CHAPITRE XXIV
: La Fête de la Dédicace
« La fête de la dédicace du temple de Jérusalem arriva ,
« et c’était l’hiver. » Judas Machabée avait placé la fête de la Dédicace au 25 du neuvième mois appelé Cisleu, parce que c’était en ce jour qu’après une victoire signalée sur les Syriens il avait consacré de nouveau au culte du Seigneur le temple qu’Antiochus avait profané pendant six ans et demi. Les Juifs partageaient l’année en six saisons : la moisson (avril et mai); l’été , les grandes chaleurs; le temps des semailles; l’hiver ou le temps des pluies, et le froid. L’hiver comprenait le temps qui s’écoulait depuis le 15 cisleu jusqu’à la moitié du mois de shebat. On comptait donc, an moment oii l’évangéliste fait cette remarque, déjà dix jours d’hiver. Cette fête durait, comme celle de Pâques et des Tabernacles, huit jours entiers. C’était une fête joyeuse et mémorable, à cause de la Purification du temple et du rétablissement du véritable culte. Elle était aussi appelée Fête des lumières, parce qu’on avait rallume pour la première fois en ce jour le grand chandelier d’or et les autres lampes du temple.
D’après une tradition rapportée par l’historien Josephe, on trouva alors dans le temple assez d’huile du temps qui avait précédé la profanation pour entretenir les lampes pendant un jour. Mais, par un miracle de la bonté divine, cette huile briila pendant huit jours ; et c’est en souvenir de ce miracle que pendant les huit nuits de la fêle, dans
chaque maison à ‘Jérusalem , on allumait au-dessus de la porte au moins une lumière , et quelquefois jusqu’à huit , d’apres le nombre et les facultés des habitants , en augmentant toutefois le nombre chaque jour, ce qui répandait une belle clarté dans toute la ville de Sion. Le père de famille, disait en allumant ces lampes : « Béni soit le « Seigneur , qui nous a sanctifiés par ses commande- « ments, et qui nous a commandé d’allumer des flam- <( beaux à la fête du temple. Gloire à lui, qui du temps (( de nos pères jusqu’aujourd’hui a fait des merveilles, et « nous a conservés jusqu’à cette heure. » La fête de la Dédicace avait lieu pour le premier temple à la fête des Tabernacles : c’est de là que venaient l’illumination et les cérémonies joyeuses qui la terminaient. Encore aujourd’hui, on lit au huitième jour de la fête des Tabernacles les chapitres du premier livre des Rois, où est racontée la consécration du temple par Salomon. Mais au temps de Notre-Seigneur on pouvait célébrer partout cette fête, et il n’était pas nécessaire, comme pour celle de la Pâque, de la Pentecôte et des Tabernacles, d’aller à Jérusalem : c’est pour cela que l’évangéliste remarque que le Sauveur était encore en celte ville.