‹ La vie de n. s. Jésus-Christ: ou les saints évangilesChapitre 92 sur 179 · SS · texte numérisé non relu

SS

mmâam, et ego mUi M» in mundom.

El pro eifl ego mocIîfico meipsom ; al tint et ipsi sanctificati in veritale.

Roa pro e» antem rogo laniùm, »cd et pro ci» qui credHuri tant per Tcrbnm eorom in me;

Ut omncs onom sint, »icot lu, Paler, in me et ego in te, ut et ipsi in Bobis unora tint, nt credal muoJua quia lu me

Fà ego clarilatem , «)tiam ticilisli mihi, dedi eu; ut aint onam, aient et noa unum aomns.

Ego in ris, et ta in ne ; ot sint conanonroati in unam, et cognoacat ■niindaa qnia tu me mi* aisii, et (Ulcxi>li cm, aient et me dilexiali.

Pater, qnoa dedisti mihi, al ubi su m- rgo, «l illi sint mrcum; nt f Ideanl clarilatem lueam

LÀ VIE DE N. S. JÉSUS-€HRIST. cD. cm.

monde, je les ai moi-même envoyés dans le monde.

<9, Et je me sanctifie moi-môme pour eux, afin qu'eux aussi soient sanctifiés dans la vérité.

20. Je ne prie pas pour eux seulement, mais aussi pour ceux qui, par leur parole, croiront en moi.

21 . Afin que tous ensemble, ils ne soient qu'un ^, comme vous, mon Père, êtes en moi et moi en vous ; qu'eux-mêmes ne soient qu'un en nous, et qu'ainsi le monde croie que vous m'avez envoyé *.

22. Et la gloire que j'ai reçue de vous, je la leur ai donnée , afin qu'ils soient un comme nous sommes une même chose.

23. Je suis en eux et vous en moi , afin qu'ilssoicntconsommés dans l'unité, et que le monde connaisse que vous m'avez envoyé, et que vous avez eu pour eux ici-bas le même amour que vous avez eu pour moi.

24. Mon Père, ceux que vous m'avez donnés, je veux qu'où je suis ils y soient avec moi : afin qu'ils voient ma gloire,

* f ^i. Jésus-Christ demande ici pour oeax qui croiront en lai ane quadraple unité : !• qu'ils soient un, n'ayant tous qu*un cœur et qu*une àme, comme i' Écriture ledit des premiers clirétiens; S® qu'ils soient un par la profession d'une même foi, ne parlant tous, à ce sujet, qu'un seul et même langage, sans division, sans schisme; 3^ qu'ils soient un avec leur chef invisible, lui demeurant attachés comme le sarment ft la vigne ; qu'ils soient un avec leur chef visible (Pierre et ses successeurs tur le siège de Rome), à qui seul ont été remises les clefs du royaume des cieuz.

* i ti, C'-€St-à-dirc afin que cette union des enfants de Dieu, formée par la foi et par la charité, oblige le monde, tout incrédule qu'il est, d'avouer que la religion de Jésns-Ghrist est l'ouvrage de Dieu, et que Jésus-Christ lui-même est le Fils de Dieu et Dieu comme son Père

CH. xuii. LA VIE DE N. S. J£SnS-GHRIST. ns

qaâmdciibtiiiiib!; qoi. glolfe ouG VOUS m'avcz donnée, parce que

dtleiiiti me anie consti- «-> a * a

tDiionemmoiidi. y^yg m'avcz BÎmé avant la création du

monde.

»c»^':;îrvn "g?^^^^^^ 25. Père juste, le monde ne vous a point î:rr;«ia'mmêC connu *. Mais moi , je vous ai connu; et

ceux-ci ont connu que vous m avez envoyé- EinotamMeUBo. 26. Et je Icur ai fait connaître votre

men tan m, et notom fa- *

i'Jîïi\«ef/riiL^râ^^^^^ ^^^ ; j® continuerai de le faire: afin que ego » ipe:«. Tamour dont vous m'avez aimé soit en eux,

et que moi-même je sois en eux.

* ^ 25. Le monde ne vous a point connu comme Père, ne connaissant pas votre Fils.

1. Mon Père, V heure est venue. — Je me sens élevé à je ne sais quoi d'intime que je ne puis pas bien expliquer à moi-même. Il me semble que rintention secrète de Jésus-Cbrist est celle de former toute son Église^ et de s'offrir lui-même intérieurement et extérieurement en sacrifice pour cela. Mon Père, l'heure est venue où se doivent accomplir les prophéties touchant Feffusion de votre Esprit sur tous les peuples, et cette grande glorification qui doit vous être donnée en ramassant votre peuple de toutes les nations. Glorifiez votre Fils^ en le ressuscitant de la mort^ et en répandant sa parole dans toute la terre, en y formant la société où doivent être renfermés tous vos amis^ tout vos élus. Glorifiez donc votre Fils de cette sorte ^ en lui donnant une Église qui porte son nom ^ qui soit TÉgiise chrétienne, et le recueillement intérieur et extérieur de tous ceux qui se glorifient d^être ses disciples. C'est la gloire que vous donnerez à votre Fils, et qui en même temps retourne à vous, 6 mon Père, puisque votre Fils vous rapporte tout... La gloire qu'il donne à son Père, c'est de déclarer son immense et naturelle grandeur; la gloire qu'il lui demande, c^estque son Père déclare aussi la grandeur dont il jouissait éternellement dans son sein comme son Verbe, qui , étant en lui, ne pouvait rien être moins que lui, et qui était, par conséquent, un seul et même Dieu avec lui. Il le prie donc de déclarer cette grandeur, en la répandant ur l'humanité qu'il sY^tait unie, comme faisant avec lui une seule

SM LA TiE THE N. S. JÉSUS-CHRKT. cv sni»

et même personne; et sur toas les hommes qu'il s'était unis, cam^mi ses membres Yiyants. Et c'est tout le fond de sa prière, comme la suite le fait paraître. (Bossuet.)

i-2. Mon Père, glorifiez votre Fils^ afin que votre Fils vous glorifie^ et... qifil donne à tous ceux qu'il a reçus de vous la vie éternelle. — Quand Jésus dit à son Père quMl donne la vie éternelle à tous ceux qu'il lui a donnés, il se fait égal à lui. Lequel est le plus, ou le Père qui les donne au Fis , ou le Fils qui leur donne la vie éternelle? Mais quand il dit qu'il donne la vie éternelle, exclut-fl le Père? A Dieu ne plaise! Ainsi, quand il dit que le Père est le seul vrai Dieu, il ne s'exclut pas lui-même; mais il fait entendre qu'il est un seul vrai Dieu avec son Fils, qui donne avec lui la vie éternelle , et qui est avec lui la vie éternelle. Et sMl nomme le Père le seul vrai Dieu, on voit bien que c'est sans s'exclure lui-même, puisqu'il s'attribue à lui-même ce qu'il y a de plus divin, qui est de donner la vie, et d'être la vie; et sans exclure le Saint-Esprit, qui est si souvent appelé ailleurs un Esprit sanctifiant et vivifiant. El tout est compris dans le nom de Père, selon \

ce langage mystique, ou en nommant le Père, qui est le principe, on nomme fout ce qui est renfermé en lui, comme dans la source commune. On nomme donc tcHrt ensemble et le Fils et le Saint-Esprit; en sorte que quand il dit que son Père est le seul vrai Dieu, et que la vie l

étemelle est de connaître le Père et le Fils , il insinue que tous deux >

ensemble, avec le Saint-Esprit, qui procède d'eux, sont un seul et même vrai Dieu, à l'exclusion des faux dieux, à qui on donne ce titre incommunicable. Voici donc le sens entier de ce verset : la vie éternelle est à vous eonnaitre, vous qui êtes la vérité même, et à connaître votre Fils, qui, comme Dieu, étant avec vous la vérité et la vie, comme bonmie est le miKeu pour aller à vous. (Bossubt.)

L Mon Pire, fai accompli Pœmre que vons m'aviez donnée à faire. •^Chacun de nous doit se mettre en état d'en dire autant au jour on il faudra rendre compte. Je dois regarder ce qui se présente à faire chaque jour selon Tordre de Dieu , comme Touvrage dont Dieu me charge , et m'y appliquer d'une manière digne de Dieu , c'est-à-dire avec exactitude et avec paix. Je ne négligerai rien , je ne me passionnerai sur rien, car il est dangereux ou de faire Tœuvre de Dieu avec négligence , ou de se l'approprier par amour-propre et par un faux zèle. Alors on fait ses actions par son esprit particulier, et on les fait

CR. cm. LA YIE DE N. S. lÉSfJS-GHHIST. S55

mal ; on se piqne, on s'échauffe, on Tcut réussir. La gloire de Dieu est le prétexte qui cache Tillusion. L'amour-propre déguisé en zèle se contriste et se dépite s'il ne peut réussir. Dieu ! donnez-moi la grâce d'être fidèle dans Faction et indifférent dans le succès. Mon unique affaire est de vouloir Totre Tolonté et de me recueillir en vous^ au milieu même de ce que je fais : la vôtre est de donner à mes faibles efforts tel fruit qu'il vous plaira; aucun^ si vous ne voulez. (Fénblon.)

6. J'ai manifesté votre nom à des hommes que vous avez séparés du monde, et que vous m'avez donnés. Ils étaient à vous, et vous me les avez donnés. — La première vérité qui parait dans les paroles de Jésus- Christ, c'est que ceux que le Père donne à son Fils^ il les a tirés du monde : J'ai, dit-il, manifesté votre nom^ vos perfections^ vos grandeurs, vous-même, votre sagesse, vos conseils, et encore votre nom , ce nom de Père qui n'avait point encore été révélé parfaitement; je Tai manifesté aux hommes que vous m'avez donnés en les tirant du monde. Ils y étaient donc; ils en étaient de ce monde, dont il est écrit : Le monde ne Ta pas conuu, et encore : N'aimez pas le monde ni tout ce qui est dans le monde, parce que tout ce qui est daus le monde est concupiscence de la chair, ou concupiscence des yeux,, ou orgueil de la vie. Ce qui est ramassé dans ce seul mot de la même épître : Tout le monde est gisant, plongé dans le mal ; tout y est mauvais, tout y consiste en malignité : Totus mundus in maligno positus est. C'est donc de ce monde, et du milieu de la corruption et du péché, que Dieu a tiré ceux qu'il a donués àson Fils. Ce n^est point pour leurs mérites, pour leurs bonnes œuvres, qu'il les a tirés, séparés, démêlés du monde. Voilà une première vérité, que tout homme que Dieu a donné à Jésus-Christ était dans la corruption, dans le mal, dans la perdition. Et quand il dit. Us étaient à vous , il ne veut pas dire. Us étaient à vous par leurs vertus, ils étaient à vous par leur bonne volonté; mais ils étaient à vous par la vôtre, non par leur choix, mais par le vôtre, non parce qu'ils étaient bons , mais parce que vous Tétiez, vous mon Père, qui les choisissiez pour me les donner. (Bossust.)

6. Ils étaient à vous, et vous me tes avez donnés. — Mais le Fils ne les a-l-il pas donnés lui-même? D'où vient donc qu'il disait dans le chapitre précédent : Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, c'est moi qui vous ai choisis. Et quand le Père les a choisis, sr ce n'est pas par le Fils qu'il a fait ce choix, saint Paul aurait-U dit: Que Dieu nous a choisis en lui et par lui, autrement il ne serait pas véritable que nous

25$ LA VIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. en. cm.

lui devrions tout, puisque nous aurions été choisis sans lui? Entendons donc que le Père inspire à l'âme sainte de son Fils fait homme de choisir ceux qu'il devait choisir, et le Fils qui ne fait rien que ce qu'il voit faire à son Père, les choisit après lui, et le Père ne veut pas que son choix ait son effet jusqu'à ce que le Fils y soit entré. Hais le Fils qui de son côté ne fait rien que selon qu'il voit la volonté de son Père, ^ choisit ceux qu'il yeut. Ainsi le Père qui dirigeait, animait et inspirait

la volonté de son Fils, était le premier qui choisissait, et c'est pourquoi le Fils dit : Us étaient à vous, et vous me les avez donnés. Et que dironsnous du Fils comme Dieu ! Ces bienheureux choisis de Dieu n'étaientils pas à lui comme au Père? Oui, sans doute, comme il dit après : Tout ce qui est à vous est à moi , et tout ce qui est à moi est à vous. Mais c'est son langage ordinaire de tout rapporter à son Père , de qui il tire lui-même son origine, et encore, selon ce sens, ils étaient au Fils dès là qu'il étaient au Père. Tout leur est commun ; et tout venant du Père au Fils, tout lui est aussi rapporté. C'est le langage mystérieux et sacré de sa mutuelle communication avec son Père, en un mot, le langage de la Trinité, que Jésus-Christ n'aurait point parlé devant les hommes s'il ne les voulait introduire dans ce secret par la foi, pour un jour les y introduire par la claire vue. Croyons donc, et nous verrons.

(BossuetO

j 7-8. Maintenant ils savent que tout ce que f ai reçu vient de vous, qui

me Pavez donné. Les paroles que vous m'avez donné de dire, je les leur

I ai dites^ et ils les ont reçues^ et ils ont vraiment connu que je suis sorti

de vous. — U parle de ceux qui étaient actuellement avec lui. Judas s'était retiré incontinent après la cène, et n'avait aucune part au discours qui avait suivi. Ce traître s'étant retiré pour consommer son crime et ensuite aller en son lieu, on pouvait dire véritablement de tous ceux

i qui étaient présents, qu'ils avaient reçu la parole et qu'ils avaient

connu que Jésus-Christ était sorti de Dieu. Car ils venaient de lui dire : Nous croyons que vous êtes sorti de Dieu, qui est la même parole que Jésus-Christ répète ici, et il semble avoir approuvé comme véritable ce qu'ils lui disaient alors, en leur répondant : Vous croyez maintenant? modo creditis? Hais encore que cela soit vérilable jusqu'ici, et que les apôtres ne se soient pas encore démentis, il semble que Jésus-Christ les regarde non-seulement dans l'état où ils étaient, mais encore, et beaucoup plus dans celui où ils allaient être incontinent après la descente du Saint-Esprit. Et de même que lorsqu'il dit : Qu'il a consommé l'ou-

CB. cm. LA VIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. ±h7

vrage que son Père lui a ordonné , il ne parlait pas seulement de ce qu'il avait fait jusqu'alors^ et regardait principalement ce quil allait faire^ qui éîait la plus essenlielle partie et la consommation de ce grand ouvrage ; ainsi tout ce qu'il dit de ses apôtres regai*de principalement Tavenir. Et en effet cette parole qu'il dit ici : Us ont connu véritablement, semble regarder quelque cho?e de plus parfait dans la foi que Tétiit douteux et chancelant où étaient alors les apôtres, qui dans un moment allaient tomber, non-seulement dans la faiblesse de s'abandonner, mais encore dans une entière incrédulité. C'est aussi ce que Jésus- Christ lui-même vouait de leur répondre , après qu'ils lui eurent dit: Nous croyons que vous êtes sorti de Dieu; vous croyez maintenant? leur avait-il dît; l'heure est venue que vous allez être dispersés et que vous me laisserez seul, comme s'il eut dit, Vous appelez cela croire? Est-ce croire que d'être assez faibles pour me quitter dans un moment? Est-ce là connaître vraiment que je suis venu de Dieu ? Une foi si vacillante méritait-elle cet éloge de la bouche du Fils de Dieu, Ils ont vraiment connu que je suis sorti de vous? (Bossuet.)

9. C'est pour eux que je prie; je ne prie point pour le monde. — Je ne prie pas pour les hommes vains, amoureux d'eux-mêmes , qui ne veulent que paraître bons et se trompent les uns les autres, car tout cela c'est le monde. Je ne prie pas pour ce monde plein de haine, de jalousie, de dissimulation, de tromperie; pour ce monde dont les maximes sont toutes contraires à la vérité, à la piété, à la sincérité, à l'humilité, à la paix. monde, la vérité te condamne ici, et Jésus-Christ t'exclut de sa charité; mais plutôt tu t'en exclus toi-même, et tu te rends incapable du grand fruit de sa prière, qui est cette parfaite unité qu'il demande pour ses apôtres, et pour tous ses autres fidèles. Le monde porte corruption et division, parce qu'il porte concupiscence, intérêt, avarice, orgueil, et tout cela ne corrompt pas seulement, mais encore divise les cœurs. Et c'est pourquoi il ne faut pas s'élonner si Jésus-Christ dédaigne de prier pour le monde. Ce n'est pas en vain qu'il parle ainsi, lui qui est si bon, si charitable; ce n'est pas en vain (|u'il BOUS dit qu'il ne prie pas pour le monde ; il faut que nous entendions combien nous devons haïr le monde , et l'esprit du monde dont Jésus-Christ ne veut pas se souvenir, lorsqu'il prie pour ses fidèles.

(BOSSUÊT.)

11. Afin qu*ils soient un comme nous. — Ce n'est pas assez qu'ils soient un comme le Père et le Fils dans la nature qui leur est commune, m. 17

tSS LA VIE DE N. s. JÉSUS-CHRIST. m. cm

de même que le Père et le Fils sont un dans la nature qui leur est commune, nuiis qu'ils aient^ comme eux, une même volonté, une même pensée, un même amour, qu'ils soient donc un comme nous. Ce comme ne fait pas descendre l'unité du Père et du Fils jusqu'à Timperfection de la créaturei ainsi que les Ariens se l'imaginaient; mais, au contraire, il relère Timperfeclion de la créature jusqu'à prendre, autant qu'elle peut, pour son modèle Tunité parfaite du Père et du Fils. QuUIs soient un comme nous, c'est donc à dire que nous soyons le mo* dèlede leur union, non qu'ils puissent jamais atteindre à la perfection de ce modèle, mais néanmoins qu'ils y tendent, de même que lorsqu'on nous dit : Soyez saints, comme je suis saint, moi le Seigneur Totre Dieu; et encore: Soyez parfaits, soyez miséricordieux comme Totre Père céleste est parfait et miséricordieux; nous entendons bien qu'il ne nous appartient pas d'être saints, d'être bons, d'être parfaits^ dans la transcendance qui convient à lanatnre ditine; mais seulement qu'il nous appartient d'y tendre et que nous devoosnousproposerce mo* dèle pour en approcher de plus en plus. Ainsi qu'ils soient un comme nous, c'est-à-dire qu'ils le soient, s'avançant aujourd'hui etaprès, et tous les jours de plus en plus à cette perfection, et y avançant d'autant plus infatigablement qu'on ne peut jamais atteindre au sommet Car plus on avance, plus on connaît la distance, et elle parait de plus en plus infinie, et on s'abaisse, et on s'humilie jusqu'à l'infini, jusqu'au néanL

(B06SUBT.) 21. Que tous ensemble, ils ne fassent qifnn ; ^^ comme eous, manr Père, ites en moiy et moi en vous, qu'eux-mêmes ils soient un en nous. — Jusqu'à quel point devons-nous donc nous aimer, et quelle est l'étendue du saint précepte de la fraternité chrétienne? Écoutez , Jésus- Christ va vous l'apprendre. Il aurait pu nous dire simplement que nous sommes les membres d'un même corps; et alors qui de nous n'aurait pas dû se rappeler ces paroles de saint Paul, que quand une partie de notre corps souffre, toutes les autres compatissent à sa souffrance? Il aurait pu se borner à nous apprendre que nous sommes tous des soldats enrôlés sous le même étendard ; et alors qui de nous n'aurait pas dû craindre de troubler l'harmonie de la sainte milice! Il aurait pu sans doute s'en tenir au grand précepte qu'il nous a tait de nous aimer comme il nous a aimés lui-même; et alors qui de nous aurait donc pu ne pas sentir que la plus faible atteinte à la fraternité est un vrai sacrilège! Mais tant de comparaisons sensibles ne lui suffisent pas, il faut qu'il cherche dans le ciel ce modèle de charité qu'il veut élablir sur la terre; il s'adresse à son Père , et lui demande..

ai. oflu LA YiE I» N. a. jAsus-camisT. tt»

quoi, cbréti€D8Î qve FabondaDce de la paix sVlère sons son règne T Non^ ce n'est point assez; quoi î que noas soyons unis comme les séraphins le sont entre eux dans la Jérusalem céiestet Non, c'est trop peu encore. Ah 1 que celai qui a des oreilles écoute , et que celui qui a de rintelligence comprenne ! il lui demande que nous soyons unis , ou plutôt que nous soyons un comme il est un avec lui. sainte union 1 ô sainte unité des fldèles ! ô ineffable charité de la loi chrétienne ! qui nous dira donc maintenant toute la perfection dont tu portes Tauguste empreinte? charité suréminente, dont la yéritable mesure est de D*àToir point de mesure r (Db Boulogne.)

21. Cemmê «our, mon Pire, éles en moi el moi en vous. — Ces façons de parler réciproques , dont la propriété et la force sont de marquer une parfaite égalité, sont familières à Notre-Seigneur. Ici il ne se contente pas de dire à son Père : Vous êtes en moi , s'il ne dit en même temps : Je suis en vous. Un peu au-dessus : Tout ce qui est a moi est à vous. Et incontinent après : Tout ce qui est à vous est à moi. En un autre endroit : Personne ne connaît le Père, si ce n'est le Fils^ et réciproquement: Personne ne connaît le Fils> si ce n'est le Père. Toole»^ manières de parier naturelles au Fils de Dieu , pour marquer son unité parfaite avec son Père, et traiter en toutes manières d'égal avec lui; en sorte que s'il semble recevoir de son Père quelqw avantage , en (Usant : Voue êtes en moi, il le lui rend en disant : Et moi en vous. Ce sont paroles de société, d'égalité, d'ur nité parfaite; c'est un langage qui n'a lieu qu'entre le Père et le Fils , entre le Fils et le Père. L'avantage est égal des deux côtés , en tont et partout. La gloire de recevoir n'est pas moindre que celle de donner. Celui qui donne, reçoit, parce qu'il reçoit dans son sein ce Fils unique à qui il donne, et s'il lui était inégal, il recevrait en luimême quelque chose qui , lui étant inférieur , ne serait pas digne de lui. Tout fils est égal à son père par la nature, et c'est là le propre d'un fils. Que s'il y a quelque inégalité entre ces noms de père et de fils parmi les hommes, c'est que le flis n'est d'abord qu'un homme imparfait et commencé. Il faut ôter tout cela en Dieu, où il n'y a rien d'imparfait. Parmi nous , avoir un flls, c'est le mettre hors de soi-méiM ; en Dieu, avoir un Fils, c'est le produire et le conserver éteroettement dans son sem, comnre quelque chose d'égal et aussi parfait qne soimême.'C'est pourquoi il est unique, et il ne peut y en avoir deux. Le Fils unique qui est dans le sein du Père. Il est unique parce qu'il est parfait : il est unique parce qu'il tire tout, et épuise si parfaitement la

Î60 LÀ YIE DE M. 8. JÉSt78-CHEIST. cH. cm

fécondité^ qu'un autre n'ajouterait rien à la gloire d'être Père. Cest pourquoi il demeure dans le sein du Père, parce qu'il est digne par sa perfection d'y être toujours ; et tout immense qu'est ce sein du Père , il n'y a point de place pour un autre fils^ parce qu'on ne peut en avoir qu'un quand on Ta parfait. (Bossubt.)

23. Afin qu'ils soient consommés dans Puni té, et qu'ainsi le monde connaisse que vous m'avez envoyé. — Puisque tel est le vœu de notre divin Maître , unissons-nous donc nous tous qui avons été baptisés, et parlons tous en Jésus-Christ un même langage ; n'ayons qu'une bouche et qu'un cœur^ sans fraude, sans dissimulation, sans déguisement, sans mensonges ; éteignons eu nous tous les restes de la division de Babel. Prions pour la concorde des nations chrétiennes, et pour la conversion des nations infidèles ! Dieu 1 qu'il n'y ait plus ni Juif , ni Grec, ni Barbare, ni Scythe, mais en tous un seul Jésus-Christ, Dieu béni aux siècles des siècles 1 (Bosslet.)

ÉLÉVATION

Que vous êtes bon , mon Sauveur 1 Et pourquoi donc toutes vos paroles de tendresse et de consolation trouvent-elles si peu d'écho dans nos âmes? Quoi de plus tendre et de plus touchant que ces paroles, a Mon Père, ceux que vous m'avez donnés, je veux qu'où je suis ils y soient avec moi , afin qu'ils voient ma gloire? » Vous nous avez tant aimés, bon Sauveur, et cet amour est si persévérant qu'il semble, bien que toutes vos perfections soient infinies , que votre félicité serait incomplète si vous ne voyiez auprès de vous ceux pour lesquels vous avez souffert, et à qui vous avez fait connaître votre nom. Répondons à cet appel si tendre, sortons du funeste assoupissement danç lequel nous sommes plongés ; comprenons enfin ce qu'est Tamour de noire Dieu. Efforçons-nous de nous rendre dignes par notre foi, notre espérance et notre charité d'être du nombre de ces élus avec qui il médite de partager son bonheur et son éternité. Mon Dieu , nous vous chercherons, et nos âmes, en vous cherchant, trouveront la vie. La pensée du ciel sera toujours présente à notre esprit dans nos combats; avec elle nous sommes assurés de remporter toujours la victoire, et de parvenir à ce séjour de bonheur où vous nous attendez, pour nous servir de récompense et de couronne.

Page 1