NOTICE SUR ABELLY IX
devoir confier à ce vertueux ami la direction de l'Hôpital général. Il n'y avait peut-être pas dans toute l'Europe une paroisse aussi difficile à conduire que Pétait cette maison naissante. Abelly s'en acquitta de manière à faire dire que, si le choix de Vincent de Paul lui faisait honneur, il faisait honneur au choix de Vincent de Paul.
« Hardouin de Péréfixe, évêque de Rodez, ayant été nommé à l'archevêché de Paris, souhaita Abelly pour successeur et il l'obtint. Le diocèse de Rodez qui était plein de huguenots avait besoin de son pasteur : le nouveau prélat ne tarda pas à s'y rendre (1664). Il y travailla avec son activité ordinaire. Mais l'air du pays se trouva si contraire à son tempérament qu'il ne lui fut pas possible de le soutenir. Une première atteinte de paralysie annonça quelque chose de plus fâcheux ; il fallut céder au mal. Abelly prit son parti en homme qui sait les bonnes règles ■ et quand les médecins eurent jugé qu'il ne pouvait résider dans son diocèse, sans y courir risque de la vie, il jugea qu'il ne pouvait garder un diocèse où il lui était impossible de résider.
a Ses anciennes liaisons avec l'Instituteur de la Mission lui firent souhaiter de finir sa carrière dans un lieu où ce saint homme avait terminé la sienne. On lui donna dans la maison de Saint-Lazare un appartement de la dernière simplicité. Là, dégagé du tumulte et des embarras du siècle, il donnait une bonne partie de son temps à la méditation et à l'étude : ou plutôt il dirigeait ses études de manière à s'en faire un objet de méditation. De plus de trente ouvrages qu'il a publiés, il n'en est pas un qui ne tende à nourrir ou à réformer le cœur. Son Sacerdos christiamis, son Episcopalis sollicitudinis Enchiridion, sa Tradition de l'Eglise touchant la dévotion envers la sainte Vierge, ses Méditations pour toute l'année, ne peuvent partir que d'un homme qui sait l'Ecriture, qui connaît les lois du christianisme et du sacerdoce, et qui est versé dans la vie inté Heure.