‹ La vie de n. s. Jésus-ChristChapitre 89 sur 141 · Et s'il vient à la seconde ou à la · texte numérisé non relu

Et s'il vient à la seconde ou à la

1 t 1 . Les reins ceints, c'est-à-dire, dans un sens plus relevé, les passions retenues, comme une robe qui s*épandrait faute de ceinture. iiOrsque Vâme se répand dans les passions, elle est lâche, sans force, sans ordre, sans bienséance. (Bossuet.)

* f ^. Revenant de la cérémonie et du banquet de ses noces. Chez les Juifs les noces se faisaient le foir; le banquet avait lieu immédiatement après; et l'époux amenait chez lui son épouse vers le milieu de la nuit à la clarté des flambeaux portés par ses serviteurs. ^ Les noces dont il est ici question sont celles de Jésus- Christ avec son Église; le retour du mailre, c'est le Sauveur venant en gloire et en puissance pour juger les vivants et les morts.

' ^ 2. 11 faut être prêt au premier coup; mais à peine s*éveille-t-on au dernier, et lorsque la mort est déjà presque dan&le cœur : et alors il n'y a plus de flambeau^ plus d'attention ni de réflexion, tout est presque éteint. (Bossuet.)

* ^ 5. Le Fils de Dieu préparera à ses élus un festin éternel ; il les servira luimême en ce sens que c'est de lui que découleront les délices dont les bienheureux seront rassasiés dans le séjour de la gloire.

liA venerit, «1 ilk in* T«nerit, beat! tont lerri

Hoc aatem gcitote,

Soniam ai seiret pater nilils qoâ horft fur Tenirety vigilaret oUqne, et non aineret perfodi

CB. Llf tu

Et tw aslole parati:

^ia qiiâ horl non puta* tifti FainsLominiafeniet.

àk autum ti ^traa t Domine, ad aoa dida hanc paraWlam , mi «t ad omoea?

DisUaiiieBDcfliÎBafti Qq», pou», cat 6dclk diapanaator, et piodena, qoên cooatiMitdoininvi aoprh faDiiliamaoam, ot det illja in tempera tritifimanioram?

IBb aannu« qnem , cAm veneril dominoa, inTaocrit , Uk lacicntem.

Terè dico robt», qao* niam aoprk omnia qoas poiaidet, eoDalitoct il*

troisième veille* et qu'il les trouve ainsi veillants, heureux ces serviteurs!

5. Sachez bien que si le père de famille était averti de l'heure à laquelle le voleur doit venir, il veillerait^ et ne laisserait point percer sa maison.

6. Vous donc aussi, soyez prêts : parce qu'à l'heure où vous n'y penserez point, le Fils de l'homme viendra.

7. Alors Pierre lui dit : Seigneur, estrœ ponr nous seuls que vous dites cette parabole, ou est-ce pour tous *?

8. Le Seigneur dit : Quel est, à votre avis, l'économe fidèle et prudent que le mattre a établi sur ses serviteurs, pour donner à chacun, au temps fixé, sa mesure de froment/?

9. Heureul ce serviteur, si le mattre, à son arrivée, le trouve agissant ainsi.

1 0. Je vous dis en vérité qu'il l'établira sur tout ce qu'il possède.

^ t ^* ^^ iM ^^^^ ^ ^^^^ ^^'^ parlagée en quatre veilles de trois heores chacane. La première commençait à six heores da soir, et la quatrième finissait à six heures du matin.

* y 5. Sous-en tendu, à cette heure-là. Gr. d1l9ti b o^xo^cnr^ç iro^« fi/»oc d xJLIirits Itérai y tfprf6pn9t9 acv, xaU oCx £v ojbivt... ii noveroi potêT fumUiài quà h9râ fur V0nii, trigilavU, 9i non «trtf ... si le maître eût su à quelle heure le Toleur devait venir, Il eût veillé et n'eût point laissé...

* f !• Notre-Seigneur parlait alors à ses disciples en présence d*nne Immense multitude de peuple. Pierre, à qui TÉglisa avait été confiée, et déjà rempli d'une tendre sollicitude pour le salut de tous, tant pasteurs que fidèles, lui demandée qui il doit dans la suite transmettre la recommandation qu'il vient de faire. (TatoraTLAcn.)

* t d* Jésus-Christ ne répond pas directement à la question do saint Pierre; mais Hui insinue que son représentant , son économe sur la terre devra donner à tons Fexemple de cette vigilance dont il vient de parler. 11 devra aussi, sinon chaque mois comme chez les Juifs, du moins à des temps fixés, distribuer à tous Taliment pirituel. Voilà encore le privilège et la charge du successeur de saint Pierre sur les

CB. LXVII

Qabd st diierit servw illein con^sno : Horam facit dominus meas venire ; et cosperit percotere servos et anculas, etedere, eC biben, «t iaebriari :

Veaiet dominos servi ifiÎQS, in die qui non sperat, et horl qui net»

cit, ei dividet eoia, pat^ temque ejns cnm iofidelibus ponet

Ille antem serms, oui cognorit vdkalalain d*mini sni, et non prœipan-avil ei non fedl secundùm volnnlalem ejus, Tapulabit mollis i

Qoi aotem non cog- SàOTÎt, et fecit dign«

pl<gûi ▼spoUbit paocift.

Omni anten cni moltùm datnm est, mollùm qnairetnr ab eo ; et coi commendaTeront moltùa« plus peteat «b eo.

Igncm Teni miUere in Icrram, et qnid rtAo mt* nt aocendalur?

Baplismo aotem babeo baptisari ; et quo-

a. Mais si ce serviteur dit en luimême, Mon maître ne vient pas si tôt, et qu'il se mette à frapper les serviteurs et les servantes , à manger, à boire et à s'enivrer :

4 2- Le maître viendra un jour que ce serviteur ne l'attendra point, et à une heure qu'il ne saura point, et il le retranchera de sa famille et le reléguera avec les infidèles.

13. Or, le serviteur qui a connu la volonté de son maître^ et n'a rien préparé, ni rien fait de ce qui lui était enjoint, recevra un grand châtiment.

14. Quant à celui qui ne Ta point connue, bien qu'il ait fait des choses dignes de châtiment, il sera moins puni^. Car on exigera beaucoup de celui à qui l'on aura beaucoup donné , et on demandera plus à celui à qui l'on aura confié davantage.

15. Je suis venu jeter le feu sur la terre 2; et quel est mon désir, sinon qu'il s'allume?

1 6. Pour cela il est un baptême que moi-

siége de Borne : pastear et chef des pssleurs, il doit assigner le pâturage; économe du divin Maître, il doit distribuer le froment à toute la famille chrétienne.

* f i^ Toujours est-il qu'il sera puni, si son ignorance n'était pas invincible. C'est ce qui faisait dire au Psalmiste : Oubliez, Seigneur, les offenses que J'ai pu commettre dans l'ignorance. De là la nécessité pour nous d'apprendre la volonté de notre Maître.

t m. Beaucoup d'interprètes entendent par ce feu celui de la charité, de l'amour divin. Tertullîen et d'auires l'entendent du feu de la persécution ^ pendant laquelle le sang des martyrs devait être comme la semence d'un nombre infini de chrétiens; tel est aussi le sentiment de Rosenmuller. 11 nous semble que ce sens a bien plus de rapport avec ce qui suit.

.* w«.Sl-..ft.tW*.Jk-

SCS

tno(16 eoarctor «que i!ùui perfidatnr.

Patatlt qvàt ptcem %eni dart m terram?

Non , dico vobâ ; sed separationem t

Enint enina et hoc

3ainqae in domo anâ ivisi , très in doot « et daoin trea.

Dividenlar, pater in fillnm, «t filiu» in palrem suum , mater in filiam, el filia in matrenii socnu in nnram sDam, et norna in aocruoi foaiB*

en. LXTII.

Dicttbat aotem et td torbaa : Cùm TÎderitis nnbem orîeotem ab oc« casa, staUm didtia : Nim* baaTenit;etilàfit.

El cùm austrom flan* (cm dicitia : Qnia nstua cril; et fit

llj-pocrilc, faciem cœii et terras nôstis probare ; boc aotem tempu!« qnomodd non pro* baiis?

Qaid aalem et k Tobia ipsis non judicalis quod jiulam eat?

même je dois recevoir; mais combien il me tarde qu'il s'accomplisse*!

.17. Pensez-vous que je sois venu apporter la paix sur la terre? Non, je vous le dis, mais la division *•

1 8. Car désormais cinq personnes d'une même maison seront divisées, trois contre deux, et deux contre trois :

1 9. Le père contre le fils, et le fils contre le père; la mère contre la fille, et la fille contre la mère; la belle-mère contre sa belle-fille, et la belle-fille contre sa bellemère.

20. Et il disait au peuple : Quand vous voyez un nuage paraître au couchant, vous dites aussitôt : Voici la pluie qui vient. Et il en est ainsi.

21. Et quand le vent du midi souffle, vous dites qu'il fera chaud; et il en est ainsi.

22. Hypocrites, vous savez juger d'après l'apparence du ciel et de la terre, et vous ne reconnaissez point le temps où vous êtes*?

23. Pourquoi donc ne discernez-vous pas aussi de vous-mêmes ce qui est juste?

* f 16. En d'autres termes : Je sais ce qu'il doit m'en coûter à moi-même, que je dois être plongé dans l'ignominie et la souffrance, baptisé dans mon sang; mais, loin de redouter ce baptême , Je souffre, au contrait e, de ne pouvoir en hâter le moment.

* f 17. Les maximes de l'Évangile sont si opposées à l'esprit du monde, qu'elles ne peuvent manquer d'être une occasion de division et de querelles entre ceux qui veulent les pratiquer et ceux qui les regardent comme trop sévères.

' f S2. C'est à-dire : Vous ne reconnaissez point par ce qui se passe sous vos yeux que les jours du Messie sont arrivés?

CB. LXTII.

Cùm «olem va dis coin «dvcrurio tao ad prin* cipeiD, in via da operam liberari ab illo, ne forte trahat te ad jadiccm, et jodex tradat te exaclori, et exaclor milUt te in eazcerem.

Dico tibi : Non exiet indc, donec etlam novis- •imam minotam reddai.

Aderant aalem qni* dam ipso in tempore nnnlianles illi de Gali- IcM, quorum sasgainem Pilalns miacait ctun sacrificiis eorom.

Et respondent dixit illis : Ptttatia qnbd lit Galilaci prae omnibus Ga- Ulaeis peccalores fuerint, qoia talia paiai sont?

Noni dico vobis ; sed niai pœnitcntiam habue* ritis , omnea similiter peribilit.

Sîcat illi deoem et OGto, suprk quos cecidtt torris in Siloe , et occidit eos : putatis quia et ipai debilores fuerlnt praeler omnes bominea habitantes in Jérusalem ?

Non , dico vobis ; sed ai pœuilfînliam non rge<ritis, omnet similiter peribitis.

LA TIE DE N. S. JÉSUSCHRIST. tC9

24. Or, lorsque vous allez avec votre adversaire devant le magistrat, tâchez de vous dégager de lui dans le chemin : de peur qu'il ne vous traîne devant le juge, que le juge ne vous livre au ministre des arrêts de la justice, et que ce dernier ne vous jette en prison.

25. Je vous le dis, vous ne sortirez point de là que vous n'ayez rendu jusqu'à la dernière obole.

26. En ce même temps, quelques-uns vinrent annoncer à Jésus ce qui s'était passé touchant les Galiléens dont Pilate avait mêlé le sang avec celui de leurs sacrifices *.

27. Sur quoi il leur dit : Pensez-vous que ces Galiléens fussent plus pécheurs que tous les autres Galiléens, parce qu'ils ont ainsi souffert?

28. Non, je vous le dis; et si vous ne faites pénitence, vous périrez tous également.

29. Comme aussi ces dix-huit sur qui tomba la tour de Siloé, et qu'elle écrasa : croyez- vous qu'ils fussent plus redevables que tous les autres habitants de Jérusalem?

30. Non , je vous le dis ; et si vous ne faites pénitence, vous périrez tous également^.

* f 26. Ces Galiléens étaient des séditieux qui se réunissaient sous prétexte d'alii r offrir un sacrifice à Dieu. Pilate^ instruit de leurs projets , les fit environner ut massacrer par des soldats romains.

' f 30. Comme s'il disait : Ces Galiléens et ces ouvriers de Siloé ne sont pas Ws seuls qui mourront par le glaive des Romains ou sous les coups de la colère divine ; le même sort vous menace tous.

f • Âyex autour de vous une ceinture. — Les vêtements des Juife, étant fort longs et d'une grande largeur, devenaient embarrassante lorsqu^il s'agissait de voyager^ de travailler ou de combattre; il fallait^ pour ces exercices , les resserrer et les relever par une ceinture; et Ton disait alors se ceindre pour le voyage, pour le travail^ pour le combat. Cest en ce sens, mais dans un ordre d'idées bien supérieures, que Notre-Seigneur nous recommande d'avoir autour de nous une ceinture. Nous sommes des voyageurs sur la terre; la route qui doit nous conduire est étroite et souvent hérissée de difficultés; en outre, le terme de notre pèlerinage est caché à nos yeux ; nous ne savons pas si nous y touchons, ou sMl nous reste encore à franchir une distance plus ou moins grande ; tout ce qu'il y a de certain pour nous, c'est que le jour s'écoule avec une effrayante rapidité, et qu'après le jour, vient la nuit, où l'on ne peut plus rien faire. Il est donc absolument nécessaire, pour que notre marche ne soit pas entravée, de retenir nos passions captives , et de n'avoir en nous rien qui traîne sur la terre ou dans la fange. Nous sommes de plus les serviteurs de Dieu. Tout en marchant vers son royaume, et pour mériter d'entrer dans ce royaume si désirable, nous devons nous occuper activement de l'œuvre dont il nous a chargés : car il rejettera loin de lui le serviteur inutile. Nous devons donc aussi nous ceindre pour le travail, afin que nos passions ne nous empêchent pas de le terminer avant que la lumière du ciel nous soit enlevée. Enfin, la vie de l'homme sur la terre est une milice. Nous n'avons pas seulement à lutter contre la chair et le sang, mais encore contre les principautés, contre les puissances, contre ceux qui conduisent ce monde de ténèbres, contre les esprits de malice répandus dans l'air. Dans cette lutte encore , dans ces combats si dangereux, où tant de victimes ont déjà succombé, n'est-il pas pour nous de la dernière importance de n'être saisissables par aucun point, ni retenus par aucun obstacle ? Ayons donc autour de nous la ceinture du voyageur prudent, du serviteur zélé et du soldat qui a juré de vaincre. (B.)

1. Et dans vos mains des lampes ardentes. — Ces lampes matérielles, destinées à éclairer nos pas dans les ténèbres de la nuit, nous indiquent, dans l'ordre surnaturel, la lumière de la foi et l'ardeur ou le zèle de la charité. De même que la lampe du serviteur lui découvre, malgré l'obscurité de la nuit, la voie qu'il doit suivre, les précipices qu'il doit éviter, les ennemis qu'il doit mettre en fuite» et enfin son maître qu'il va chercher : la lumière de la foi, malgré les ténèbres

€H. Lxvii. LA YIE BE N. S. JÉSUS-CHRIST. Î71

répandues dans le monde moral par le péché, nous fait apercevoir le sentier de la vertu, les abimes qui le bordent de chaque côté, les ennemis de notre salut placés en embuscades tantôt à notre droite et tantôt à notre gauche; cette lumière bienfaisante nous fait encore découvrir notre divin Maître venant de notre côté avec son épouse qui est rÉglise, et qui nous destine une place, parmi ses élus, au festin nuptial et éternel. Ayons donc toujours entre nos mains ce flambeau salutaire, cette lampe dont nous parle Jésus-Christ ; mais qu'elle soit ardente. C'est-à-dire que notre foi doit être accompagnée de Tardeur ou du zèle de la charité. Quand j^aurais la foi jusqu^à transporter les montagnes, nous dit saint Paul> si je n'ai la charité, je ne suis qu'un airain sonnant, qu'une cymbale retentissante ; je ne suis rien. Il faut qu'en nous la charité opère par la foi , et que les lumières de la foi s'animent et s'augmentent tous les jours, et de plus en plus, au foyer de la charité. C'est ainsi que nous accomplirons cette parole du Fils de Dieu : Ayez dans vos mains des lampes ardentes. (B.)

6. Vous donc aussi, soyez prêts. — Nous devons toujours être prêts^ non seulement à recevoir et à servir en toute chose notre divin Maître, mais encore à partir immédiatement pour le grand voyage de l'éternité. Or, pour être prêt à mourir, il faut avoir arrangé ses affaires temporelles selon les règles d'une justice sévère. Beaucoup de personnes vertueuses n'attachent pas assez d'importance à cette obligation, et laissent leurs affaires embrouillées ou ne les arrangent que dans un moment où l'on n'est plus que la moitié de soi-même, où l'on n'a plus la liberté de faire les bonnes œuvres que l'on avait projetées, les restitutions jugées nécessaires, en un mot, dans^ moment où l'on ne sait plus ce que l'on tail. De là résultent souvent, après la mort, des divisions, des procès, des haines^ des vols même qu'on aurait pu éviter, et qui donnent occasion à des regrets dans l'autre vie, surtout si c'est par paresse, par négligence, par attachement au bien temporel^ par la crainte de penser à la mort, qu'on a négligé d'arranger ses affaires. Pour être prêt à mourir, il faut n'avoir rien sur la conscience; il faut avoir déclaré en confession tout ce qui pourrait vous occasionner quelque trouble au moment de la mort, présenter quelques doutes* Ce serait évidemment une très-grande imprudence que de renvoyer à la mort des éclaircissements de conscience que l'on ne pourra peut-être obtenir, soit parce qu'on sera surpris par une mort subite, soit parce qu'on n'en aura pas la pensée, la force ou la liberté. Ce n'est pas assez d'avoir confessé ses péchés, d'en avoir un sincère regret, il faut les

Î7J LA VIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. en. lxvïi.

avoir expiés, et avoir fait une sévère pénitence : sans cela, d'après renseignement de la foi catholique, on s'expose à la faire bien plus longue et plus terrible dans Fautre vie. (B.)

6. Vous donc aussi, tenez-vous prêts , parce qu^à r heure où vous n'y penserez point, le Fils de r Homme viendra. — Cette parole nous est adressée personnellemen t^ en quelque âge et en quelque rang que nous soyons. Cependant, jusqu'aux gens de bien, tous font des projets qui supposent une longue vie, lors môme qu'elle va finir. Si, dans l'extrémité d'une maladie incurable , on espère encore la guérison , quelles espérances n'a-t-on pas en pleine santé? Mais d'où vient qu'on espère si opiniâtrement la vie? C'est qu'on l'aime avec passion. Et d'où vient qu'on veut tant éloigner la mort? C'est qu'on n'aime point le royaume de Dieu, ni les grandeurs du siècle futur. 0 hommes pesants de cœur, qui ne peuvent s'élever au-dessus de la terre où, de leur propre aveu^ ils sont misérables! La véritable manière de se tenir prêt pour le dernier moment, c'est de bien employer tous les autres^ et d'attendre toujours celui-là. (Fénelon.)

8. O^el est, à votre avis, Véconome fidèle et prudent que le maître a établi sur ses serviteurs, pour donner à chacun, au temps fixé, sa mesure de froment? — Quand le riche fait l'aumône, qu'il ne se flatte point en cela de libéralité; car cette aumône, c'est uue dette dont il s'acquitte, c'est la légitime du pauvre , qu'il ne peut refuser sans injustice. Je le veux, il honore Dieu par son aumône; mais il l'honore comme un vassal qui reconnaît le domaine de son souverain et lui rend l'obéissance qui lui est due; il l'honore comme un fidèle économe qui administre sagement les biens qu'on lui a confiés, et les distribue, non point en son nom, mais au nom du maître : Fidelis dispensator, etc. Prenez garde à ces paroles, dont vous n'avez peut-être jamais pénétré tout le sens. C'est un dispensateur, mais Dieu est le Seigneur; il a l'intendance sur toute la maison, il la conduit et il la gouverne, mais c'est le Seigneur qui l'a constitué pour cela. Les pauvres font partie de celte maison de Dieu, et il y a assez de biens pour tous les membres qui la composent; il doit donc, dans une juste compensation, les leur communiquer à tous. Mais du reste , tous les besoins n'étant pas les mêmes, il est de sa prudence d'y faire attention, et d'examiner l'état de chacun, afin de lui donner une mesure proportionnée. Et parce qu'il y a des temps où les uns sont plus pressés et les autres moins, c'est encore un devoir pour lui d'y avoir égard et d'y veiller, augmeu-

tant ou diminuant les secours, selon les divers changements qui arrivent et dont il est instruit. Voilà le secret de celte égalité que Dieu^ dans la loi quil a portée pour le soulagement des pauvres, a eu en vue de remettre parmi les hommes; voilà ce qui justifie la Providence. Car quand les biens, selon Tintentioa et l'ordre de Dieu, seront ainsi appliqués^ il n^y aura plus proprement ni riches ni pauvres, mais toutes les conditions deviendront à peu près semblables. Le pauvre, qui n'a rien, aura néanmoins de quoi subsister^ parce que le riche le lui fournira; et le riche, qui a tout, n^aura pourtant rien au-delà du pauvre, parce quMl lui sera tributaire de tout ce quMl se trouvera avoir de trop^ et qu'en effet il s'en privera. (Bourdaloue.)

14. On demandera plus à celui à qui Pon aura confié davantage.

— S'il en est ainsi, que ne demandera-t-on point à ceux auxquels aura été confiée une partie du troupeau de Jésus-Christ avec la conduite des âmes? Je n'oserais affirmer qu'un homme dont la conscience est pure, et qui a su se préserver de toutes les atteintes du vice, du moins autant que le comporte l'imperfection de notre nature, ait encore tout ce quMl faut pour entreprendre de former les autres à la vertu : un si auguste ministère exige davantage. Ce n'est pas assez de n'être point vicieux : le vice est en horreur même aux âmes les plus vulgaires : il doit encore se distinguer par une vertu éminente; obéir à ce précepte de TEcriture qui lui commande , non-seulement d'éviter le malj mais encore de faire le bien; effacer de son âme toutes les impressions du vice, pour y graver à leur place les caractères de la vertu; s'élever au-dessus du reste des hommes plus encore par son mérite que par son rang et sa dignité; il faut qu'il avance sans cesse dans la voie de la perfection, sans se ralentir^ sans s'arrêter jamais; qu'il oublie le chemin qu'il a déjà fait, pour ne penser qu'à celui qu'il lui reste à faire ^ moins content de ce qu'il a déjà acquis, qu'affiigé de ce qui lui manque; qu'il ne s'enorgueillisse pas^ comme d'une grande victoire, de précéder la foule dans cette noble carrière : son rang lui impose ce devoir; mais qu'il rougisse de se voir encore si éloigné de la haute sainteté que son ministère exige.

(Saint Grégoire deNazianze.)

28. Si vous ne faites pénitence, vous périrez tous de la même manière.

— Faisons donc pénitence pendant que nous sommes sur la terre. Ici-bas, nous ressemblons à l'argile entre les mains de l'ouvrier; si le potier fait un vase, et qu'il vienne à se briser ou à se déformer entre ses mains, il peut réparer aussitôt son ouvrage; mais s'il l'a déjà

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