NousParthes, Mèdes,Êlamites; nous
^ f 17. D'après la croyance des Juifs, le miracle des langues aurait eu Heu lors delà fondation de Tancienne alliance. Car les rabbins, s*appuyant sur ces paroles de l'Écriture, Et tout le peuple entendit les voix, croyaient que, lors de la promulgation delà loi, la parole (de Dieu) s'était partagée en 72 langues, de sorte qu'cllo pouvait être entendue par toutes les nations de la terre. Mais ce qui n*était chez les Juifs qu'une tradition sans fondement, se produisit au commencement de la nouvelle alliance comme udo réalité incontestable. (D' Scpp.)
jElamilB, «t qal habitant Menpolaaiam, !•d«âm. et Cappadociam, Ponlam, et Aaiam,
Pbrjgiam, et Pain« pTijIiam, iEgyplom, et parles Libys quai eat circà Cyrcnea, et ad> vcna Romani,
Jadci qooqae, et pro «e jti : Crele», et Arabe» :
•udmmiu eot loqueniea Boatrû Uagmia magnalia Dei.
Slupebanl aalen om* Des, et mirabantur ad inTiccm diccntes : Quidaam foltbooeMe?
k Illi aatem profrcli prasdicaTtrnnt ubiquè , Domino coopérante, et sermunem confirmante, aeqacotibos «ignia.
cv.cxx.
qui habitons la Mésopotamie, et la Judée, et la Cappadoce, le Pont et l'Asie,
21. La Phrygie et la Pamphylie, l'Egypte, et cette partie de la Libye qui est près de Cyrène; et les étrangers venus de Rome,
' 22. Les JuiÉs et les prosélytes, les Cretois et les Arabes : nous les avons entendus raconter chacun dans notre langue les merveilles de Dieu.
23. El ils étaient dans Tétonnement et dans Tadmiralion, se demandant l'un à l'autre : Que veut dire ceci?
24. Elles apôtres, s'en allant, prêchèrent partout, le Seigneur agissant avec eux , et confirmant leur parole en la faisant suivre par des prodiges*.
' f â4. Les apdircs évangélisèrent d'abord Jérusalem, et ne la quittèrent même pas pendant la persécution qui suivit la mort de saint Etienne. Plus tard ils se répandirent dans les provinces de la Judée et du royaume d'Israël ; ensuite ils allèrent bien parmi les nations, mais ils ne parlaient qu'aux Juifs et n'enseignaient que dans leurs maisons et dans leurs synagogues. A la fin, quand il fut bien constant que les Juifs repoussaient l'Évangile, Paul et Barnabe leur adressèrent ces paroles terribles. C'était à vous qu'il fallait annoncer premièrement la parole de Dieu; mais puisque vous la rejetez, et que vous vous jugez vous-mêmes indignes de la vie éternelle, voità que nous allons vers les Gentils. Car le Seigneur nous l'a ordonné : « Je vous ai établis pour être la lumière des Gentils, afin que vous soyez leur salut jusqu'aux extrémités de la terre. » Et en effet quelques jours auparavant Dieu avait averti le chef des apôtres dans une vision qu'il devait maintenant porter au.^ nations le bienfait de la loi de Jésus-Christ. Alors donc, et seulement alors, s'accomplit ce que dit saint Marc : Et les apôtres, s'en allant, etc.
13. Tout à coup se fit entendre un brmt venant du ciel, ^^c— Quand
Dieu voulut donner la loi à Hoïse sur le mont de Sinaî, il fit quatre
choses importantes. Il descendit au bruit du tonnerre et des irompet*
les. Toute la montagne parut en feu, et on y vit éclater la flamme dans
tB. Gxx. LA YIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. 413
UD tourbillon de fumée. Dieu grava le Décalogue sur deux tables de pierre. Il prononça les autres articles de la loi d'une voix baute et intelligible^ qui fut entendue de tout le peuple. Pour publier la loi évangélique^ il renouvela ces quatre choses^ mais d'une manière bien plus excellente. L'ouvrage commença par un grand bruit : mais ce ne fut ni la violence du tonnerre , ni le son aigu des trompettes, comme on rentend dans un combat ; le bruit que Dieu envoya fut semblable à celui d'un vent impétueux, qui figurait le Saint-Esprit : et qui, sans être terrible ni menaçant , remplit toute la maison, et appela tout Jérusalem au beau spectacle que Dieu lui allait donner. On vit un feu , mais pur et sans fumée, qui ne parut pas de loin pour eifrayer les disciples^ mais dont la flamme innocente sans les brûler ni entamer leurs cheveux, se reposa sur leur télé. Ce feu pénétra le dedans , et, par ce moyen, la loi de l'Évangile fut doucement imprimée, non pas dans des pierres insensibles , mais dans un coeur composé de chair , et ramolli par la grâce. U y eut une parole, mais qui se multipliait d'une manière admirable. Au lieu que sur la montagne de Sinaï Dieu ne parla qu'une seule langue, et à un seul peuple : dans la publication évangélique qui devait réunir en un tous les peuples de l'univers dans la for de Jésus-Christ et la connaissance de Dieu; dans un seul discours on entendait toutes les langues, et chaque peuple entendit la sienne. Ainsi Jésus établit sa loi bien autrement que Moïse. Croyons, espérons, aimons , et la loi sera dans notre cœur. Préparons-lui des oreilles intérieures, une attention simple, une crainte douce qui se termine en amour. De dessus du mont Sinaï Dieu criait : N'approchez pas ni hommes , ni animaux , il y va de la vie : et tout ce qui approchera mourra de mort. Sur la sainte montagne de Sion , Dieu n'approche pas seulement sous la figure d^une flamme lumineuse, mais il entre au-dedans du cœur; ce beau feu prend la figure d'une langue; le Saint-Esprit vient parler au cœur des apôtres, et de leur cœur doit sortir la parole qui convertira tout l'univers. (Bossuet.)
13. Tout à coup se fit entendre un bruit venant du ciel^ et semblable à celui (f «n vent impétueux qui s^élève; et il remplit toute la maison où ils étaient a^m. — La foule sortait du Temple où elle venait d'assister au sacrifice du matin, lorsqu'elle entendit le bruit de voix célestes, vit la maison trembler, des hommes en sortir inspirés et leur parler d'une manière miraculeuse. Une flamme sur la tête d'un homme était, aux yeux de la plus haute antiquité, le signe d'une vocation divine. C'était la première fois que ce phénomène se produisait chez les
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disciples du Christ; mais il s'est renouvelé plus d'une fois depuis dans rÉglise, et parliculièrenient dans la personne de saint François de Sales pendant qu'il prêchait. La majesté divine^ qui annonçait autrefois par des flammes visibles sa présence au-dessus du Tabernacle, quitta le Saint des saints quelque temps avant la ruine de Jérusalem , avec un bruit qui ressemblait à celui de la tempête, comme le rapporte Josèpbe. C'est avec ^impétuosité et le bruit de la tempête aussi qu'elle entre aujourd'hui dans la maison des fidèles de la nouvelle alliance. L'ancienne loi avait été donnée ce même jour aux Juifs sur le Sinaî, quinze cents ans auparavant. Le mont Horeb alors avait été ébranlé jusque dans ses fondements et enveloppé de nuages. Pendant que de son sommet sortaient des torrents de flamme et de fumée, Moïse descendit, le visage enflammé, pour proclamer en présence du peuple d'Israël les commandements du Décalogue. Aujourd'hui le mont Sion remplace le Sinaï. Aujourd'hui parmi les mêmes signes est fondée l'Église de la nouvelle alliance. Un nouveau Moïse annonce aux Juifs étonnés la fin de l'ancienne loi , l'accomplissement de toutes les prophéties et la résurrection des corps accomplie dans la personne du Christ, prémices des ressuscites. (D' Sbpp.)
14-15. El ils virent paratlre comme des langues de feu, partagées audessus de rassemblée, et s' arrêtant une sur chacun d'eux; et ils furent tous remplis de /'fc'^pnï-Samf.— Djs langues de feu ! nous dit le Juif; comment ne les brûlaienl-elles pas? Je lui demanderai, à mon tour, comment le buisson ardent brûlait sans se consumer; comment les corps des trois jeunes Hébreux jetés dans la fournaise de Babylone y restèrent sans être atteints par ses flammes dévorantes. Pourquoi du feu? comme emblème de la sainte ardeur dont leur esprit et leur cœur allaient être embrasés. De pauvres pêcheurs ont parcouru toute la terre, en la renouvelant, en la purifiant. Employaient-ils la lance ou le javelot? Avaient-ils des trésors? Étaient-oe des hommes éloquents? Rien de tout cela. Pour armure, pour tout vêtement, pour tout langage , la puissance de Jésus-Christ qui leur avait promis d'être avec eux jusqu'à la consommation des siècles. Ils ont parcouru le monde entier , semblables à des agneaux jetés au milieu des loups. Étrange nouveauté I leur Maître ne la leur avait pas laissé ignorer : Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups , leur dit-il. Jamais pasteur avait-il agi de la sorte? A la vue du loup, le pasteur retient ses brebis ; Jésus-Christ, au contraire, envoie les siennes contre les loups, qui , bien loin d'en faire leur proie , se laissent désarmer par elles. U
co. c\x. LA VIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. 445
ne leur a pas dit : Allez ; mais , Je vous envoie. Vous n'avez en partage que faiblesse ; mais Celui qui vous envoie est le Tout-Puissant^ Celui près de qui toute résistance est vaine. Quoi de plus impétueux que la mer ? Un (çrain de sable sufflt pour arrêter sa fougue impétueuse. On les persécutera par Texil et le bannissement^ par la mort et les tortures : nMmporte , TÉgiisc de Jésus-Christ prendra naissance dans la foi de ses apôtres et dans le sang de ses martyrs ; les portes de Tenfer ne prévaudront jamais contre elle. Vous l'avez vu : quelles ligues formidables menaçaient de Tanéanlir à son berceau ! Aujourd'hui qu'elle s'élève jusqu'aux deux , quelle force pourrait prévaloir contre la sienne t Jésus-Clirisl l'a dit : Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. Le démon a épuisé ses ressources infernales sans qu'un seul de ses traits soit allé frapper au cœur de l'Église.
(Saint Jean-Chrtsostômb.)
15. Et ils commencèrent à parler diverses langues y selon les paroles que l* Esprit-Saint leur mettait dans la bouche. — Les apôtres jusque-là si ignorants, les voilà tout à coup initiés dans la connaissance de toutes les langues du monde. Oseriez-vous les comparer avec les sophistes? ceux-ci n'ont affaire qu'à une seule nation. Nos apôtres ^ éclairés par l'Esprit-Saint, se trouvent en rapport avec tous les peuples du monde. Un pauvre Juif de la Galilée converse avec les Mèdes, avec les Perses ; il en connaît la langue ; il parle dans tous les dialectes des différents peuples qui habitent le globe de la terre. Il le fallait bien pour se faire entendre , pour devenir les docteurs de l'univers. Le [lauvre docteur, que celui qui ne serait pas entendu de ses disciples ! Voilà le premier miracle qu'opère la grâce de l'Esprit-Saint.
(Saint Jean-Chrysostôme.)
24. El les apôtresy s'en allant j prêchèrent partout, le Seigneur agissant avec eux , et confirmant leur parole en la faisant suivre par des prodiges. — Après la mort de Jésus-Christ, douze pauvres pêcheurs et artisans entreprirent d'instruire et de convertir le monde. Leur méthode était simple; ils prêchaient sans art, mais avec un cœur pénétré ; et de tous les miracles dont Dieu honorait leur foi , le plus frappant était la sainteté de leur vie. Leurs disciples suivirent cet exemple, et le succès fut prodigieux. Les prêtres païens, alarmés , firent entendre aux princes que l'État était perdu , parce que les offrandes diminuaient. Les persécutions s'élevèrent , et les persécuteurs ne firent qu'accélérer le progrès de cette religion qu'ils voulaient étouffer. Tous
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les chrétiens couraient au martyre, tous les peuples couraient au baptême ; riiîstoire de ces premiers temps était un prodigue continuel.
(J.4. Rousseau.) 21. Et les apôtres^ s'en allant ^ prêchèrent partout, le Seigneur agissant avec eux, et confirmant leur parole en la faisant suivre par des prodiges^ — Continuons d'admirer l'auguste souveraineté de la vérité chrétienne. Elle est venue sur la terre comme une élrangère, inconnue et toutefois haie et persécutée^ durant l'espace de quatre cents ans, par des préjugés iniques. Cependant^ parmi ces fureurs du monde entier conjuré contre elle, elle n'a point mendié de secours humain. Elle s'est fait elle-même des défenseurs intrépides et dignes de sa grandeur^ qui^ dans la passion qu'ils avaient pour ses intérêts, ne sachant que la confesser et mourir pour elle^ ont couru à la mort avec tant de force, qu'ils ont effrayé leurs persécuteurs, qu'à la fin ils ont fait honte par leur patience aux lois qui les condamnaient au dernier supplice, et ont obligé les princes à les révoquer. C'était donc le conseil de Dieu et la destinée de la vérité, si je puis parler de la sorte, qu'elle fût entièrement établie malgré les lois de la terre, et que dans la suite des temps elle les eût premièrement pour disciples, et après pour défenseurs. Il ne les a point appelés quand il a bâti son Église. Quand il a eu fondé immuablement et élevé jusqu'au comble ce grand édifice^ il lui a plu alors de les appeler: Et nunc reges: «Venez, rois, maintenant. » 11 les a donc appelés non point par nécessité, mais par grâce. Donc rétablissement de la vérité ne dépend point de leur assistance, ni Tempire de la vérité ne relève point de leur sceptre: et si Jésus-Christ les a établis défenseurs de son Évangile, il le fait par honneur et non par besoin; c'est pour honorer leur autorité et pour consacrer leur puissance. Cependant sa vérité sainte se soutient toujours elle-même et conserve son indépendance. Ainsi, lorsque les princes défendent la foi, c'est plutôt la foi qui les défend; lorsqu'ils proiègent la religion, c'est plutôt la religion qui les protège et qui est l'appui de leur trône. Par où vous voyez clairement que la vérité se sert des hommes, mais qu'elle n'en dépend pas. (Bossubt.)
24. Et les apôtres, s^en allant, prêchèrent partout, — La moderne incrédulité n'a pas droit de nous opposer les principes de vertu dont elle a embelli ses ouvrages : tout ce qu'elle a publié de beau, de pur^ de saint, nous le réclamons au nom de Jésus-Christ: ce sont ses préceptes qu'elle a envahis; elle n'a fait que leur enlever leur autoiité.
CH.czx. LA TIE DE If . 8. iÉSUS-GHRIST* 44T
leurs motifs et leur -fin. Semblables à ces peuples qui insultaient le soleil, tout courerts de sa lumière, les déistes puisent dans rÉrangilo leurs principes, et ils attaquent les principes de l'Évangile; ils dépouillent le christianisme de sa morale, et ils s^en servent pour le combattre. Sortez donc des lieux éclairés par la révélation, vous qui voulez connaître jusqu'où s'est étendue la lumière de la raison ; transportez-vous aux pays, aux temps qui n^ont point connu Jésus-Christ. Avec la connaissance du vrai Dieu , les principes fondamentaux de la veriu étaient égarés dans l'univers; la religion, faite pour perfectionner rbomme, concourait à le pervertir; elle avait corrompu jusqu'à la règle des mœurs; l'exemple même de la Divinité encourageait au crime : il n'y avait point de passion qui n'eût ses dieux, ses prêtres, ses temples, son culte, ses sacrifices, ses mystères, ses adorateurs, ses initiés; et c'était du haut des autels que les vices se répandaient sur les nations. Qu'ont fait les philosophes pour arrêter ce torrent corrupteur? S'ils ont recueilli quelques vérités morales dans l'ensemble de la conduite des peuples, ou dans les débris des anciennes traditions, qu'ont-ils fait de ces vérités? Trop peu nombreux pour les répandre, trop timides pour les publier, trop divisés pour les concerter, trop faibles pour les faire recevoir, trop peu vertueux pour leur concilier le respect, ils se sont contentés d'en dire un mot dans leurs écoles avant de les mentionner dans leurs livres; et encore, de combien de fables ne les ont- ils pas entremêlées I (De la Luzerne.)
24. Et les apôtres j s'en allant, prêchèrent partout ^ le Seigneur agissant avec eux y et confirmant leur parole en la faisant suivre par des prorf/|7w.— Nous pressons l'incrédule par cet invincible argument : Si Jésus-Christ n'est pas ressuscité, il reste donc dans l'état de mort. Mais alors, comment se fait-il que ses apôtres aient opéré des miracles en son nom? Dira-t-on qu'ils n'en aient point opéré? Mais comment s'est-il formé une société chrétienne? C'est là, du moins, un fait que l'on ne niera pas, puisqu'il est sous les yeux. Eh bien! soit, les apôtres n'ont pas fait de miracles, je le suppose; cette supposition tourne contre l'incrédule : car, sans miracles, avoir converti l'univers, l'avoir amené à la foi chrétienne par la prédication de douze misérables apôtres sans doctrine et sans lettres, c'est assurément là le plus grand des miracles. On ne dira pas que ce soit par le pouvoir de leurs richesses ni de leur éloquence, ni par rien de semblable, que ces pêcheurs, pauvres et ignorants aient conquis le monde. Puisqu'il devient impossible d'expliquer un aussi prodigieux changement parles seules
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forces humaines, il faut donc avouer malgré soi quMIs n'ont \)\\ le faire que par la vertu infinie de Dieu. {Saint Jean-Chrtsostômb.)
24. Et les apôtres y s'en allant, prêchèrent partout ^ le Seigneur agissant avec eux y et confirmant leur parole en la faisant suivre par des prodiges. — Mais pourquoi ne voyons-nous plus aujourd'hui les miracles qui accompagnèrent la descente du Saint-Esprit sur les apôlresî On nous fail communément celte demande. Tous ceux qu'ils baptisaient, recevaient à la fois le d( n des langues; aujourd'hui, ce n'est plus la même chose. Qu'entend-on par ce mof, le don des langues? C'est-à-dire qu'à l'instant même les nouveaux baptisés parlaient les langues des peuples divers, Indiens, Égyptiens, Perses, Scythes ou Thraces; et si vous eussiez vécu de ce temps, vous les auriez entendus vous parler dans la vôtre. Nous en voyons au livre des Actes l'incontestable témoignage. Pourquoi donc le miracle a-t-il cessé? Est-ce pour nous punir? Était-ce que les chréliens d'alors furent privilégiés? Je réponds : Les hommes nouvellement convertis à la foi, et par conséquent se ressentant encore de la grossièreté dont les ténèbres de Terreur les avaient si longtemps enveloppés, tenaient encore trop fortement aux impressions des sens, pour être sitôt accessibles à des grâces purement intérieures. Us ne savaient pas même ce que c'était qu'une grâce spirituelle, qui ne se fait sentir que par la foi : voilà pourquoi il fallait des miracles; et il s'en opérait. Parmi les dons spirituels, il en est d'invisibles et qui n'agissent que par la foi ; d'autres opèrent à l'extérieur, d'une manière sensible : ceux-là étaient nécessaires pour la conversion dos infidèles. Par exemple, la rémission des péchés est quelque chose de spirituel; c'est un don qui s'accomplit sans être vu, parce qu'il n'agit que sur l'âme, invisible de sa nature. Parler diverses langues sans les avoir apprises... il y a bien là encore une action tout intérieure de l'Esprit-Saint, mais eu même temps un miracle extérieur et sensible tel, que l'infidèle était forcé de se rendre au surnaturel ide l'événement. Dans ce cas, ce qui agit intérieurement dans l'âme^ sans être aperçu au-dehors, se trouve justifié et manifesté par l'expression sensible de ce langage étranger que l'on entend. Or, nous dit l'apôtre, les dons visibles du Saint-Esprit ne sont donnés à chacun de ceux qui les reçoivent qu'en proporlion del'u tilité commune. Maintenant, qu'ai-je besoin de miracles? Me faut-il de ces signes extraordinaires pour croire à la parole du Seigneur? C'est à l'incrédule qu'il en faut ; à moi qui croisa la parole de Dieu, ils me sont inutiles : ai-je besoin de parler toutes les langues de l'univers pour être assuré
CH. CXI. LA yi£ DE N. S. JÉSUS-CHRIST. 449
que j'ai reçu la rémission de mes péchés? Bon pour les païens, qni n\auraient pas cru s'ils n'avaient vu des miracles. Aussi Dieu voulait-il bien leur en accorder pour les soumettre à la foi. Ce n'était donc point à titre de fidèles, mais comme à des infidèles, que les miracles étaient donnés, ainsi que Tapôtre le déclare, pour les arracher à rinfldélilé. En nous les retirant, Dieu ne prétend pas nous traiter moins favorablement; nu contraire, il ne veut que manifester notre foi en la rendant indépendante de ces signes extraordinaires. Il en fallait aux Gentils pour entraîner leur confiance : ma foi n'en a plus besoin pour croire. C'est pour cette raison qu'il ne s'en fait plus aujourd'hui.
(Saint Jean-Chrtsostôme.)
24. Et les apôtres, s'en allant, prêchèrent partout, le Seigneur agissant avec eux. ^ Je me borne à demander comment une doctrine qui se serait contredite elle-même aurait pu obtenir créance parmi les hommes et conquérir les suffrages de tout l'univers, et cela quoiqu'elle eût beaucoup de témoins et d'ennemis : car ils ne se sont pas tenus à l'ombre pour écrire leur histoire ; ils ne l'ont pas tenue secrète, tant s'en fauf^ eux qui parcouraient les terres et les mers, répandant en tous lieux leur doctrine et leurs livres, les proclamant de leur propre bouche. On les lisait comme aujourd'hui, en présence même des ennemis; et il ne tombait dans l'esprit de personne d'y soupçonner des contradictions. Eh I le moyen qu'il y en eût? c'était une vertu divine qui partout dirigeait leur langage. Autrement, comment supposer que des hommes nés dans la lie du peuple, des hommes sans lettres, comme l'étaient les apôtres, auraient pu embrasser d'aussi hautes spéculations 1 Cette doctrine, dont les sages du siècle n'avaient pu se former la plus simple idée, ils l'annoncent avec une pleine assurance ; ils viennent à bout de la persuader non-seulement durant leur vie, mais après leur mort; non pas seulement à quelques disciples, mais à des peuples entiers, aux plus policés comme aux plus barbares, à tout l'univers : et pourtant c'étaient des dogmes qui excèdent la portée de notre intelligence humaine , des dogmes qui, s'élevant au-dessus de toutes les idées de la terre, vous transportent dans une région supérieure, vous parlent d'une autre vie, d'un royaume du ciel jusque-là inconnu, vous découvre un nouvel ordre de richesse et de pauvreté, de liberté et de servitude, de vie et de mort, un nouveau monde et une nouvelle manière de vivre; en un mot, un changement général et un renouvellement universel... Cependant l'Évangile n'est prêché que par de pauvres pêcheurs, persécutés partout où ils se montrent^ souvent battus de
au 19
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verges, continuellement exposes au danger de perdre la vie, élnuuers à toute espèce d'éloquence^ à tous les artifices du langage; et il voit tomber à ses pieds les savants et les ignorants, les rois et les armées^ les Grecs et les barbares; partout on Taccueille^ on Tadopte, on flécbit sous cette loi. (Saint Jean-Ghwsostôiie.)
24. Et les apôtresy s'en allant, prêchèrent partout^ le Seigneur agissont avec eux, et confirmant leur parole en la faisant suivre par des prodiges. — Nous voyons dans ce monde ceux qui sont élevés au comble de la gloire n'en conserver la jouissance que durant leur vie. Sont-ils morts , toute cette gloire s'évanouît avec eux. Tel est le dénoûment commun des richesses etde la puissance ; les rois eux-mêmes n'en sont pas affranchis. Dans le même tombeau viennent s'abattre elles lois qu'ils ont portées, et les statues érigées en leur honneur^ et le souvenir de leurâ actions; leur nom s'efface, et, jusqu'à leur famille, tout tombe dans Toubli. Ils ont eu beau mettre des armées sur pied, excilerdea révoltes parmi les peuples , rappeler les bannis , tremper leurs mains dans le sang de leurs maîtres, tout éclatante que fut leur gloire, ils n'en conservent rien dans le tombeau. Il n'en est pas aiust de Jésus- Christ. Avant son crucifiement, quelle apparente abjection ! Â peine a-t-il été mis à mort, que, pour manifester qu'il y avait en lui autre chose qu'un homme, bien loin que sa gloire succombe sous les coups de la mort, il se relève avec plus d'éclat. Le premier de ses apôtres, qui avait pâli à la voix d'une servante et protesté qu'il ne connaissait pas cet homnie, court l'annoncer par toute la terre, et des peuples tout entiers de saints confesseurs se laissent égorger pour sa gloire. L'étroite enceinte qui fut son sépulcre est devenue plus auguste et plus vénérable que les palais et que la personne même des monarques. L'éclat de son nom rejaillit jusque sur ses disciples. Ces mêmes hommes, pendant leur vie l'objet du mépris et de la haine publique, qui ne trouvaient que sur les écliafauds le terme de leurs longues et cruelles souffrances, c'est après leur mort que vous les voyez plus honorés que les rois eux-mêmes, jusque dans Rome, la plus royale des cités, où les maîtres du monde s'empressent de venir avec toute leur cour se prosterner au pied du tombeau d'un faiseur de tentes. Dans la ville où nous sommes, à Conslantinople, les empereurs regardent comme une insigne faveur, pour eux et pour ks membres de leur Camille, le privilège de reposer, sinon auprès des saints apôtres, an moins dans les vestibules des temples qui leur sont consacrés, et d'être, après leur mort, les gardiens de la dépouille de ces hommes de néanL
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Eh ! qu'était-ce donc que cette croix par laquelle se termine sa Tiet le signe de la malédiction , le genre de mort le plus infâme de tous, le seul à qui fut attaché le sceau de la malédiction. Dans les anciennes législations , les criminels condamnés à la mort mouraient, soit par le feu, soit soufi les pierres dont ils étaient accablés^ soit de toute autre manière ; on se contentait de la mort pour leur supplice ; mais le cruciflement entraînait, outre la mort^ l'ignominie et la malédiction. Maudit soit, dit rÉcriture, celui gui est suspendu au bois. Cependant cet objet de malédiction et d'infamie, ce signe odieux du dernier supplice, le voilà proposé à tous les hommages comme à tous les vœux. La couronne des monarques est pour leurs têtes un ornement moins illustre que cette croix, plus précieuse que le monde entier. Et, ce que naguère on n'envisageait qu'avec horreur^ on en fait aujourd'hui sa plus riche p.irure. Tous, depuis les rois jusqu'aux habitants des chaumières, -en impriment le signe sur leur front, en décorent la plus noble partie d'eux-mêmes et Ty gravent à tous les moments du jour comme une inscription sur une colonne. On porte la croix au banquet sacré dans rimposition des mains que fait le prêtre , dans la participation au pain eucharistique qui nous incorpore la chair de Jésus-Christ. Elle se montre en triomphe dans les maisons, dans les places publiques, dans les solitudes, dans les chemins au milieu des montagnes, sur le sommet des collines et dans le fond des vallons, sur les navires que bat la tempête et dans les Iles les plus éloignées. Elle se produit dans tous les actes de la vie, tant généraux que particuliers; sur les murailles des édifices, mêlée aux pierres les plus précieuses, appliquée sur les corps des animaux malades et des hommes possédés du démon. Après cela, que les Geutils me répondent comment un signe d'opprobre et de malédiction est devenu quelque chose de si honorable, autrement que par la vertu toute-puissante du Crucifié? Parmi les' instruments de supplice dont la justice humaine déploie sous nos yeux le formidable appareil, vous comptez les chevalets, les fouets, les ongles de fer, les diverses tortures imaginées pour imprimer la souffrance ; je demande qui les voudrait avoir dans sa maison, y porter seulement la mainT Qui est-ce qui voudrait se rencontrer dans le voisinage du bourreau quand il exécute son terrible office? Quel effroi en leur présence I La peur qu'ils inspirent va jusqu'à attacher à leur simple aspect, de sinistres pressentiments. La croix, au contraire, bien loin delà repousser de ses regards, on s*en dispute la moindre parcelle , on l'enchâsse dans les plus riches métaux, on s*en fait une parure, on se met à cou-
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reri sous celle égide. Un si merveilleux changemenl, de qui peut-il être TouTrage^ sinon de celui qui dispose de tout à son gré^ qui a puriQé le monde et transporté le ciel sur la terre? (Saint Jban-Chrysostôme.)
24. Et les apôtres, s^en allant, prêchèrent partout, le Seigneur agissant avec eux , et confirmant leur parole en la faisant suivre par des prodiges, — Pendant que l'ancien peuple est réprouvé pour son infidélité, le nouveau peuple s'augmente tous les jours parmi les Gentils. L'alliance autrefois faile avec Abraham s'élcrJ, selon sa promesse, à tous les peuples du monde qui avaient oviAlé Dieu ; l'Église chrélienne appelle à lui tous les hommes, et, tranquille durant plusieurs siècles, parmi des persécutions inouïes, elle leur montre à ne point attendre leur félicité sur la terre. C'était là le plus digne fruit de la connaissance de Dieu, et l'effet de cette grande l)énédiction que le monde devait attendre par Jésus-Christ. Elle allait se répandant tous les jours de famille en famille et de peuple en peuple, pour leur faire connaître Taveuglement où Tidolâtrie les avait plongés; et, malgré toute la puis* sance romaine, on voyait les chrétiens, sans révolte, sans faire aucun trouble, et seulement en souffrant toutes sortes d'inhumanités, changer la face du monde, et s'étendre par tout l'univers. La promptitude inouïe avec laquelle se fit ce grand changement est un miracle visible. Jésus-Christ avait prédit que son Évangile serait bientôt prêché par toute la terre : cette merveille devait arriver incontinent après sa mort; et il avait dit qu'après qu'on l'aurait élevé de terre , c'est-à-dire qu'on l'aurait attaché à la croix, il attirerait à lui toutes choses. Ses apôtres n'avaient pas encore achevé leur course, et saint Paul disait déjà aux Romains que leur foi était annoncée dans tout le monde. Il disait aux Colossîens que l'Évangile était ouï de toute créature qui était sous le ciel; qu'il était prêché, qu'il fructifiait, qu'il croissait par tout l'univers. Une tradition constante nous apprend que saint Thomas le porta aux Indes , et les autres en d'autres pays éloignés. Mais on n'a pas besoin des histoires pour confirmer cette vérité. L'effet parle, et on voit assez avec combien de raison saint Paul applique aux apôtres ce passage du psalmiste: Leur voix s'est fait entendre par toute la terre, et leur parole a été portée jusqu'aux extrémités du monde. Sous leurs disciples il n'y avait presque plus de pays si reculé et si inconnu où rÉvangile n'eût pénétré. Cent ans après Jésus-Christ, saint Justin comptait déjà parmi les fidèles beaucoup de nations sauvages, et jusqu'à ces peuples vagabonds qui erraient deçà et delà sur des chariots
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sans avoir de demeure fixe. Ce n'était point une vaine exngcration; c'était un fait constant et noioire, qu'il avançait en présence des empereurs et à la face de tout l'univers. Saint Irénée vient un peu aprèi^, et on voit croître le dénombrement qui se faisait des Églises. Leur concorde était admirable: ce qu'on croyait dans les Gaules, dans les Espagnes, dans la Germanie, on le croyait dans TÉgypte et dans rOrient; et, comme il n'y avaitqu'un même soleildans tout l'univers, on voyait dans toute l'Église, depuis Textrémité du monde à l'autre, la même lumière de la vérité. Si peu qu'on avance, on est étonné des progrès qu'on voit. Au milieu du troisième siècle , TertuUien et Origène font voir dans l'Église des peuples entiers, qu'un peu aupara\auton n'y mettait pas; ceux qu'Origène exceptait, qui étaient les plus éloignés du monde connu, y sont mis un peu après par Arnobe. Que pouvait avoir vu le monde pour se rendre si promptement à Jésus-Ciirist? S'il a vu des miracles. Dieu s'est mêlé visiblement dans cet ouvrage; et s'il se pouvait faire qu'il n'en eût pas vu, ne serait-ce pas un nouveau miracle plus grand et plus incroyable que ceux qu'on ne veut pas croire, d'avoir .converti le monde sans miracle, d'avoir fait enlrer tant d'ignorants dans des mystères si liants, d'avoir inspiré à tant de savants une humble soumission, et d'avoir persuadé tant de choses incroyables à des incrédules? Mais le miracle des miracles, si je puis parler de la sorte, c'est qu'avec la foi des mystères les vertus les pluséminenlesel les pratiques les plus pénibles se sont répandues par toute la terre. Les disciples de Jésus-Christ l'ont suivi dans les voies les plus difficiles. Souffrir tout pour la vérité a été pour ses enfants un exercice ordinaire; et, pour imiter leur Sauveur, ils ont couru aux tourments avec plus d ardeur que les autres n'ont couru aux délices. On ne peut compler les exemples ni des riches qui se sont appauvris pour aider les pauvres, ni des pauvres qui ont préféré la pauvreté aux richesses, ni des vierges qui ont imité sur la terre la vie des anges, ni des pasteurs charitables qui se sont faits tout à tous, toujours prêts à donner à leur troupeau non-seulement leurs veilles et leurs travaux, mais leur propre vie. Que dirai-je de la pénitence et de la mortification î Les juges n'exercent pas plus sévèrement la justice sur les criminels, que les pécheurs pénitents l'ont exercée sur eux-mêmes. Bien plus, les innocents ont puni en eux avec une rigueur incroyable celte pente prodigieuse que nous avons au jiéché. La vie de saint Jean- Baptiste, qui parut si sur|)renante aux Juifs, est devenue commune parmi les fidèles; les déserts ont été peuplés de ses imitateurs ; il y a eu
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tant de solitaires, que des solitaires plus purbits ont été contraints de chercher des solitudes plus profondes : tant on a fui le inonde, tant la vie contemplative a été goûtée. Après que Jésus-Christ eut fait voir, par une longue expérience , qu'il n'avait pas besoin du secours ha> main, ni des puissances de la terre, pour établir son Église, il y appela enfin les empereurs, et fit du grand Constantin un protecteur déclaré du christianisme. Depuis ce temps, les rois ontaccouru de toutes parts i l'Église ; et tout ce qui était écrit dans les prophéties touchant sa gloire future s'est accompli aux yeux de toute la terre. (Bossuet.)
ÉLÉVATION
Le jour annoncé par vous est enfin arrivé, bon Sauveur; l^sprit consolateur destiné à nous rapprocher de Dieu et à nous unir à lui par les liens les plus intimes, descend au milieu du trouble des éléments, sur vos apôtres réunis qui voient comme des langues de feu se partager et s'arrêter sur chacun d'eux. prodige 1 ces hommes, jusque-là ignorants, grossiers, craintifs, tout à coup éclairés, fortifiés par une vertu divine, se répandent parmi toutes les nations de la terre pour y porler la lumière de la foi^ publier en tous lieux les bienfaits de Dieu envers les hommes et leur annoncer que la paix est enfin conclue entre le ciel et la terre. La face du monde est renouvelée, et partout vous vous plaisez, Seigneur, à confirmer le témoignage de vos apôtres par une infinité de prodiges. Comme les apôtres nous avons une mission à remplir, bon Sauveur; vous êtes venu sur la terre pour nous sauver par votre miséricorde, nous instruire par vos préceptes et vos exemples; s'il y avait un moyen plus assuré pour arriver au salut que celui de la croix, vous nous l'auriez appris par vos paroles et par vos actions. Ah I ne permettez pas que nous oubliions que le pèlerinage du chrétien n'est pas véritablement sa vie; que celui qui veut vivre un jour avec vous doit être, autant qu'il est possible à l'infirmité humaine, votre image; qu'il faut qu'il soit doux, miséricordieux, palient, humble comme vous l'avez été, afin de vous ^oir un jour face à face, non pas en passant, non pas une heure , mais pour toute une éternité.