Demeurez en fnoi, et moi en vous
Comme le sarment ne peut de lui-même porter de fruit, s'il ne demeure uni à la vigne, ainsi ni vous non plus, si vous ne demeurez en moi.
16. Je suis la vigne, vous êtes les sarments. Si quelqu'un demeure en moi et moi en lui, il portera beaucoup de fruit; mais sans moi vous ne pouvez rien faire.
17. Celui qui ne demeure pas en moi sera jeté dehors comme le sarment , et il séchera , et on le ramassera , et on le jettera au feu, et il brûlera.
18. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez tout ce que vous voudrez, et vous Toblicndrez.
19. Ce qui glorifiera mon Père, c'est que vous portiez beaucoup de fruit, et que vous deveniez mes disciples^.
20. De môme que mon Père m'a aimé, ainsi je vous ai aimés moi-même. Demeurez dans mon amour *.
21 . Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi-mêmej'aigardéles commandements de monPère,etqûejedemeurcdanssonamour.
* f 19. En retraçant dans voire conduite les exemples que je vous ai donnés, et en vous ctlorçant de devenir semblables à moi.
• f 20. Persévérez dans l'amour que vous avez pour moi.
HKclocoinssvim vobui nt gaudiuiu meum in to* bis sit, et gaadium TM- (roip implcatur.
Hoc têi pra!Ce|)toin meam, nt ailigtlis in* Ttcem, «icat dilexi fos.
M»jorem bâc dilectionem nemo babel, ot «nima m saaiu ponal quis pro amicis suis.
Vos amici mci eslU, si fecerilis qua ego prccipio Tolis.
Jàm non dicain ros acnros, qaia scrvus nekcil qoid facial dominas ejaiL Vo^ «ulcm dixi amico», quia oicnia quscumqae andivi h Paire meo, uola Ceci vobia.
Non xoà me elegisti<, red ego clegl vos, el posui vos ul ealis, el fruelum «ITeratis, el fruclos %csler maneat : ut quodcum* que pelierilis Paliem in nomiue mco, del Tobis.
LA VIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. en. c.
^% Je VOUS ai dit ces choses , afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit accomplie.
23. Mon commandement est que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés.
24. 11 n'est point de plus grand amour que celui de donner sa vie pour ceux que Ton aime.
25. Vous êtes mes amis, si vous accomplissez ce que je vous commande.
26. Maintenant je ne vous appellerai plus serviteurs , parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître. Je vous ai donné le nom d'amis, parce que tout ce que j'ai appris de mon Père, je vous l'ai fait connaître.
27. Ce n'est pas vous qui m'avez choisi ; c'est moi , au contraire , qui ai fixé mon choix sur vous * ; et je vous ai établis pour que vous alliez , et rapportiez du fruit, et que votre fruit demeure: afin que tout*ce que vous demanderez à mon Père en mon nom, il vous le donne.
< t 27. Celte amilié n'est pas venue do vous, mais de moi ; ce n'est pas vous qui m'ovez choisi pour maître, c*est moi qui vous ai ctioisîs pour disciples. 11 8*agil ici du clioix temporel pour l'apostolat.
1. Celui qui m'aime sera aimé de mon Père, et je F aimerai moi même, et je me manifesterai à lui. — Quand sera-ce , ô Seigneur ! que vous m'admellrcz à ce secret, à celle \ue intime et parfaite de voire Père et
en. C. LA VIE DE N. S. JÉSUSCURIST. 821
de VOUS? Quaud vous verrai-je, ô Dieu, qui sortez de Dieu el qui demeurez en Dieu? Pèrel je serai heureux quand je verrai votre facel Mais votre face, votre manifestation, c'est votre Fils : c'est le miroir sans tache de votre incompréhensible majesté, de votre beauté immortelle; l'image de votre bonté parfaite; la douce émanalion de votre clarté, et l'éclat de votre éternelle lumière : en un mot, votrepensée, votre conception, la parole substantielle et intérieure par laquelle vous exprimez tout ce que vous êtes : plarfaitement et exactement un autre vous-même. Je me perds.... Je crois, j'adore; j'espère voir, je le désire, c'est là ma vie. (Bossuet.)
2. Seigneur j d'où vient que vous vous découvrirez à nouSy et non pas au monde? -^11 y a des questions que Jésus-Christ résout : il y en a où il montre expressément qu'il ne veut pas les résoudre, et où il reprend ceux qui les font. II y en a, comme celle-ci, où il réprime la curiosité par son silence; il arrête Tesprit tout court, et pour le désoccuper des recherches dangereuses, il le tourne à des réflexions nécessaires. Saint Jude entendit bien qu'il ne fallait pas pousser plus loin la question. Apprenons de ce saint apôtre à demeurer en repos, non sur l'évidence d'une réponse précise, mais sur l'impénétrable hauteur d'une vérité, et passons. Évitons cet écueil où l'orgueil humain ferait naufrage. II n'y a qu'à adorer les conseils de Dieu, et à s'arrêter respectueusement devant le silence de Jésus-Clirist. Qui veut en savoir davantage, dit saint Augustin , qu'il cherche de plus grands docteurs ; mais qu'il craigne de trouver des présomptueux. (Bossuet.)
3. Et nous ferons en lui notre demeure.— Ce qui est certain, ce qu'il faut savoir, ce qu'on ne saurait assez imprimer dans son esprit, c'est que la cause prochaine de la préférence est que Jésus-Christ et son Père se manifesteront à celui qui garde les commandements: Nous viendrons à lui et nous y établirons notre demeure. Il va toujours les affermissant de plus en plus , en les assurant de l'amour de son Pore, du sien, de la présence et de l'assistance de son Saint-Esprit; et afin de ne rien omettre , il leur dit encore : Nous viendrons en vous, mon Père et moi, nous ne nous contenterons pas de vous assister au-dehors ; nous viendrons à vous, nous y établirons notre demeure. Nous vous serons intimement unis, et cela, non point en passant, mais par un établissement permanent. Nous viendrons. Quel autre qu'un Dieu peut parler ainsi? Un simple homme, une simple créature^ quelque parfaite
»1 LA VIE DE N. S. JÉSUS-CDRIST. ca. c.
q u'on la fasse^ oserait-elle dire : Nous Yiend rons^ et s^associer avec k Père éternel pour demeurer dans le fond des âmes comme dans son sanctuaire? Nous Tiendrons à eux et nous y établirons notre demeure. Et cela qu'est-ce autre chose sinon ce qui est écrit? Vous êtes le temple du Dieu vivant^ comme Dieu dit lui-même : Je ferai ma demeure en €uxet je me promènerai au milieu d'eux et je serai leur Dieu , ils seront mon peuple. Sortez du milieu du monde ^ dit le Seigneur, et scparez-Tous ; et ne touchez point aux choses impures, et je vous recevrai, et je serai votre Père, et vous serez mes fils et mes filles, dit le Seigneur tout-puissant. Qui nous dira, quelle est cette secrète partie de notre âme dont le Père et le Fils font leur temple et leur sanctuaire? Qui nous dira combien intimement ils y habitent 7 comme ils la dilatent comme pour s'y promener, et de ce fond intime de l'âme se répandre partout, occuper toutes les puissances, animer toutes les i
actions? Qui nous apprendra ce .secret pour nous y retirer sans cesse et y trouver le Père et le Fils? Ce n'est pas là celte présence dont saint Paul dit : Il n'est pas loin de nous, car nous vivons, nous nous mouvons ctnous sommes en lui et par lui. Car cette présence nous est commune avec tous les hommes et même en un certain sens, avec tout ce qui vit et qui respire. Mais l'union que Jésus-Christ nous promet ici est une union qu'il ne promet qu'à ses amis; Qu'elle est profonde! qu'elle est intime ! qu'elle est éloignée de la région des siens 1 (Bosscet.)
6. Or ^ te ConsoïatewTy F Esprit-Saint que le Père enverra en mtm nom, von^ enseignera tontes choses , et vous rappellera tout ce que foi dit. — Quoi donc, avions-nous besoin de deux Maîtres î et Jésus-Christ ne nous suffisait-il pas pour nous enseigner ? Soyons ici attentifs à cette école intérieure, qui se tient dans le fond du cœur; Outre les enseignements du dehors , il fallait un maître intérieur, qui fit deux choses, l'une, de nous faire entendre au-dedana ce qu'on avait enseigné audehors; Tautre, de nous en faire souvenir et d'empêcher qu'il ne nous échappât jamais. Remarquons bien néanmoins que Jésus-Christ et te Saint-Esprit ne nous enseignent pas des choses diiférenles. Ecoatezrbien, fanatiques, qui attribuez à la doctrine du Saint-Esprit des choses que Jésus-Christ n'a pas dites. Il enseigne les mêmes choses, mais l'on enseigne au-dehors, et l'autre au-dedans, etlorsqu'oa dit que le Saint- Esprit enseigne au-dedans , il faut entendre que Jésos-Cbrist même enseigne aussi au-dedans, parce que c'est lui qui envoie le Saiut-E»* prit, qui est plein de loi, comme il Texpliquera bientôt Et pourquii
CH. c. LA TIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. Si3
cette doctrine intérieure est-elle attribnée an Saint-Esprit si ce n'est pour la même raison que riufusion de la charité lui est attribuée? La charité^ dit-il, est répandue dans nos cceurs par le Saint-Espril qui nous a été donné. Qu'est-ce donc qu'enseigner au Saint-Esprit, si ce n'est faire aimer la mérité que Jésus nous a annoncée jusqu'à pou- Toirdire : Qui nous séparera de la charité de Jésus-Christ? Sera-ce Taffliction , on la persécution , ou la faim? Nous sommes Tictorieux dans tontes ces teniitions, à cause de celui qui nous a aimés et qui nous a donné son amour. Et qu^est-ce que nous faire ressouvenir de ce que Jésos-Cbrist nous aura dit, sinon le tenir toujours présent à notre esprit par l'attachement que nous y aurons au fond du cœur, c'est-àdire que le Saint-Esprit nous inspire, non tant la science que Famour et que c'est par lui vérilablement que nous sommes enseignés de IMea, comme Jésus-Christ nous l'a dit? Soyons donc recueillis et intérieurs, puisque c'est au-dedans que nous parle notre docteur. Homme î où courez-TOus d'affaire en affaire, de distraction en distraction, de visite en visite , de trouble en trouble? Vous vous fuyez vous-même, puisque vous fuyez votre intérieur, et vous fuyez en même temps le Saint-Esprit qui vous y veut parler. (Bossiet.)
7. Je ne wus donne pas comme le monde donne. — On voit des hommes à qui le moode donne amplement et souvent au-delà de leurs services et de leurs mérites ; mais en voit-on de contents? en voyezvous? en avez-vous vus? espérez-vous jamais d'en voir? Et s'ils ne sont pas contents, à quoi leur servent les largesses du monde ? Ils regorgent de bien et d'honneurs, je le veux, et il semble que le monde se soit épuisé pour les élever à une prospérité complète ; mais cependant leur cceur est-il satisfait? ne désirent-ils plus rien ? se croient-ils heureux? et dans la prospérité,, dans ce bonheur apparent trouvent-ils en effet la félicité? N'est-ce pas, au contraire, dit saint Chrysoslôme, n'estce pas dans les grandes fortunes que se trouvent les grands chagrins? et qui pourrait dire le nombre de ceux qui n'y sont parvenus que pour être plus malheureux et pour le sentir plus vivement? Le monde n'avait pourtant rien épargné pour contenter leur ambition et pour les combler de ses faveurs; mais en même temps le monde n'avait pas manqué de mêler parmi ses faveurs des semences d'amertume qui en étaient inséparaUesy et qui devaient bientôt après produire des fruits de douleur. Le monde, en les rendant puissants et opulents, leur a donné tout ce qui était de son ressort; mais il n'a pu leur donner ce rassasiement^ cette paix du cœur, sans quoi ni la puissance ni l'opulence ne saoraieni
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empêcher que leur état ne fût un état affligeant. Quelque heureux qu'ils paraissent, combien de choses leur manquent-ils pour l'être? Vous me direz qu'ils ne doivent s'en prendre qu'à eux-mêmes, puisqu'ils ne sont malheureux que parce qu'ils sont insatiables. Et moi, je réponds : Hais pourquoi, malgré les faveurs dont le monde les comble, sont-ils insatiables, sinon parce que c'est une vérité reconnue, constante, éternelle, que jamais les faveurs du monde, quelque abondantes que nous les concevions, ne pourront rassasier le cœur humain?
(BOURDALOUE
7. Je vous laisse la paix^ je vous donne ma paix; je ne vous donne pas comme le monde donne. — Tous les hommes cherchent la paix ; mais ils ne la cherchent pas où elle est. La paix que fait espérer le monde est aussi difTérente et aussi éloignée de celle qui vient de Dieu, que Dieu lui-même est différent et éloigné du monde : ou plutôt le monde promet la paix, mais il ne la donne jamais. Il présente quelques plaisirs passagers, mais ces plaisirs coûtent plus qu'ils ne valent, Jésus-Christ seul peut mettre l'homme en paix. Il l'accorde avecluiméme, il lui soumet ses passions ; il borne ses désirs, il le console par l'espérance des biens éternels, il lui donne la joie du Saint-Esprit» il lui fait goûter cette joie intérieure dans la peine même : et comme la source qui la produit est intarissable, et que le fond de l'âme où elle réside est inaccessible à toute la malignité des hommes, elle devient pour le juste un trésor que personne ne lui peut ravir. La vraie paix n'est que dans la possession de Dieu, et la possession de Dieu ici-bas ne se trouve que dans la soumission à la foi et dans l'obéissance à la loi. L'une et l'autre entretiennent au fond du cœur un amour pur et sans mélange. Éloignez de vous tous les objets défendus; retranchez tous les désirs illicites; b^^nnissez tout empressement et toute inquiétude; ne désirez que Dieu, ne cherchez que Dieu, et vous goûterez la paix ; vous la goûterez malgré le monde. Qu'est-ce qui vous trouble? la pauvreté, les mépris, les mauvais succès, les croix intérieures et extérieures? Regardez tout cela, dans la main de Dieu, comme de véritables faveurs qu'il distribue à ses amis, et dont il daigne vous faire part ; alors le monde changera de face pour vous, et rien ne vous ôlera votre paix. (Fénblon.)
7. Que votre cœur ne se trouble point et n'appréhende point. — Considérons toutes les raisons par lesquelles le Fils de Dieu bannit le trouble que devait causer la mort. Premièrement, s'il s'en va, c'est pour nous préparer la place dans la maison de son Père. Ses
en. G. LA TI£ B£ N. S. JÉSUS^HRIST. 225
disciples le peuvent suivre, et en leur disant où il va, il leur montre aussi le chemin pour y parvenir. Il leur apprend où ils pourront voir le Père dont la vision leur suffit, dans la possession duquel ils n'ont plus rien ni à désirer ni à craindre. Secondement, quoiqu'il les quitte, il n'en sera pas moins leur protecteur, et ils peuvent tout obtenir en son nom. Loin que son absence leur nuise, il fera pour eux et par eux de plus grandes choses qu'il n'avait jamais faites. Troisièmement, en les quittant, il leur promet un consolateur invisible qin' adoucira leurs peines, et leur gravera dans le cœur toute sa doctrine; touchés de Tamour qu'ils auront pour sa personne , ils garderont sa parole. Enfin, il ne les quittera pus ; en les quittant, il viendra à eux et il y viendra avec son Père, et ils établiront leur demeure dans leurs âmes, ce qui les fera jouir dans le fond du cœur, au milieu des persécutions et des tentations d'un imperturbable repos , et de cette paix qui surpasse tout sentiment, toute pensée, toute intelligence. Après cela on peut conclure: Ne vous troublez pas, ne craignez rien.
(BOSSUET
8. Mon Père est plus grmd que moi. — Mon Sauveur, que vous êtes grand ! puisque vous avez besoin d'avertir les hommes que votre Père €st plus grand que vous. Si un autre que vous disait: Dieu est plus grand que moi, on lui répondrait : Qui eu doute? quelle comparaison y a-t-il à faire entre Dieu et vous ? C'est trop présumer de vous que de croire qu'on vous puisse mettre en comparaison avec Dieu. Mais, comme il y a en Jésus-Christ une grandeur pareille à celle de Dieu, en sorte qu'il ne craint point de ce côté-là de traiter d'égal avec Dieu, et que, dans tout le discours que nous avons oui, il montre cette égalité, il a été nécessaire de nous faire souvenir aussi de l'endroit par où lo Père est plus grand que lui, de peur qu'on oubliât qu'étant Dieu, il s'était humilié et anéanti jusqu'à prendre, non-seulement la forme d'esclave, mais encore la figure du pécheur. (Bossuet.)
9. Voilà que je vous Vai dit d'avance, afin que, quand les choses seront accomplies, vous croy/e^f.— Que vous croyiez deux choses : la première que je vois tout, qu'on ne me peut cacher ce qu'on trame dans les ténèbres. Je vois le traître disciple qui me vend, qui me va livrer, il se met à la tète de mes ennemis pour me prendre. Je sais tout ce qu'ils me feront, et qu'ils me conduiront à la mort. Je vous le dis avant qu'il arrive, afin que vous croyiez en moi. La seconde chose, c'est que vous ccoyîez que le monde ne peut rien sur moi, et que personne n'aurait
Ilf. 15
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puissance pour me livrer^ si Je ne me livrais moi-même le premier pour obéir à mon Père. Le prince de ce ifionde est arrivé; il anime les Juifs, et je les vois avancer à son instigation ; mais il n'a aucun droit sur moi. Je m'avance volontairement pour exécuter les ordres de mon Père : Judas sait le lieu où j'ai coutq^e d^aller prier, et il se sert de cette connaissance pour me surprendre ; mais il ne me surprend pas, je vois ses complots ; et quelque loin quMl soit, toutes ses paroles viennent à mes oreilles. Combien n'ai-je pas rompu de complots semblables ! Combien de fois n^ai-je pas échappé aux Juifs qui voulaient me prendre! Je pourrais encore déconcerter cette entreprise en n*allant point au jardin où Ton vient se saisir de moi; mais il est temps, mon heure est venue, et mon Père me fait voir que c'est cette fois qu'il faut que je meure. C'est Theure de mes ennemis et de la puissance des ténèbres : levez-vous, sortons d'ici; allons an-devant de ceux qui me cherchent. (Bossdet.)
13. Et mon Père rémondera, afin qu'il porte plus de fruits. — Le vigneron taille sa vigne, il la puriûe, il coupe dans le vif; et non content de retrancher le bois sec, il n'épargne pas le vert (pour lui faire porter plus de fruits) : ainsi en est-il du chrétien 1 Veux-tu porter un fruit aboudanti il faut qu'il t'en coûte; il faut retrancher ce bois superflu, cette fécondité de mauvais désirs, cette force qui pousse trop^ et se perdrait en elle-même en se dissipant. Tu crois qu'il faut toujours agir, toujours pousser au-dehors, et tu deviens tout extérieur. Non, il laut non-seulement 6ter les mauvais désirs, mais 6ter le trop qui se trouve souvent dans les bons, le trop agir, l'excessive activité qui se détruit et se consume elle-même, qui épuise les forces de Tâme et la rend superbe. Dans le printemps, lorsque la vigne commence à pousser,! on lui doit ôter même jusqu'à la fleur, quand elle est excessive. Ame chrétienne, abandonne-toi aux mains du céleste Ouvrier; coupe aussi toi-même, car Dieu t'en donnera la force; coupe non-seulement les mauvaises volontés, mais le trop d'activité de la bonne qui se repatt d'elle-même... (Bossubt.)
16. Je suis la vigne et vous êtes les branches. — La vigne ne paraît rien d'elle-même, elle rampe, elle est raboteuse, tortueuse, faible, et ne peut s'élever qu'étant soutenue; sans cela elle tombe. Mais aussi, étant soutenue, où ne s'élève-t-elle pas? Elle s'attache autour des grand arbres, elle a des bras, des mains pour les embrasser, et n'en peut plus être séparée. De ce bois, qui n'a rien d'agréable pour les
ai. e. lA VIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. flftY
yeQXy sortent des pampres dont les montagnes sont (xmronnées, dont les hommes se font des ornements de fêtes. De là sort la fleur la plus odorante : de là, le raisin et la plus délicieuse de toutes les productions d^ici-basy celle qui réjouit le cœur de Thomme. Ainsi Técorce du chrétien n'a rien que de méprisable en apparence^ et tout y parait sans force; toute la force, toute la beauté est au-dedans; et soutenu par la grâcc^ il s'éiève jusqu'à la région des plus hautes vertus. (Bossokt.)
16. Sans moi vom ne pouvez rien faire. — Nous ne pouvons rien faire d'utile au salut sans Jésus-Christ^ rédempteur et auteur de la grâce ; on ne peut rien faire non plus^ du moius rien de complet ni rien de durable, pour là tranquillité de Tordre au sein des nations, sans Jésus-Christ, législateur suprême. — La loi civile, abandonnée à elle-même, sera toujours insufQsante dans son autorité, incomplète dans ses principes ; il faut qu'un pouvoir étranger fasse vouloir ce qtf elle ordonne, et prescrive ce qu'elle n'a pas la force d'ordonner. La loi divine est pour elle un supplément et un renfort nécessaire. On prétend par la loi ciTile retenir les passions humaines! Cest une barrière qu'on oppose à un torrent : elle ne peut arrêter que les rochers qu'il roule; et quand ils seront amoncelés, ils finiront par l'entraîner elle-même. La loi divine, au contraire, est une digue insurmontable qui repousse le choc continuel des eaux, c'est Tordre que Dieu a donné aux flots de se briser sur le rivage. Les lois humaines, toujours faibles et imparfaites, montrent de toutes parts Tempreinte de la main qui les a tracées ; la loi divine est sainte, puissante, immuable, comme son auteur. Les lois les plus admirées parmi les hommes n'approchent pas plus de la loi de Dieu que les travaux exécutés par nos arts ne ressemblent à ce ciel qui célèbre la gloire de son Créateur, (de la Llzerhb.)
16. Sans moi vous ne pouvez rien faire. — La science elle-même ne peut, sans être frappée de stérilité, rester séparée du christianisme. Mais aussi raccord de la science avec la foi est, à son tour, la plus sûre garantie des progrès de Thumanité. Voyez plutôt ce que le christianisme, fécondant la science, a enfanté de prodiges dans les grands siècles de son histoire; siècles de vérilable puissance, où toutes les créations de la foi et de la charité s'harmonisent avec toutes les produc* tions du génie et de l'art; siècles de gloire et de lumière, où brillent tant de miracles, de yertus chrétiennes et d'érudition profane ; tant de monuments sacrés et d'institutions sociales^ tant de merveilles dau»
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tous les genres: chefs-d'œuvre éternels, en présence desquels rhistoire retrouve, de nos jours, tout à la fois sa pompe et sa vérité; la poésie, sa force et sa mélodie; Tart, son expression et sa grâce. El tels scion t toujours les fruits du chaste erabrassement du ciel et de la terre, de l'alliance de Tesprit de Dieu avec la pensée de Thomme, de l'accord de la scieuce et de la foi. La foi et la science, comme deux fleuves majestueux, coulent du sein de Dieu» à travers les siècles, pour fertilifer les champs de rinlelligence. Ne craignez pas qu^en se mêlant, leurs ondes célestes soient troublées dans leur coui^s ou perdent quelque chose de leur vertu génératrice : vous verrez, au contraire, que cette union doublera leur fécondité. Que la science revienne s'associer au triomphe de la religion, et la religion assurera encore le triomphe de la science. (Ms* Sidour.)
ÉLÉVATION
Ohl non, bon Sauveur, la paix que vous nous laissez ne ressemble pas à celle que donne le monde. Il ne sait que dire à Torgueil : Élèvetoi; à la haine: Venge toi ; à Tamour des plaisirs : Jouis. Et ces passions sans cesse renaissantes, et toujours inassouvies , remplissent de trouble et de perpétuelles agitations , le coeur qui s^abandonne à leurs inspirations perfldes. Qu'il en est bien autrement de l'âme qui demeure dans votre amour I Elle lutte, il est vrai; mais quelle paix, quel calme, quelle joie pleine et entière accompagnent la victoire qui suit ce combat incessant contre le monde et contre nous-mêmes. D'ailleurs si notre âme est fermement flxée en vous, mon Dieu! pourquoi craindrions-nous l'issue de cette lutte à laquelle seule est promise la couronne de gloire? N'êtes-vous pas tous les jours au milieu de nous, notre Père, notre conseiller , notre ami? N'est-ce pas vous qui nous prêtez votre secours, qui encouragez notre zèle, qui soutenez notre cœur? Seigneur, nous serons au nombre de vos amis, car nous voulons, quoi qu'il nous eu coûte, accomplir ce que vous nous commandez : coupez, retranchez tout ce qui pourrait un jour être pour nous une source de larmes, et nous empêcher de jouir avec vous de toutes les richesses, de toute la gloire, de tout le bonheur des cieux.