‹ La vie de n. s. Jésus-Christ: ou les saints évangilesChapitre 88 sur 179 · Jésus leur répondit : Maintenant vous croyez · texte numérisé non relu

Jésus leur répondit : Maintenant vous croyez

18. Voici venir l'heure, et déjà elle est venue, où vous fuirez tous chacun de son côté, et me laisserez seul, bien que je ne

* f 14. Je suis sorti de mon Père co prenant ane forme humaine; je sais sorti de sa majesté et de sa ^oirc pour descendre dans la pauvreté et l*abjcction. Saint Paul a dit : Lui qui avait la nature de Dieu, s'est anéanti lui-même en prenant la forme d'enclave et se rendant semblable au\ hommes.

^ t ^6« Puisque vous avez coonu que nous voulions vous interroger; puisque vous avez pénétré nos désirs.

' f 16. Ces paroles indiquent un accroissement de foi, et non un commencement. jii. 1G

en. cii.

•ccîpiel», Qt francUmi fertram sil plennm.

H«c in prorerbii» loeatus fain vobis. Venit hora cùm jàm non in proTerbib loqaar Tobit, teà palàoi de Patra an* nmtJabofobM;

In illo dî« in nonina m«o petetb; et non dico Tcbis qiiia ego rogabo Pal rem d« Tobii :

Ipse enbn Pater amai Toa, qoia tos me aaft&tia, et creditliatia qoia ego k Dao eiif i.

Eiiflk Pâtre, «t vani in miindnm ; îleriitn reiioqno mnndnin, el vado ad Pabrem.

Diront ai dîscîpolî ejoa ; Eceè none paihoi loqneris, et proverbium Bollum djci«.

Nane scinins qoîa acls omnia, et non opot est tibi Dt qub le inlerrogel :

in hoc credimos qoia à Deo eibli.

Bcspondil eU lefos ;

HoUd creditis?

Eccè Tenil hora, et j'im Tcnit, ol dispeff;a* mini onusqnisque in propria, et me solum relin-

242 LA YIE DE N. S. JÉSUS CHRIST. CH. en,

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quia Paler merum e«l, * r m.

moi*.

H.SC rocoiu. «m vo. 19. Jc VOUS 31 (Rt CCS choses, afin que

bis, Qt 1X1 lue paccm har '

SJr'am" ^abeî^îr;^^ VOUS aycz k paîx Gii ffloi. Vous trouverez con^ dite, ego fiûi»«. ^^^^ j^ moudc la tribulation; mais ayez

confiance, j'ai vaincu le monde*'.

* t ^8. Parce que monPèrt est aveo moi, (|a'il est dans moi, ot que mon Père et moi ne faisons qu*un; et que, si je le priais, il m'enverrait douze légions d'anges et plus.

* f 19. J'ai vaincu le démon, le péché, les tentations, la mort, en souffrant tout avec patience.

6. Vous pleurerez et vous' gémir es, et le monde se réjouira; et vous» vous serez dans la tristesse , mais votre tristesse se changera en joie. — Tout ne finit point avec la vie présente : je n'en veux pour preuve que les afflictions des saints. Non , Dieu ne laisserail pas sans récompense, et sans une récompense abondante, les peines et les travaux de ses amis fidèles, qui, pendant leur vie, ont passé par miUe épreuves, ont été ex{)osés à miUe pérUs. Il est donc certain qu'il a préparé une autre vie, plus heureuse et plus brillante, dans laquelle il doit couronner ces athlètes de la vertu, et les proclamer vainqueurs à la face de tout Tunivers. Lorsque vous voyez un Juste affligé, persécuté, accablé d'înfirmîtés et de besoins, terminer sa vie dans les mêmes afflictions et les mêmes souffrances, dites-vous à vous-même : il y aura une résurrecUon et un jugement; sans cela. Dieu n'eût pas laissé partir de ce monde, sans aucune récompense, des hommes qui ont tant souflert pour lui. Oui, il leur a préparé une vie plus douce et beaucoup plus heureuse que la vie présente : sans cela, il n'eût pas versé les bi ns sur les impies, tandis que beaucoup de justes n'avaient en partage que les maux et les disgrâces. Mais comme il a disposé un autre ordre de choses dans lequel il doit traiter chacun selon son mérite , punir les crimes et recompenser les bonnes œuvres, c'est pour cela qu'il permet que l'homme de bien vive dans la détresse, et que le méchant quelquefois nage dans les plaisirs. (Saint Jean-Chrysostôme.)

6. Le monde se réjouira^ et vous serez dans la tristesse. — Telle est la destinée du chrétien; mais, d'une part, vous ne voulez rien souffrir;

CB. en. LA VIE DE N. 8. JÉSU^CHRIST. S4S

de Tautre, tous désirez être de tontes les fêtes da inonde, et prendre part à toates ses joies. Déchirez donc les pages de l'Évangile où il est écrit : Le inonde se réjonira ; vons, tous serez dans les pleurs. Si nous partageons les joies du monde, il est bien à craindre qu'un jour nous ne partagions aussi ses gémissements. Pleurons, au contraire, tandis qu'il est dans la joie , pour nous réjouir à notre tour quand il sera dans les larmes. Lazare, an sortir de la vie, est reçu en triomphe au sein d'Abraham; le mauvais riche est plongé dans un étang de feu. Voilà Fallernative qui compense les maux et les biens de cette vie : il faut choisir... Vous serez furivés des biens et des honneurs du monde) consolez-TOtts : d'autres joies et d'autres tionneurs vous altendenty non sur la terre, mais dans le ciel. (Teetullien.)

6. Votre tristesse se changera en /oie.— Pourquoi vouloir être ingrat au point de ne pas reconnaître tant de différents plaisirs que Dieu a faits pour vous, ou de les regarder comme insuffisants? Quelle plus douce jouissance que celle de se voir réconcilié avec Dieu notre père et noire maître; d'avoir connu la vérité, découvert ses erreurs, et obtenu la rémission de tant de crimes laissés après soi dans la vie passée? Quel plus grand plaisir que l'éloignement du plaisir lui-même , que le mépris du siècle, que la jouissance de la vraie liberté, que le calme d'une bonne conscience, que la sainteté de la vie et l'exemption de toute crainte au sujet de la mort? Quelle satisfaction que de fouler aux pieds ces faux dieux qui tenaient la terre asservie et de vivre toujours pour le Dieu véritable ! Voilà des plaisirs dignes de ce nom ; voilà les spectacles des disciples du Christ, spectacles innocents, perpétuels, et qui ne coûtent rien. Voilà pour vous les jeux du cirque et les nobles exercices de votre pèlerinage ; considérez-y le siècle dans sa course rapide, le temps qui se précipite comme un fleuve impétueux; supputez les distances, voyez le terme où tout doit aboutir; prenez-y le parti des sociétés chrétiennes; animez-vous à la vue de l'étendard céleste; éveillez-vous au bruit de la trompette de l'ange; aspirez à la glorieuse palme du martyre. Êtes- vous sensibles à l'attrait de la science, aux charmes de la poésie? Nous avons assez d'autres livres que ceux des païens, assez de beaux vers, assez d'admirables sentences, assez de cantiques, assez de chœurs de musique. Au lieu de fables grossières; nous avons des vérités saintes ; au lieu d'une vaine enflure de paroles, nous avons une simplicité sublime. DeiSandez-vous des combats, des luttes, des victoires? Le christianisme vous en offre encore, et en grand

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nombre : voyez Timpureté abaltue par la continence, la perfidie vaincue par la bonne foi, la cruauté surmontée par h miséricorde, Tinsolence atterrée par la modestie. Voilà les combats des chrétiens, voilà leurs victoires. Voulez- vous encore du sang répandu? vous avez celui de Jésus-Cbrisi lui-même. ' (Tertullien.)

8. Et vous aussi maintenant vous êtes tristes. — - Tant que Tâme n'aura pas dé|)osé^ à la porte du cîel> tout le fardeau des terrestres vertus; tant quil ne sera pas venu ce moment où elle sera libre enfin, même de Fespérance^ Tâme captive ne connaîtra que des joies souffrantes l L\illégresse de la terre soupire, son bonheur pèse; et^ pour qui connaît à fond cette vie, le plus grand miracle de la communion est de la rendre légère. Ces ravissements de Tamour, mêlés de tristesse, donnent, dans ce moment solennel^ à la physionomie une expression sublime. Celle de la joie Test rarement; celle de la joie est si fugitive et si fausse, qu'elle semble bien souvent communiquer à la figure humaine je ne sais quoi de Tair d'un insensé. La douleur, au contraire^ ennoblit presque toujours la physionomie. Mais Tinstinct de ma destinée primitive^ froissé par ce contraste, cherche une autre dignité que celle du malheur. La vraie condition de Thomme est la réparation de sa misère, et sa figure ne revêt son plus beau caractère terrestre que lorsqu'elle est l'expression de ce mystère de douleur et de grâce, lorsqu'elle reçoit l'empreinte d'une joie divine descendue dans Fabime de nos soufi'rances. Contemplez les traits de ce chrétien qui adore en lui son Sauveur : ne diriez-vous pas que si cette bouche, fermée par le recueillement, s'ouvrait tout à coup, une voix en sortirait, essayant, d'un ton plaintif encore, le cantique des cîeux? Elle chanterait comme un ange gémit, elle gémirait comme chante un mortel. (Ms^Gerbet.)

9. Ce que vous demanderez à mon Père en mon nom, il vous le donnera. — Après avoir jeté sur l'humilité et la dépendance les fondements de la prière, il en explique la vertu. Quiconque veut donc prier, il doit commencer par se mettre véritablement et intimement dans le cœur cette parole : Vous ne pouvez rien sans moi, rien, rien encore une fois, rien du fout. Car c'est pour cela qu'on prie, qu'on demande, parce qu'on n'a rien, et, par conséquent, qu'on ne peut rien, ou pour tout dire en un mot, qu'on n'est rien, eu matière de bien , un pur néant. El c'est pourquoi il a dit qu'on ne doit^rier et qu'où n'est ouï qu'au nom de Jésus-Christ, ce qui montre qu'on n'est de soi-même qu'un néaut;

en. Cil. LA VIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. 2S5

mais qu'au nom de Jésus-Christ on peut tout obtenir. Or, cela enferme deux choses. L'une , que quelque prière qu'on fasse, on n'est point écouté pour soi , mais au nom de Jésus-Christ. L'autre, qu'on ne peut ni on ne doit prier par son propre esprit, mais par l'esprit de Jésus- Christ, c'est-à-dire non-seulement selon que Jésus-Christ l'a enseigné en ne demandant que ce qu'il veut qu'on demande, mais encore en reconnaissant que c'est lui-même qui forme en nous notre prière, par son esprit qui parle et qui crie en nous. Autrement il ne serait pas véritable, et nous n'entendrions pas comme il faut cette parole qui est le fondement de la prière : Sans moi, vous ne pouvez rien. D'où il s'ensuit que sans lui, nous ne pouvons pas même prier, conformément à celte parole de saint Paul : Vous ne savez ce que vous devez demander par la prière ni comment vous devez prier; mai^ l'Esprit prie en vous avec des gémissements inexplicables. Mais en même temps que, pour prier, on se met dans l'esprit bien avant cette première vérité : Je ne puis rien : Sans moi, vous ne pouvez rien , on doit encore s'y en mettre une autre : Je puis tout avec celui qui me fortifie ; je ne puis rien sans Jésus-Christ ; je puis tout avec Jésus-Christ et en son nom. C'est pourquoi on entend toujours dans les prières de l'Église cetle conclusion aussi humble que consolante : Par Jésus-Christ notre Seigneur : humble, parce qu'elle confesse notre impuissance; consolante» parce qu'elle montre en qui est notre force. Et cela s'étend si loin, que lorsque nous interposons envers Dieu les intercessions et les mérites des saints, même ceux de la sainte Vierge, nous y ajoutons encore cette nécessaire conclusion : Par Jésus-Christ notre Seigneur, par où nous confessons qu'il n'y a de mérite, ni de prière, ni de dignité dans les saints, à quelque degré de gloire qu'ils soient élevés, que par Jésus- Christ et en son nom. (Bossust.)

10. JDemandeZy et vous recevrez.-— La prière n'est pas encore échappée de nos lèvres, que déjà le Seigneur l'a inscrite dans le livre de vie* Nous pouvons compter ou qu'il nous accordera ce que nous lui demandons, ou qu'il nous donnera ce qu'il saura nous être le plus avantageux ; car souvent nous ne savons pas ce qu'il faut demander Alors, prenant en pitié notre ignorance, il uous refuse par bonté ce qu'il vaut mieux que nous ne recevions pas, ou du moins que uous ne recevions pas sur-le-champ. Hais noire prière ne reste pas sans fruit. Et telle est la bonté de Dieu à notre égard, que, si nous lui demandons par ignorance une chose qui ne nous servirait de rien, il

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refuse ce que nous désirons, et nous accorde quelque cbose de meilleur. (Saiot Bsrnabs«)

li. Je ms êorti de mon Pirej et je tuis f>enn dans le monde ; maintenant je quitte le monde, et je retourne à mon Pire. ~ Notre-Seigneur dit cette belle parole en la personne de ses fidèles, aussi bien qu^en la sienne: je puis même ajouter qu'elle nous conirient, en un certain sens, plus qu'à Jésus-Christ; puisque^ vivant sur terre^ il était déjà avec son Père, selon sa divinité, et que^ même selon sa nature humaine, son âme sainte en voyait la face. Il était toujours avec lui; et dans un temps où il semblait encore éloigné de retourner au lieu de sa gloire avec son Père, il ne laissait pas de dire. Je ne suis pas seul : mon Père, qui m'a envoyé, et moi, sommes toujours ensemble. C'est donc à nous, qui sommes vrai/nent séparés de Dieu, après être sortis de ses mains pour passer en ce monde, c'est à nous surtout à dire : Je quitte le monde, et je m'en vais à mon Père... je quitte le monde. Domaines, possessions, palais magnifiques, séjours enchanteurs, pourquoi voulezvous m'arrêter? vous tomberez un jour, ou si vous subsistez, je ne serai plus moi-même pour vous posséder : adieu, je passe, je vous quitte, je m'en vais, je n'ai pas le loisir d'arrêter. Et vous, plaisirs, honneurs, dignités, pourquoi étalez-vous vos charmes trompeurs? Je m'en vais ; vous ne m'êtes plus rien. Mais où allez-vous? Je vous l'ai dit, je m'en vais à mon Père : c'est la seconde raison de hâter mon départ. Le monde est si peu de chose, que les philosophes l'ont quitté sans même savoir où aller. Mais moi, je sais où je vais : je vais à mon Père. Que craint un enfant, quand il va dans la maison paternelle? Ce malheureux prodigue, qui s'était perdu en s'en éloignant, et qui s'était jeté en tant de péchés, en tant de misères, trouve une ressource en disant : Je me lèverai, et je retournerai chez mon père. Prodigues, cent fois plus perdus que celui de l'Évangile, Jésus-Christ vous apprend à dire, non pas. J'irai à mon Père, mais. J'y vais, je pars à l'instant. Allez donc, marchez! Quand le monde serait aussi beau qu'il s'en vante et qu'il parait à vos sens, il le faudrait quitter pour la beauté de Dieu et de son royaume. Hais maintenant que le monde n'est rien, comment pouvez-vous hésiter î (Bossuet.)

19. Vous trouverez dans le monde la tribulation. —Aujourd'hui, grâce au ciel, nous jouissons d'une paix profonde: les princes et les magistrats, soumis au joug de la foi, rendent témoignage à la vérité; les peuples, les villes, les nations, tous ont abandonné Terreur, et

€H. on« LA VIE DE N. S. JÉSUS43BIS1!. M7

adorent le Fils imiqae dn Trës-haat Mais daus les oommeocements de la prédication, abrs que Jes semences de 1» foi Tenaient d'être jetées, on vit s'allumer dans relise une infinité de guerres de différentes espèces. Princes, magistrats, amis, parents, tous s'étaient déclarés contre les fidèles ; la nature même était déclarée contre la nalnre : plus d'une fois le père livra son fils; la mère, sa fille; le mattre, son esclave: car non-seulement les villes et les contrées, mais les familles mêmes étaient divisées entre elles, et il régnait partout des discordes, plus affreuses qu'aucune guerre civile. Les biens étaient pillés, la liberté enlevée, la vie exposée aux plus grands périls, non par les incursions des barbares, mais par les édits des princes euxHnêmes devenus les ennemis mortels de leurs sujets. A ces persécutions violentes et continuelles se joignirent bientôt des scandales parmi les fidèles, des disputes, des contentions, des jalousies; et cette guerre intestine était encore plus cruelle que l'autre tant pour les maîtres que pour les disciples. Que dirons-nous des combats que l'homme doit soutenir contre lui-même pour pratiquer la vertu? Que de peines encore I que de fatigues 1 Ce n'était pas par un chemin doux et facile que les apôtres conduisaient les fidèles, mais par une voie rude, hérissée de difficultés, et un esprit d'abnégation, de vigilance, et d'attention continuelle sur soi-même. Aux guerres du dehors, aux frayeurs du dedans , à ce qu'il en coûte pour pratiquer la vertu, ajoutons pour quatrième difficulté l'inexpérience de ceux qui avaient à soutenir ces rudes attaques. «Les apôtres ne trouvèrent pas des hommes à qui leurs pères eussent transmis les vertus religieuses; mais des hommes jusque-là livrés aux passions honteuses, à tous les excès de Tintempérance, et qui entraient alors poar la première fois dans des luttes si difficiles. Voilà pourquoi lésus-Christ dit à ses apôtres qu'ils trouveront dans le monde la tribulatioA.

(Saint Jean-Chrysostôve.)

t9. Vous trouverez dans le monde la tribulation. — Qu'est-ce en effet que ce monde, autre chose qu'un champ de bataille où nous sommes sans cesse aux prises avec l'ennemi du salut ; obligés de lutter éternellement contre les traits qu'il nous lance de toutes parts? C'est l'amour des richesses, c'est la volupté, c'est l'emportement, c'est l'ambition qui nous attaquent; ce senties plaisirs des sens et les séductions du siècle qui nous font une guerre sans relâche. L'âme assiégée, investie de tous côtés par un ennemi posté autour de chacune de ses issues, a peine à les garder, et plus encore à ne se laisser pas entamer. Vous domptez l'avarice, la cupidité s'élève; vous venez à bout de celle-ci, l'ambition la

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remplace; tous satisfaites rambition, la colère s'enflamme , Forgueil se gonfle, rintempérance parle à vos sens, Tenvie tous empoisonne de ses préventions, la jalousie absorbe vos sentiments. On veut vous contraindre à blasphémer contre la loi divine, à jurer contre votre conscience. Voilà les persécutions que chaque jour amène avec lui.

(Saint Gtpribn.)

ÉLÉVATION

Nous sommes-nous jamais bien pénétrés de Texcellence et de la puissance de la prière? Avons-nous songé que par cette élévation du cœur, ce silence de l'âme pieuse en présence de la divinité , tout faibles, tout mortels que nous sommes, nous conversons, nous nous entretenons avec Dieu. A toute heure , en toule circonstance , même sans que la bouche fasse entendre les moindres sons , on peut prier, pourvu que le cœur, appliquant sa pensée aux besoins sans nombre qui Fassiégent, dirige vers Dieu tous ses désirs et toutes ses espérances. Ce Dieu bon lit au fond des âmes, et ce que la parole est pour les autres hommes , notre pensée l'est pour lui. Oui , bon Sauveur, nous prierons votre Père en votre nom , comme vous nous y invitez si tendrement; nous croyons qu'il entend avec bienveillance la parole du juste qui prie avec vous; mais nous comprendrons aussi qu'être exaucé n'est pas toujours obtenir ce qui fait Tobjet de notre prière. Nous sommes trop bornés peur distinguer ce qui nous est bon; le présent nous touche trop, l'avenir fait trop peu d'impression sur nous, et cependant Faveuir est tout, et le présent n'est rien. En répandant notre cœur devant vous, Seigneur, nous vous demanderons avant tout l'exécution de votre volonté, toujours meilleure, toujours plus éclairée que la nôtre. Amen.

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