défendre des brigands. Bien plus, les Galiléeiis allaient armés à Jérusalem pour les fêtes. Aussi voyons -nous Pierre tirer deux épées à la fois. C’était une ancien ne ,4i’tidition parmi le peuple, que le Messie viendrait quand il n’y aurait plus de probité parmi les hommes , quand tous les appuis manqueraient , et que le pays serait plein de brigands et de voleurs. Ceux- ci se joignaient aux autres mécontents. Mais ce ne fut , à proprement parler, que sous Pilate que se prépara le grand incendie qui embrasa plus tard JéiTisalem.

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