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QUELQUES AL'TRES EAUX MINÉRALES CÉLÈBRES

Ces eaux fameuses de Belgique sont des plus anciennes connues ou du moins suivies en Europe, et leur vogue remonte au règne de Henri HT d'Angleterre, dont le médecin, un Italien, vint les prendre et en proclama le mérite. Marguerite de Navarre, première femme de Henri IV, s'en trouva également bien. Pierre le Grand y vint en 1717. 11 y guérit, et, en reconnaissance de cette cure, fit graver à la fontaine du Pouhon l'inscription commémorative suivante - :

Pierre l,c. par la grâce de Dieu empereur de Russie, Religieux,

heureux, invaincu,

Qui a rétabli la Discipline militaire parmi ses troupes,

Fait éclore dans ses États toutes les Sciences et les Arts.

Armé une puissante Flotte de vaisseaux par le seul secours

de ses lumières,

1 Voir le chapitre préliminaire intitulé : lu vie des eaux, où il est question de Spa.

- L'inscription est en langue latine; nous en donnons la Lraduclioa

eu Iran

augmenté ses armées presque à l'infini;

Ft <iui. ayant mis en sûreté ses Royaumes et ses Conquêtes,

Même au plus fort de la Guerre,

A quitté ses États pour voyager parmi les Étrangers;

Et, après avoir examiné les mœurs des différents peuples de L'Europe,

S'est rendu par la France, Namur el Liège, en ce bourg de Spa

Où ayant piis avec succès ses E.nix salutaires,

El particulièrement celles de la Fontaine de Gréronstère,

Il a repris ses premières forces et recouvré une santé parfaite.

Fan 1717. le 23 juillet.

Fiant retourné dans son Empire par la Hollande,

11 a tait mettre ici ce Monument éternel de sa reconnaissain e

L'an 1718.

Celte inscription singulière est gravée en lettres d'or sur une table de marbre noir, qui, avec son piédestal, sa corniche et ses arrière-corps, qui sont aussi de marbre, forme un corps d'architecture d'environ huit pieds de haut sutcinq ou six de large. Le tout est surmonte d'un grand ovale d'albâtre d'Italie, sur lequel sont gravées en ba>relief les armes impériales de Sa Majesté russienne, avec ses quartiers et attributs.

Durant son séjour à Spa, le czar retint la compagnie des gardes à cheval et quelques autres troupes que le prince de Bavière lui avait envoyées pour sa garde. Il alla plusieurs fois à pied aux fontaines, et en revint de même. Il prenait plaisir à voir travailler aux ouvrages de vernis, et il y travaillait lui-même; il acheta une quantité prodigieuse de ces bagatelles que l'on vend à Spa , et s'informa curieusement de la manière dont on les fait.

De retour dans ses États, le ezàr entreprit de mettre ses sujets dans le goût des eaux minérales. On en découvrit une fontaine près des mines d'Olonitz; et, après lavoir fait analyser et éprouver par Areskin, son médecin, il y alla lui-même passer quelque temps pour lui donner la

vogue : il y établit toutes sortes d'ouvriers eu galanteries, comme il en avait vu aux eaux de Pyrmond, de Carlsbad et de Spa; et, par cette politique, il réussit en peu de temps à faire un lieu de commerce et de plaisir d'un endroit auparavant stérile et désert.

Au nombre des princes et souverains qui ont visité Spa, il faut citer encore le roi Louis-Philippe, qui y vint jeune, avec la duchesse d'Orléans, sa mère, et qui, en souvenir du bien et du plaisir qu'ils y avaient trouvés, fit depuis tracer à ses frais une belle promenade plantée d'arbres auprès de la fontaine de la Sauvenière.

V Illustration française, ce miroir de toutes les élégances européennes, a publié sur Spa une notice à laquelle nous emprunterons quelques détails.

Ems, AViesbaden, Schwalbach, résidences délicieuses, sont principalement fréquentés par l'aristocratie du Nord. Aix-la-Chapelle est le rendez-vous assez ordinaire des joueurs hollandais, de ces demi-nababs ou fonctionnaires des Indes bataves, qui viennent perdre là leurs économies de quelques années. Spa réunit un monde d'une tout autre espèce. C'est à peine si on s'aperçoit que Spa est une ville de jeu. Des familles anglaises y passent touk' la saison en grand nombre; quelques-unes même ne quittent pas cette charmante résidence après le mois -d'octobre, c'est-à-dire quand la Redoute est fermée ; et si certains hôtels de Spa ferment leur porte pendant la mauvaise saison , d'autres restent ouverts en permanence ; l'hôtel de Flandre notamment ne cesse pas d'être fréquenté, même au cœur de l'hiver. C'est alors la saison des chasses; chasses de bois, chasses de marais; la gelinotte, le coq de bruyère, le faisan (dans quelques parcs réservés), le chevreuil, le sanglier, le lièvre, la bécasse, abondent dans les

buis et dans les bruyères qui entourent la ville presque de tous cé$es< L'écrevisse, la truite, sont abondantes dans les ruisseaux et dans les petites rivières qui descendent des montagnes, tantôt comme de rapides torrents, tantôt à lïtat de simples filets d'eau. L'hiver est long S Spa; mais il y est semé de plaisirs de tous genres pour les amateurs de la chasse, et dans l'été aucune des villes d'eaux les plus renommées n'offre au touriste des points de vue plus remarquables, des buts de promenades plus variés, des aspects plus riants ou plus sau-

L' histoire de Spa remonte à une certaine ancienneté. Les eaux étaient connues et fréquentées il y a plusieurs siècles; mais les établissements actuels et l'existence des jeux ne datent guère que du commencement du siècle dernier.

La question de la moralité des villes de jeux, au point de vue gouvernemental, a divisé profondément les écrivains et les penseurs. Les anciens évêques de Liège se rangèrent sans nul doute du côté de ceux qui prétendent qu'il vaut mieux creuser un lit régulier au torrent des passions humaines que de leur opposer une vaine digue C'était à leur compte que s'exploitait le privilège des jeux de Spa. Les habitants de cette ville avaient élevé, les uns en société, les autres séparément, des établissements ou redoutes qui payaient une redevance fixe ou des tantièmes au trésorier du prélat, et se faisaient d'ailleurs une certaine concurrence. On en comptait trois au moment de la révolution : la Redoute, le Wauxhall et le salon Levoz. Plus tard, ces trois établissements se sont réunis dans un seul intérêt , et les parts de propriétés représentées par chacun d'eux, réduites à un même nominateur, ont con-

stitué l'association d'aujourd'hui. Les actions, subdivisées à l'infini , sont réparties en un très-grand nombre de mains dans la localité même, et il y a toujours des porteurs de titres qui s'inquiètent vivement de la prospérité ou de la déveine du trente de la roulette, qui, bon an mal an, leur donne pour leur part quelque chose comme vingt ou vingt-cinq francs de revenus. Il est vrai qu'il y a aussi de gros intéressés : on cite des capitalistes de Paris et des banquiers d'Aix-la-Chapelle au nombre de ces derniers.

La Redoute est certainement le siège principal, le véritable Kursaal du Spa d'aujourd'hui. Ce vaste bâtiment, construit dans le style Louis XV, avec un escalier monumental, est situé au centre même de Spa ; deux beaux salons, dont l'un est éclairé sur la rue et sur une cour assez vaste, servent aux réceptions de tous les jours. On y lit les journaux de France, d'Angleterre, d'Allemagne, de Belgique, et les brochures en vogue.

Tous les soirs, dans le fort de la saison, on se réunit en outre dans le grand salon à l'ouest de la Redoute, salon qui tient à la salle de spectacle, et qui se relie à cette salle au moyen d'un raccord de décoration très-ingénienx. Le grand salon de Spa est d'un beau style, et la salle de spectacle, quoique fort petite, ne manque pas d'un certain caractère de majesté. De grandes cariatides supportent les trois rangs de loges. En général, on trouve à Spa un spectacle assez médiocre. Les concerts y valent beaucoup mieux que l'opéra-comique et la comédie.

Les plus brillants concerts se donnent d'ordinaire du 45 août au 5 septembre, à l'époque des courses de Spa. Ces courses, pour lesquelles le gouvernement belge, la province de Liège h la ville de Spa ont fondé des prix,

sont général emenl brillantes. Elles se terminent , el c'en esl la petite pièce, par une joute entre \<:< bidets du pays. Les bidets de Spa sont d'ailleurs des animaux fort int<;- Dtfl Ce sont des chevaux de race ardennaise, de taille médiocre, à l'encolure un peu épaisse et à la tète lourde; mais ils ont une qualité inappréciable dans ce pays accidenté : ils onl en général le pied sûr comme les mulets des Pyrénées, et sont à peu près infatigables. Ces chevaux sont loués à assez bon marché dans les temps ordinaires; on les prend à la tâche ou à la journée; mais, dans le moment des fêtes, ils se louent au poids de l'or; et on pourrait presque, avec le prix de ces riches journées de la période brillante de Spa, acheter l'animal lui-môme tout bridé et sellé. Il est vrai que ce n'est pas du côté du harnachement que nous recommanderons ces dignes bucéphales, dont les propriétaires stationnent tout le jour sur les places et dans les rues, en offrant leur marchandise aux touristes. Les résidents de Spa ont presque tous des chevaux au mois, car les promenades à pied sont à peu près inconnues dans la localité.

Les sources ferrugineuses et gazeuses de Spa sont au nombre de six , qui se nomment : le Pouhon , la Géronstèi'e, la Sauvenière, le Giwesbeck et le Tonnelet (deux fontaines).

Les pèlerinages au Pouhon sont les premiers dont on s'acquitte, les eaux de cette source coulant à deux pas de la Redoute.

Du Pouhon. on va à la promenade de Sept-Heures, qui, pendant les beaux jours, est régulièrement illuminée à la tombée de la nuit , et qui devient une sorte de boulevard de Garni, qu'anime le plus agréable concert, car une estiade est occupée chaque soir par ce qu'on appelle Vilar-

monie de Spa, orchestre d'amateurs heureusement composé et habilement dirigé.

Spa possède une école de peinture, qu'il ne faut point rendre responsable des dessins d'assez mauvais goût qui illustrent le plus souvent les boîtes et autres menus ouvrages en bois verni et peint dont Spa fait un grand commerce. Il y a d'ailleurs parmi ces petits ouvrages de véritables chefs-d'œuvre d'exécution; et, s'ils sont plus rares qu'on ne le voudrait, il faut s'en prendre à la nécessité du bon marché, qui est une condition indispensable de débit pour les boîtes de Spa, comme pour à peu près tout ce qui se vend aux amateurs de notre époque démesurément économe.

C'est près de la Sauvenière qu'on trouve le fameux Pied-de-Sai?it-Remâcle, où il suffit — c'est bien connu — qu'une femme stérile pose le pied pour devenir tout aussitôt apte à la génération.

Sous la promenade d'Orléans (celle qu'a fondée l'ex-roi des Français), on suit par mille détours, en s'enfonçant dans un vallon ombreux, un ruisseau qui reçoit les eaux ferrugineuses de la Sauvenière, et qui forme mille petits bassins et mille cascades sur des roches de pudding, et sur des fragments de marbre aux mille couleurs. Une route est tracée pour les piétons sur les bords sauvages de ce torrent en miniature, qu'on passe à diverses reprises sur des ponts en bois, jetés là comme par la nature elle-même. L'un de ces ponts se nomme Pauline; un autre s'appelle le pont Edouard, du nom de M. E. Davelouis, l'intelligent et habile directeur de la Redoute de Spa.

De la Sauvenière au Tonnelet, la route descend par une pente continue. On laisse à droite, en quittant la Sauvenière, l'hippodrome, où ont lieu les courses de juillet, situé

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dans nue plaine sur les fagnes ou fanges, à gauche de la route de Rfalmedy. Quand on a dépassé le Tonnelet, petit édifice sans importance, on se trouve en face du beau haras de M. le comte Robert de Cornelissen, qui, en outre, est aujourd'hui propriétaire de ce qu'on appelait autrefois le château de Spa, et d'une usine qui a appartenu à feu Coekerill.

Malmedy <it Stavelot, que sépare la frontière belgoprussienne, offrent aux habitants de Spa des buts de promenade qui ne sont pas sans intérêt. Non loin de Stavelot, on va visiter la cascade du Grand-Coo, formée par la chute de la Salm, qui se réunit à l'Emblave dans une vallée des pluâ pittoresques, où l'œil voit les deux rivières presque parallèles l'une à l'autre avant leur réunion, celle-ci plus élevée que celle-là de quinze à vingt mètres. De malheuheuses femmes guettent toujours à la cascade l'arrivée des voyageurs, pour leur donner le spectacle de chiens qu'on jette dans les flots bouillonnants de la petite cataracte, et qui, ballottés de roche en roche, atteignent enfin le plan inférieur. De temps en temps, une de ces pauvres bêtes trouve la mort dans ce périlleux exercice, qui. en tout cas, n'est accepté par elles qu'avec une extrême et fort concevable répugnance.

L'Emblève, qui se grossit à Coo des eaux de la Salm, traverse, deux ou trois lieues plus bas, le village de Remouchamp, célèbre par ses grottes, où des stalagmites de tout genre présentent aux yeux les formes les plus bizarres et les plus variées. On ne visite pas les grottes de Remouchamp sans danger pour l'économie de la toilette : aussi loue-t-on dans une auberge voisine des blouses ad hoc, en même temps qu'on s'y munit d'une torche de suif, indispensable i\;\u> les sentiers inégaux et glissants qu'on doit

parcourir; des cours d'eau souterrains traversent avec un bruit sourd l'intérieur des grottes. Quand une société nombreuse les parcourt, les guides y allument sur certains points des feux de menu bois qui illuminent de la façon la plus rembranesque les formes fantastiques qui descendent du plafond des voûtes jusqu'au sol, où elles semblent avoir pris racine.

De Remou champ à Spa, on fait route à travers de vastes et arides bruyères, qui donnent une idée assez exacte de l'aspect d'une grande partie des Ardennes belges.

Quant aux propriétés des eaux de Spa, et en général aux mérites de ce riant séjour thermal, nous ne saurions mieux les résumer qu'en citant une épître consultative que le savant et spirituel docteur Isidore Bourdon adressait en réponse à un malheureux hypocondriaque qui. à bout de remèdes, implorait l'aide de sa science et de son coup d'œil médical.

« Allez à Spa, écrivait-il ; la ville de Spa est belle à voir, bien bâtie ; elle abonde en édifices curieux ou magnifiques. Située au pied d'une montagne escarpée qui l'abrite contre les vents du nord, elle est comme enclavée dans l'immense foret des Ardennes. Sans ses eaux, Spa ne serait qu'une obscure et triste bourgade que le beau monde délaisserait : car le sol de cette contrée est d'une stérilité affligeante. Mais telle est la célébrité des sources qu'on y rencontre, qu'à cause d'elles et par elles toutes les jouissances de la vie se sont comme acclimatées et concentrées dans leur voisinage. Là se trouve réuni tout ce que les capitales ont de commode, tout ce qu'elles ont d'élégant, de confortable et de somptueux :

Là viennent tons les ans, exacts au rendez-vous, Des vieillards énervés, un jeune essaim de fous.

Spectacles, redoutes, wauxhall, jeux publics, fêtes suis fin, liberté pour s'isoler connut' pour se produire, tout est à Spa de môme qu'à Paris ou àNaples. La maison Levoz réunit à elle seule les prodigues fantaisies du Palais- Royal... On \ trouve même de l'eau très-pure pour les ajes domestiques, circonstance qui est assez rare, je dois vous le dire, au voisinage des sources minérales.

« La ville de Spa fait partie des Pays-Bas; elle est à neuf lieues do Liège e! à dix lieues <i'Aix-la-Cliapelle; elle était comprise dans ce qu'on nommait autrefois le département do l'Ourtbe : de belles routes rendent l'accè< de Spa facile.

Quant aux eaux minérales, elles sont gazeuses, ferrugineuses et salines, et participent à la fois de celles de Forges et de Vichy. Elles renferment du gaz acide carbonique, dont la proportion varie selon la source; elles renferment aussi des carbonates de fer, de soude, de chaux, d'alumine et de magnésie; du muriate et du sulfate de soudé, de même que de la silice, quoi qu'en dise le célèbre Bergmann. Elles sont limpides, pétillantes, couvertes de bulle> de gaz carbonique, et souvent aussi d'une pellicule irisée. La saveur en est ou aigrelette ou astringente, et plusieurs des sources ont une odeur fétide, la Géroiistère, par exemple. Les longues pluies altèrent ces eaux, qui deviennent alors insipides, la pluie leur ayant fait perdre une grande partie de leur gaz; mais elles contiennent alors beaucoup plus de silice et plus de carbonate de chaux.

i On se baigne peu à Spa ; on se contente de. boire les eaux à la source, et chaque espèce de tempérament a sa spurca appropriée à sa nature. Voici, au reste, quelles sont les principale- :

« Le Poitlion ou Puits-Carré est la seule de- fontaines

de Spa qui occupe l'enceinte de la ville. Ce n'est pas la source la plus gazeuse de ce lieu, mais c'en est la plus saturée de principes salins, la plus ferrugineuse. Elle est froide comme les autres sources (8° R.), et ne convient qu'aux constitutions robustes, aux personnes peu susceptibles, et néanmoins peu sanguines. Les eaux du Pouhon sont les seules qui, de Spa, puissent se transporter au loin sans détérioration sensible.

« La Géronstère ou le Puits-Rond, à environ une lieue de Spa, est moins saturée de sels et encore moins gazeuse que la précédente, mais froide ainsi qu'elle ; l'odeur en est fétide. On la prescrit aux constitutions affaiblies, aux estomacs délicats. — En boisson et... autrement, elle a souvent tué des vers lombrics, des ascarides et des ténias. C'est, après le Pouhon, la source la plus célèbre de Spa.

« La Sauvenière, située à une petite lieue de Spa, sur le flanc de la montagne, tout près d'un petit bois, est peu saturée de sels, peu ferrugineuse, mais presque aussi gazeuse que le Pouhon. L'eau de la Sauvenière convient surtout aux femmes : elle excite la menstruation , tarit les leucorrhées, produit une sorte de quiétude et de bienêtre; et puis elle est isolée de la ville et voisine d'un bois : toutes circonstances qui expliquent la réputation dont elle jouit contre la stérilité. Les gens superstitieux assurent qu'elle n'a tout son effet qu'autant que les dames malades appuient leur talon, pendant qu'elles boivent, dans une petite fosse surnommée le Pied-de-Saint-Remâcle. — Cette source passe aussi pour un excellent préservatif contre les fausses couches.

« La Groesbeck diffère peu des deux sources précédentes ; toutefois elle contient moins de fer et plus de gaz que la Sauvenière. — Maladies du foie et de l'estomac,

telles sont les principales conjonctures où l'on en prescrit l'usage.

« Enfin, les deux Tonnelet*, dont l'eau est aigrelette]

piquante et comme vineuse. Ce sont les sources les plus gazeuses de Spa. On préfère l'eau des Tonnelets comme boisson de table; on la boit pure, ou mêlée au vin, ou édulcorée avec divers sirops. Elle excite l'appétit, accélère la digestion et dispose à la gaieté. Elle convient aux hypocondriaques et aux convalescents, de môme qu'aux jeunes gens énervés par des excès. — Toutes ces eaux, prises avec profusion, ont souvent produit l'ivresse, et quelquefois pis encore, principalement cbez des personnes jeunes et sanguines.

« Les eaux de Spa doivent être prescrites dans l'épuisement, quelle qu'en soit la cause ; dans les engorgements intérieurs et les flux chroniques, et aussi contre les vers et contre la pierre et la gravelle. Mais elles seraient dangereuses dans la phthisie, dans l'épilepsie, aussi bien que dans tout état de fièvre, d'inflammation, de cancer ou de pléthore.

« On pourrait se baigner à l'établissement placé près des Tonnelets; mais presque toujours on ne se baigne qu'après avoir quitté Spa, soit à Aix-la-Chapelle, soit à Fontaine- Chaude, aux environs de Liège. »

Quatre mois après, le malade écrivait :

« Vous aviez raison ; Spa m'a enchanté et presque guéri. »

Quant à Fontaine-Chaude, ou plus communément Chaud-Fontaine, dont le nom vient d'être prononcé, ce sont des eaux situées dans le petit village de ce nom, à deux lieues de Liège, et à trois ou quatre de Spa. Le site •■ii est délicieux. Ces eaux sont douces, sans grande sa-

veur, et à pe-ine chargées de quelques particules gazeuses ou salines. Elles s'emploient surtout en bains. L'effet en est calmant, et la température de trente à trente-deux de-

grés centigrades,

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