SAINT JEAN L’AUMÔNIER
((Je vous rends grâces, Seigneur, de ce que vous avez exaucé ma prière, et de ce qu’il ne me reste qu’une obole, quoique, à mon élection j’aie trouvé dans le palais épiscopal d’Alexandrie quatre mille livres d’or; j’en ai encore amassé beaucoup plus, grâce aux offrandes des amis de l’Eglise, et j’ai tout donné aux pauvres, mes frères. )> Ce
23 janvier. — SAINT JEAN L’AUMONIER.
testament, dicté par Jean à l’heure suprême, résume d’un trait sa vie entière, qui fut un long acte de bienfaisance, payé du beau surnom <ï Aumônier par la reconnaissance du peuple.
Fils du gouverneur de l’île de Chypre, Jean avait longtemps vécu dans le monde, riche et heureux ; la mort lui ayant enlevé sa femme et ses enfants, il se livra avec ardeur aux exercices de la piété chrétienne, et ses progrès y devinrent si rapides, ses libéralités si abondantes, qu’il fut bientôt connu dans tout l’Orient. C’est ce qui détermina le clergé d’Alexandrie à le demander pour patriarche (608). Il réforma les abus, établit une sorte d’assistance publique dont il se fit le trésorier, rendit la justice deux fois par semaine, et éleva le nombre des maisons de dévotion de sept à soixantedix. Quant à sa miséricorde envers les malheureux et les affligés, il sut la varier à l’infini au point qu’on n’avait jamais vu paraître une charité semblable à la sienne. Il envoya de l’argent, du blé et des vêtements à Jérusalem, que les Perses avaient saccagée, et racheta d’entre leurs mains un grand nombre de captifs. En 620, le patrice Nicétas vint, sur l’ordre d’Héraclius, le sommer de lui remettre le trésor de l’Eglise pour subvenir aux besoins de l’empire. Sur le refus du prélat, il s’en empare par violence ; mais touché de repentir, il le restitue et y ajoute même du sien. Puis il l’engage avenir à Constantinople pour donner sa bénédiction au souverain. Jean prit la mer avec lui, tomba malade à Rhodes, et se fit transporter en Chypre, où il mourut, dans la ville d’Amathonte, sa patrie (23 janvier 620). Les chevaliers de Saint- Jean, dits Hospitaliers , le choisirent pour patron.
Fig. 11. — Chevalier de l’ordre de Saint-Jean, dit Hospitalier; gravure de Jost Amman. XVIe siècle.
Fig. 12. — Apparition de la sainte Vierge à saint Ildefonse. D'après Hurillo. XVIIe siècle.
le rendit plus recommandable que l’éclat de sa naissance. Il naquit à Tolède, le 8 décembre 60G, et eut pour maître dans les lettres divines et