SAINT SAMSON
C’était un de ces missionnaires sortis des écoles qu’avaient fondées chez les Anglo-Saxons saint Germain d’Auxerre, et, à son exemple, saint Iltut. Né vers 485, dans le pays appelé aujourd’hui Glamorganshire, il fut élevé au sacerdoce en 512 parDubrice, évêque de Caërleon, et se retira ensuite dans la solitude, auprès d’un anachorète nommé Amon. En 516, il alla visiter les communautés d’Irlande, reprit
Fig. 166. — Les septs saints de Bretagne : Samson, Malo, Brieuc, Corentin, Pater, Tugdual et Paul. Fac-similé d’une gravure sur bols des Chroniques de Bretagne, XVP siècle.
quelque temps sa vie solitaire, et fut ensuite ordonné évêque par Dubrice (520). Peu après, il passait en Armorique avec Amon, saint Magloire et saint Malo, pour y prêcher les idolâtres, dont il convertit un grand nombre. Il fonda deux monastères, l’un à Dol où il établit son siège épiscopal, l’autre à Carfantin, dont il donna le gouvernement à saint Magloire, qu’il avait désigné pour lui succéder. Au concile de Paris, de 557, où il assista, il se fit remarquer par son extrême humilité, signant les actes en ces termes : « Moi, Samson, pécheur, j’ai signé. » Et pourtant il avait le titre d’archevêque, qu’il
tenait du pape Pelage; ses successeurs furent pendant longtemps métropolitains de la Bretagne. Il mourut en 565, laissant de nombreux disciples qui continuèrent son œuvre apostolique.
SAINTE MARTHE
Elle était la sœur de Lazare et de Marie de Béthanie, et l’une des saintes femmes qui suivirent le Sauveur dans ses prédications à travers la Judée. Le Seigneur affectionnait particulièrement cette famille : sachant donc que Lazare venait de mourir, il vint vers Béthanie. Quand Marthe apprit son arrivée, elle se porta à sa rencontre, et lui dit : (( Seigneur, si vous aviez été là, mon frère ne serait pas mort; mais je sais que, maintenant même, tout ce que vous demanderez à Dieu, Dieu vous l’accordera. » Jésus lui répondit : « Ton frère ressuscitera. )) Et Marthe crut les paroles du Seigneur : elle appela Marie, et les deux sœurs, ainsi que la foule accourue, furent témoins de la résurrection de Lazare.
Plus tard, six jours avant la Pâque, Jésus revint à Béthanie. Il soupa dans la maison de Lazare, et Marthe servait, pleine d’attentions pour lui, pendant que Marie, assise à ses pieds, écoutait sa parole. Elle s’en plaignit, disant : « Seigneur, ne voyez-vous point que ma sœur me laisse servir toute seule? Dites-lui de m’aider. » Jésus répondit : (( Marthe, Marthe, tu te mets en peine et tu t’embarrasses de beaucoup de choses; or, une seule est nécessaire. Marie a choisi la bonne part, elle ne lui sera point ôtée. » Et pourtant, selon les paroles de saint Jean, Jésus aimait Marthe; il voulait seulement l’exhorter à la résignation et empêcher l’envie de naître en son cœur. Il n’est point fait mention qu’elle assistât aux derniers moments de Jésus, et cependant rien ne semble plus probable ; au reste, le Seigneur dut la visiter avant son Ascension, elle et les siens, puisque c’est de Béthanie que, selon saint Luc, il voulut s’élever au ciel.
29 juillet. — SAINTE MARTHE. 437
Une ancienne tradition populaire rapporte qu’elle vint enseigner l’Evangile en Provence, avec Marie-Madeleine. Elle se serait établie
Fig. 167. — JéiU3 chez Marthe et Marie. D'apris un tableau de Le Sueur. XVIVjsiècle.
à Tarascon, où ses miracles auraient promptement amené de nombreuses conversions. De là, elle allait répandre partout la bonne nouvelle, et presque toutes les villes de Provence la revendiquent pour leur apôtre. Elle aurait reçu chez elle les premiers évêques des Gaules
Maximin, Eutrope, Trophime. Enfin, c’est à Tarascon, qui l’a choisie pour patronne, qu’elle serait morte entourée de ses compagnes de retraite, âgée de soixante-cinq ans.