‹ La vie de S. Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 105 sur 201 · CHAPITRE XXXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIII

Missions faites en l'armée en l'an 1636, et

Règlements donnés par M. Vincent aux Missionnaires

qui devaient y travailler.

La mémoire est encore récente de l'irruption que rirent les étrangers l, pour lors ennemis de ce royaume, en Tannée i636, du côté de la Picardie où ils prirent en peu de temps plusieurs places, et entre autres la ville de Corbie. Comme leur armée était nombreuse, et quelle étendait beaucoup ses quartiers et envoyait ses coureurs fort avant, cela causa une alarme d'autant plus grande, qu'il y avait moins d'apparence de recevoir un prompt secours : les armées du roi étant alors occupées, ou hors le royaume, ou aux extrémités des provinces les plus éloignées. Néanmoins le feu roi Louis XIII, de glorieuse mémoire, ayant en fort peu de temps mis sur pied une nouvelle armée, la maison de Saint- Lazare eut occasion de témoigner non seulement son obéissance, mais aussi son affection à ce qui pouvait contribuer au service de Sa Majesté, ayant été choisie pour servir comme de place d'armes pour dresser les soldats nouvellement enrôlés et les mettre en état d'aller repousser les ennemis. Voici ce qu'en écrivit M. Vincent à un de ses prêtres, qui était pour lors en Auvergne, occupé à faire des missions avec feu M. l'abbé Olier.

« Paris, lui dit-il, appréhende d'être assiégé par les ennemis qui sont entrés en la Picardie, et qui la ravagent avec une grande armée dont l'avant-garde s'étend jusqu'à dix ou douze lieues d'ici. De sorte que tout le plat pays se vient réfugier à Paris. Et Paris est si épouvanté, que plusieurs de ses habitants se vont réfugier en d'autres villes. Le roi

i. Les Espagnols. Alors commentait la période française de la guerre de Trente ans.

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