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EU ET LE TRÊPORT

dis les entourages empanachés des deux grandes maison* de Bourbon el Lorraine. L'empereur, à son tour, en visitant le Tréport, prend fantaisie du château d'Eu el le réunit, après l'avoir fait visiter par M. Fontaine, aux domaines de la couronne.

En 1814, k' château fut rendu à la famille d'Qrléans. En 1821, L'ex-roi des Français y revint pour la première fois. C'est à deux lieues de cette résidence, au château de Lamotte, qu'il avait été élevé. Aussi l'un di premiers ordres lut-il de conserver, à quelque prix que ce fût, l'ancien château, et, depuis cette époque jusqu'à la fin de son règne, Louis-Philippe a toujours montré une prédilection marquée pour cet historique séjour.

Le parc, dessiné par Lenôtre et agrandi par le dernier propriétaire, est beau et vaste; le plan offre une certaine analogie avec celui du Luxembourg; les pelouses et les parterres décrivent une ellipse au pied de la façade, en contre-bas d'une allée d'arbres où sont admis les promeneurs. A l'autre extrémité du jardin réservé, le terrain ombragé s'accidente et s'abaisse par une pente rapide jusqu'au niveau de la rivière qui borde le parc. D'autres bras moindres du même courant sillonnent le parc, et de grandes pièces d'eau forment, avec de petits îlots empanachés de saules pleureurs, des archipels stagnants et verdâtres d'un aspect assez hollandais. Sur la terrasse qui termine le jardin, du côté de la mer, est un belvédère d'où la vue embrasse toute la plaine comprise entre les deux falaises, le village de Mers, les mâts et les agrès des nariresà l'ancre dans la Bresle, et la silhouette singulière de la haute église du Tréport.

L'ornement caractéristique et la principale curiosité du château d'Eu sont, étaient du moins, la riche collection

de portraits historiques, dont la première idée et la fondation appartiennent à Mademoiselle, qui avait fait transporter dans cette résidence les peintures du château de Ghoisy1. Ace premier fonds, elle ajouta un grand nombre de portraits des princes des maisons de Lorraine et de Bourbon, et de la plupart des personnages célèbres du dix-septième siècle. Cette collection, continuée par ses successeurs, et devenue ainsi l'une des plus complètes qu'il fût possible de réunir, échappa, au moins en partie, à la fougue iconoclaste de la Terreur; et, distraite du château d'Eu en 1793, elle y fut rendue dès Tan Y. Le duc d'Orléans la fit restaurer par le conservateur de ses tableaux, M. Bélot. J'imagine, toutefois, que bon nombre de ces précieux portraits fut détourné de la galerie, soit pendant la Terreur, soit à d'autres époques : la plupart ne sont plus représentés maintenant que par d'assez mauvaises copies, et je répugne à croire que Mademoiselle se fût contentée de pareilles toiles. On reconnaît d'ailleurs le goût peu sévère de ce temps-ci dans les portraits contemporains.

Toutes ce< toiles étaient répandues à profusion, el comme au hasard, dcns les diverses salles du château. Les murs de certains appartements en étaient garnis jusqu'au plafond. A dater de la fin du seizième siècle, on peut dire que toute la France et l'Europe illustres furent là. Elles

1 Le château d'Eu, Frappé de mainmise par les décrets »lu 13 janvier 18.Y2, a mi. dit-on, depuis, son mobilier et sa riche galerie de tableaux dispersés. C'est une grande perte pour Eu, 1 1 aussi pour le Tréport. Cette circonstance regrettable ne donnera, nous l'espérons, que plus d'intérêt à ta description, aujourd'hui historique, de ce château, tel qu'il taisait naguère l'ornement et la fortune de la ville, et les délices des baigneurs.

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