SAINT VICTOR
Ce pontife était Africain de naissance, et son père se nommait Félix. Il succéda, en 185, au pape Eleuthère. Sous son administration, l’Eglise de Rome vit s’accroître encore la tranquillité dont elle avait joui dans les derniers jours de son prédécesseur. L’insouciance de l’empereur Commode avait déjà laissé ralentir la persécution; elle cessa totalement grâce à l’influence bienfaisante qu’exerça sur son esprit l’affranchie Marcia, qu’il affectionnait. Mais la paix continuait d’être troublée au dedans par les hérésies, dont le flot montait toujours. Victor, qui avait un sens droit et des connaissances, sut repousser les avances des montanistes et démêler un précurseur d’Arius dans la personne d’un certain Théodote, qu’il retrancha de la communion. La question du jour où devait être célébrée la Pâque, question qui avait été agitée entre le pape Anicet et saint Polycarpe, se ranima sous le pontificat de Victor. Il tint à cet effet, en 195, un concile à Rome, et chargea l’évêque Théophile d’en assembler un autre à Césarée ; des deux côtés, on adopta la même décision, en fixant la célébration de la fête au dimanche qui suivrait le quatorzième jour de la lune de mars. Plusieurs Eglises d’Asie furent d’un avis contraire et prétendirent qu’il fallait conserver l’ancienne coutume judaïque. Victor les menaça d’excommunication si elles refusaient de se soumettre ; mais, sur les observations de saint Irénée, il n’alla pas plus loin que la menace.
Saint Victor mourut en 197, et eut Zéphyrin pour successeur.