Quelque temps après, les autres
' f 23. Ce ne sont point des personnes vicieuses» ni insensibles, ni lout à fait sans bonnes œuvres: elles commencent l)eaucoup et n'achèvent rien. combien périront par ce défaut I (Bossuet )
* f 30. Elles cherchèrent à s'en procurer, maïs elles n'en trouvèrent point: si elles reviennent ensuite jusqu'à la maison de l'époux, c'est en marchant dans les ténèbres.
* f 30. Nous voyons par là que ceux qui seront surpris ite le seront pas seulement |)our ne s'être point du tout disposés à recevoir le maître; on le sera pareille* ment pour s' yétre disposé trop lard.
CD. xcui. LA TIB DE N. 8. JÉSUS-CHRIST. 129
mom ei reiiqiM Wf- vieFfies amvèrent dussi. et se mirent à dire:
gincfl, oicenUrt i Do- ^
mm^ Domin., «péri Selgncur, SeigoeuF, ouvrez-nous.
A^ndk^ul!!'^^ ^^* ^^*^ répoux leur répondit : Je vous
""^ le dis en vérité, je ne vous connais point *.
vigiuu iu<ni«, qjî. 33. Veillez donc, parce que vous ne savez ni le jour, ni l'heure.
nocilû dÎMD, neqna ho-
' t 32. Application de la parabole. Les dix vierges, oe sont tons les chrétiens ; la lampe, c*est la foi ; Tiiuile, c'est la charité ; le retard de Tépoux, c'est le temps qui noas sépare da jogeroent dernier ; le sommeil des vierges. c*est la mort des chrétiens; le réveil, caosé par nn grand bruit, c'est la résurrection générale où chacun ne trouvera dans sa lampe que Thuile doot il aura fait provision avant la mort : plus de moyen de s*en procurer alors ; plus de ressource ni dans la pénitence ni èans la prière. La salle du festin, c'est le ciel, qui sera fermé éternellement à tous ceux dont la foi et les œuvres n'auront pas été accompagnées par la charité*
2. Dans les jours qui précédèrent le déluge, les hommes étaient oe cupis de manger et de boire. — Le Fils de Dieu ne dit pas : Ils tuaient, ils piUaient, ils commettaient des adultères : Toccupation des affaires les plus innocentes suffit pour nous assourdir, pour nous aveugler, pour nous enchanter, n n'attaque pas non plus les grandes affaires , les grands emplois, les grandes charges : les soins les plus ordinaires suffisent pour nous étourdir et nous ôter le loisir de penser à nous ; et la mort vient, toujours imprévue; et tandis qu'à la manière de ces oiseaux niais, nous nous repaissons de ce qu'on nous présente pour nous amuser, le lacet vient tout à coup, nous sommes pris, et il n'y a plus moyen d'échapper. pauvre nature humaine! ne faut-il qu'un si bible appât pour f amuser? Ne faut-il qu'un charme si faible pour fendormlrî une si faible occupation pour t'aveugler , pour détourner de ton esprit le souvenir de Dieu et de ses terribles jugements? Où trouverons-nous des larmes pour déplorer notre aveuglement et notre faiblesse ? (Bossuet.)
6. Soyez prudents, veillez et priez. -* Marchez, disait le Sauveur
du monde, tandis que la lumière vous éclaire : pourquoi? parce que la
nuit vient où personne ne peut plus ngir. Veillez : pourquoi? parce que
le Fils de Thomme que vous attendez est déjà à la porte. Négociez, et
130 LA TIE BE H. 6. JÈSVS4XUS1. or. wam.
fûtes profiter les talents que voastTea en main : pourquoi! parce que le maître qui vous les a confiés est sar le point de revenir et de vous en demander compte. Tenez vos lampes allumées : pourquoi? parce que voici Tépoux qui arrive. Hâtez-vous de porter des froito : pourquoi? parce que c'est bientôt le temps de la récolte. Que voulait-il nous taire entendre par là? Ah! chrétiens, ces paroles, toutes mystérieuses qu'elles sont, s'expliquent assez d'elles-mêmes ^ et nous font connaib^ malgré nous notre folie, lorsque, nous proposant la mort dans un éloi* gnement imaginaire, quoique, selon le terme de rÉcriture, il n'y ait qu'un point entre elle et nous, nous croyons avoir droit de noos relâ-^ cher dans la pratique de nos devoirs; car tel est notre aveuglement, et voilà Terreur dont Jésus-Christ nous veut détromper» (Booadai.oi»«>
14. Que pensez-fHms du serviteur fidèle et p9%dent que sim maître a établi sur tous ceux de sa matsm^ pour leur donner au temps marqué leurnourriture? — Le maître a établi cet économe , cet intendant, ce dispensateur, pour être fidèle, pour être prudent, pour donner la nourriture à sa famille, pour la lui donner dans le temps, pour la lui donner avec mesure. Te voilà, ôPierre ! Vous voilà, pasteurs! U faut être fidèles, donner fidèlement ce que le Maître a misen vos mains pourle distribuer : les sacrements, les instructions. Voilà ce que c'est qu'être fidèle, ne s'attribuer rien, ne rien retenir de ce qu'il a voulu que vous donnassiez, ô économe I ô intendant spirituel! Tu n'as rien à toi ; tu n'as rien pour toi, puisque toi-même tu es tout aux autres. Tout est à vous, soit Paul, soit Céphasy tout esta vous. Et vous êtes à Jésus-Christ, disait saint Paul , tout est à vous. Il faut donc être fidèle , et se donner tout entier au peuple de Dieu. Mais outre la fidélité, il faut la prudence^ pour donner dans le temps , pour donner avec mesure, prendre les moments favorables d'une affliction, du ralentissement d'une passion,, d'une maladie, d'une grande perte , être attentif à ce moment. Voyez^ Dieu vous avertit. Dieu vous frappe. Dieu vous réveille. Voilà le premier effet de la prudence; prendre le temps, sinon on rendra compte à Dieu du moment perdu, et de la damnation de son frère. Le secoud^ donner avec mesure , ne donner pas plus qu'on ne peut porter, ne donner pas le saint aux chiens , ni les perles aux pourceaux. Ne prêcher pas les hauts mystères de la communication avec Dieu, aux âmes encore impnres, qui ont besoin qu'on les étonne, qu'on les effhrie; ne donner pas Tabsolution ni la communion précipitamment, ne la donner pas aux chiens et aux pourceaux , aux âmes encore impures; aller par degrés, gagner peu à peu. Mais néanmoins il vient un temp^
€V. xciii. LA TIE DE N. S. JÉSUSGHRIST. iSi
OÙ il n'y a point de temps, où il n'y a point de mesure à garder. Ici oa dit : Ne reprenez pas, mais avertissez; là : 11 faut reprendre avec ma» destie; ailleurs: Reprenez durement; ailleurs: Dans le temps, liors du temps, à propos et liors de propos. Autrement tout est perdu. Voilà donc la fidélité et la prudence d'un bon serviteur. Il y a deux choses nécessaires à régler : le fonds et la manière. Le fonds , il faut donner : soyez fidèle ; la manière, il faut donner à propos et avec les conve^ nances recjuises; autrement vous n'êtes pas ce serviteur digne que le maître emploie à gouverner sa famiUe, parce que, par infidélité, vous ne donnez rien, ou lorsque vous donnez, ce que vous donnez tourne à rien par votre imprudence. Remarquez ici un faux zèle. Un supé* rieur, un pasteur ne proche pas; il est infidèle. Il prêche, il instruite mais rudement, mais hors de propos; il ne (bit rien, parce qu'il est imprudent. Â un tel serviteur, qui dispense bien ce qui lui est confié» le maître lui donnera tout ce quil possède , et non-seulement son royaume, mais encore lui-même. Car si le père de famille, qui n^est qu'un homme, est sf juste que, trouvant sou servHenr qui a bien usé du pouvoir et des bfens qu'il lui a mis en main pour les dispenser , il rélève à de plus hauts emplois , et lui donne un plus grand pouvoir^ combien plus Jésus-Christ, qui est la justice même, augmentera-t-il les biens de ses serviteurs qui auront bien dispensé ceux qu'il leur a déjà donné? Pesez ces mots : Il leur donnera tout ce qu'il possède. C'est un Bien qui parle , que ne possède-f-il pas? Maïs tout est à nous dès que nous usons bien de ce qu'il nous donne. (Bossubt.)
2A^ Il leretmnchêra du nombre de ses serviteurs, et il le religuera avec les hypocrites et les infidèles. Léseront des pleurs et des grince* ments de d^to.— C'est avec justice que TÉvangile met au nombre des hypocrites et des infidèles ceux qui^ sous prétexte d'observer une plus exacte discipUne, changent le gouvernement de TÉglise en une domination insupportable. Jésus*Christ nVt-il pas dit que son joug est nn joug de dovcear et de mansuétude? que celui qui serait placé à la tête de ses frères, devait se considérer comme le deraief et le serviteur de tous, à Texemple du Fils de l'homme qui n'est pas venu pour être servi, mais pour servir T Néanmoins on se rend également coupable d'une faute très-grave, si Ton traite les criminels comme des frères, sans les soumettre aux rigueurs des lois : parce qu'alors , non-seulement on laisse pénétrer, mais on introduit soi-même le loup dans la bergerie sainte, et qu'il y a des temps où c'est une obligation pour les supérieurs
f 52 LA VIE BE N. 5. JÉSUSCHRIST. en. xciiu
de sévir^ de couper^ de retrancher. Hais, même dans ces tristes circonsiaoceSy il faut encore être plein de miséricorde. (S. Grâgoire, pape).
21-22. Alors le royaume des deux sera semblable à dix vierges, quiy ayant pris leurs lampeSj allèrent au-devant de l'époux et de f épouse. Cinq d'entre elles étaient folles. — C'est sous une autre figure, un autre avertissement de se tenir prêt. Combien Jésus le répète-t-il7 Et cependant nous sommes sourds. 11 semble n'avoir destiné les derniers jours de sa vie qu'à nous préparer à la mort , et que ce soit là son unique affaire. C'est en effet celle d'où tout dépend. Dix vierges. C'est un état saint qui n'est pas donné à tout le monde, ainsi qu'il le dit ailleurs : Tous n'entendent pas cette parole, mais ceux à qui il a été donné. En voici dix qui ont entendu cette haute parole, à qui ce don excellent a été donné, et néanmoins il y en a cinq qui périssent. Tremblez donc, vous tous qui avez reçu ce don, et apprenez à le faire valoir. Cinq étaient folles, sans précaution, sans prévoyance. Ces folles ne prirent pas d'huile. Elles disent : Thuile nous manque , nos lampes s'éteignent. La charité leur manque , les bonnes œuvres leur manquent : la charité, le plus excellent de tous les dons, sans quoi tous les autres, et même celui de la prophétie, et même celui du martyre, n'est rien, ni par conséquent celui de la virginité. Elles sommeillèrent et elles dormirent. Celles qui ont d'huile leur provision , peuvent demeurer tranquilles, mais les autres, elles doivent profiter du temps pour en acheter et amasser de bonnes œuvres. (Bossuet.)
22. Cinq d'entre elles étaient sages , et les cinq autres étaient folles. — Il y a donc des âmes vraiment pieuses, et d'autres qui n'ont qu'une pieté apparente. Un signe infaillible auquel on peut distinguer ces dernières, c'est qu'elles manquent toutes de charité. Partout où vous ne verrez point la tendre compassion , la douceur qui prévient, la bonté qui pardonne , la sévérité pour soi et l'indulgence pour les autres, quels que soient les dehors, quelque spécieuse que soit la conduite, dites sans crainte de vous tromper : La vraie vertu n'est point ici. Les vierges folles, dans l'Évangile, sont parées comme les vierges sages; comme celles-ci , elles portent leurs lampes, elles vont au même festin, elles courent au-devant du même époux : jusque-là nulle distinction, nulle différence; mais bientôt vous cesserez de les confondre. Leurs lampes, faute d'aliment, vont s'éteindre, leur huile est épuisée, c'est-à-dire, dans le sens de la parabole, qu'elles n'ont ni l'onction, ni la douceur, ni Tesprit de charité. (De Boulogne.)
tP. xcfii. LX YIE DE N. S. JÉSU&^HRIST. 133
23. Or celles qui élaient folles , ayant pris des lampes ^ n'emporté' rent point d*huile. — Toutes ont des lampes, parce que les réprouvés, aussi bien que les élus, peuvent présenter des œuvres bonnes en ellesmêmes; mais elles n'ont pas toutes ce qu'il faut pour rendre ces lampes utiles. Pour arriver jusqu'à Tépoux, il faut en outre de Fhuile, c'est-à-dire, il faut que les œuvres extérieures que Ton a faites renferment en elles-mêmes une vertu digne d'être récompensée par la gloire : a Toute la gloire de la ÛUe du roi, » disait déjà le psalmisteen parlant de rassemblée sainte des élus, o vient des vertus qui sont en elle. » Le retard de l'époux et le sommeil de ces vierges nous indiquent le temps qui nous sépare du jugement dernier, et durant lequel les élus et les réprouvés doivent, les uns et les autres, s'endormir dans la mort. Cette clameur soudaine qui se fait entendre au milieu de la nuit, nous avertit que le souverain juge viendra nous surprendre au moment où nous n'y penserons pas. A cette voix puissante, les élus et les réprouvés sortent du sommeil du tombeau, et comptent en eux-mêmes les œuvres sur lesquelles ils peuvent fonder l'espérance d'arriter à l'éternelle fclicilé. Les vierges folles voient leurs lampes s'éteindre; ainsi les réprouvés verront s'évanouir Téclat de leurs œuvres , qui an. ront un instant brillé aux yeux des hommes; ils comprendront qu'ils n'ont plus de récompense à espérer de la part de Dieu, parce que déjà ces œuvres ont été récompensées par les louanges humaines en vue desquelles elles ont été faites. (Saint GaiGoiRE, pape.)
23« Mais si ce serviteur est méchant ^ et qu'il dise en lui-mime: Mon maître tarde toujours ; et qu'il se mette à frapper ses compagnons. --' Nous avons vu le bon serviteur avec ses deux bonnes qualités, la fidélité et la prudence. Voyez maintenant la peinture que Jésus-Christ fait du mauvais dispensateur de ses grâces et de ses mystères. Ce serviteur dit en son cœur* Il ne le dit pas en termes exprès, mais il agit sur ce fondement, et il le dit par ses œuvres. Mon maître tarde : malheureux qui croit échapper de ses mains, à cause qu'il ne frappe pas d'abord, et qui s'estime heureux, à cause qu'il retarde son dernier supplice. Il bat les serviteurs et les servantes. Il abuse de son pouvoir, il les maltraite quelquefois en les frappant véritablement, ce que saint Paul défend, en disant que l'évêque ne doit point frapper ni être violent; à quoi il faut aussi rapporter les injures et les duretés qu'il leur dit, qui sont une espèce de plaie à la réputation, et à la vie de l'honneur. Hais le grand coup que donne ce mauvais économe à ses compagnons, c^est
154 LÀ VIE DE N. & JÉSUS431RIST. CB. xcHI.
lorsqu'il les scandalise, car alors il trappe leur conscicnoe faible, en quoi il pèche contre Jésus-Christ^ et fait pécher sob frère , pour qm Jésus-Christ est mort. (Bossubt.)
28-29. — Mnnes-noui de votre huile. Allex plutôt è eew qui en veth dent. — Donnez-nous de votre huile. Ainsi parlent ceux qui^ sans se souder de faire eux-mêmes de bonnes œuvres, mettent toute leur espérance aux prières et aux mérites des saints. Remarquez : elles s'éTeiUent taules; toutes , elles se lèvent; toutes, elles préparent leurs lanvpes, et néanmoins cinq périssent et sont exclues du festin. Ce ne sont point des personnes vicieuses, ni insensibles ^ ni tout à f?iit sans bonnes ceuvres; elles commencent beaucoup^ et n'achèvent rien. combien périront par ce défaut I Noos n'en a\ons pas pour vous et pour nous, chacun de nous portera son fardeau au tribunal de Jésus* ttirisif. Que chacun s'éprouve soi-même, car en cette sorte il aura sa gloire en lui-môme, et non dans les autres. Car encore qu'en un autre sens', nous devions par la charité porteries fardeaux les uns des autres, néanmoins, en ce dernier jugement, chacun sera jugé, non selon les (0itvres des autres, mais selon les sriennes. Allez à ceux qui en vendent ; vous à qui Thuile manque , vous qui ne méritez pas dé véritables losanges, allez à ceux qui les vendent; aHez aux flatteurs qui, par un bas intérêt, vous feronl accroire avec tous vos vicos que vous êtes vertueux. Pendant qu'elles allaient acheter, pendant que leurs flatteurs les amusaient par la vaine opinion qu'ils leur donnaient de leur sainteté, Tépoux vint; elles vinrent tard , et la porte leur fut fermée. Elle est fermée pour ne s'ouvrir plus; et votre exclusion est fans remède. (BossufiT.)
36. Or f pendant qu'elles étaient en marche pour $'en proemer^ Vépoux arriva; celles qui étaient prêtes entrèreni avec lui dans la galle des noces, et la porte fut fermée. — Que l'exemple de ces vierges Tous rende sage. Celles dont les lampes manquaient d'huile se trourèrottt au dépourvu fuand il fallut aller an-devant de Téprax. C'est p^ur cela que l'Ëcritare les appelle iotles, parce que, cansomant àaller chercher de Tbaile tout le lewips où elles devaient avoir leut*s lampes allumées^ la porte du festin leur fut fermée, et elles se virent exilées de la compagDÎe do l'époux. En différant, comme vous le faites, d'année en année 9 de mois en mois , de jour en jour; en négligeant de iMitnir d'bute ib dooiipe «foi doit vous éclairer au momenl suprême^
CB« xciu. LÀ YIE DE N. & JÉSUS-CHRIST. i»
TOUS VOUS exposez à élre surpris au momeot où voas ne tous 7 attendrez pas; alors que, voyant en vous les principes de la vie subitement épuisés, livré à Tangoisse, au désespoir, qui vous environoerout de' toutes paris; condamné par le médecio, déjà pleuré par vos proches, dévoré par les ardeurs d'une fièvre brûlante, exhalant à peine de stériles gémissements , vous articulerez de vains sons qui ne pourront être entendus, et ne passeront que pour des rêveries. Comment, à ces derniers moments , ressusciter en vous la grâce qui seule peut assurer votre salut? Qui prendra sur lui-même de parler des secours de la religion à ce malade plongé dans un mortel assoupissement? Ses parents ne s'occupent que de la perte qu'ils vont faire; les étrange» s'en embarrassent peu ; les amis n'oseraient parler, de peur de jeter le trouble dans son âme ; le médecin lui donne encore de tromiteuses espérances. Enfin il meurt dans ce déplorable état, et la porte du ciel kii est fermée. (Saint Basile-le-Ghànd.)
31. Quelque temps aprie, les autres vierges arrivèrent aussi et se mirent à dire : Seigneur ^ Seigneur , ouvrez-nous/ — Voyez qu'elles ne sont pas de celles qui n'ont point de soin de bien faire, on qui négligent entièrement leur salut. Ce sont des vierges séparées des sens et des plaisirs ; il n'est pas dit qu'elles souillent leur chasteté ; elles ont des lampes, elles dorment à la vérité, et ne sont pas sans beaucoup de langueur, mais enfin elles s'éveillent; elles vont avec diligence acheter deThuile, elles font imparfaitement quelques bonnes œuvres, enfin elles accourent et avancent jusqu'à la porte; elles frappent même et disent : Seigneur, Seigneur! Hais tous ceux qui m'appellent Seigneur, Seigneur! n'entreront pas pour cela dans le royaume des cieux. Je ne trouve pas tes oeuvres pleines devant mon Dieu. La pénitence tardive fraope vainement, parce qu'elle n'est pas pleine ni sincère. Viendra le temps qu'encore qu'on frappe on n'entrera point. C'est ce que disait saint Jacques : Vous demandez , et n'obtenez pas , parce que vous de* mandez mal. Ce qui arrive à ceux qui demandent la prolongation de leurs jours, non pour faire pénitence , mais pour les employer à leurs convoitises. Vient enfin le dernier moment, et les hommes croient qu'on demande bien; mais celui qui sonde les cœurs , sait le contraire, et il vous renvoie avec les hypocrites et les infidèles, où il y aura des pleurs, et un cruel grincement de dents. (Bossuet.)
32. JUais répoux leur répondit : Je vous le dis en vérité ^ je ne vous
136 LA VIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. CH. xciii.
connais point. — C'est la vérité éternelle qui vous parle, et qui se prend elle-même à témoin. Vos flatteurs vous promettent tout; mais moi, je vous tiens un autre langage. Et quel langage? Je ne vous connais pas. Malgré vos bons désirs, vos volontés imparfaites, vos commencements de vertu, je ne connnais en vous ni mon image que j'avais formée, ni le caractère de chrétien, ni celui d'Iiomme raisonnable, ni rien enfln de solide, ni de véritable. Allez, je ne vous connais point. Vous n'êtes donc pas de mes brebis; car je connais mes brebis , et je leur donne la vie éternelle. Vous n'avez donc rien à prétendre, vous que je ne connais pas. Oh ! que me serviront tant d'amis, tant de connaissances! Tout le monde, toutes les cours vous louent, vous connaissent; vous avez de grandes entrées partout, mais que vous sert tout cela, si Jésus-Christ ne vous connaît pas? Cherchez pourquoi Jésus-Christ ne connaît pas ceux qui semblent le connaître si bien, et l'appellent deux fois. Seigneur, Seigneur. Cest que celui qui dit qu'il le connaît, et ne garde pas ses commandements, est un menteur. Mais il en garde une partie. Je ne vous connais pas; soyez parfait comme votre Père céleste est parfait, autrement il ne vous connaît pas. (Bosslet.)
ÉLÉVATION
Mon Sauveur l il est si doux et si consolant de penser à vous, comme à un père plein de tendresse et d'indulgence, qu'il est à craindre que souvent nous oubUions qu'à côté de cette immense miséricorde, qui est un de vos plus touchants attributs, il y a votre justice qui doit être sa« tisfaite. Nous ne faisons pas assez d'attention à cette paternelle prévoyance par laquelle, à chaque page de votre Évangile, vous nous rappelez cette vérité terrible dont les affaires, les plaisirs, les distractions de chaque jour, détournent notre cœur et notre pensée. Nous nous rassurons, parce que nous ne nous croyons pas au nombre des plus mauvais, parce qu'à certaines heures nous vous adressons quelques prières, que nous observons la lettre de la loi; mais avons-nous cet esprit qui vivifie les actions de l'homme, et leur fait produire des fruits pour l'éternité? Songeons enfin à nos seuls véritables intérêts pendant qu'il en est encore temps; écoutons cette voix divine qui nous presse de nous faire précéder au pied de son trône redoutable par des œuvres qui , nous rendant agréables à ses yeux, nous méritent d'être reçus dans la bergerie du Père de famille, à côté de ceux que leur innocence ou leur repentir à fait placer au sein de la gloire. Amen.