‹ La Vie des saintsChapitre 346 sur 536 · SAINT OUEN · texte numérisé non relu

SAINT OUEN

Lors de son exil, et pendant qu’il passait de Neustrie en Austrasie, saint Colomban s’arrêta au château d’Ussy, situé sur la Marne, et qui appartenait à Autharis, seigneur franc ; il y bénit les trois enfants de son hôte, nommés Ado, Rado et Dado. Tous les trois furent envoyés, suivant l’usage, à la cour du roi. L’aîné, Ado, fut le premier à rompre avec le monde et fonda, sur son patrimoine, le monastère de Jouarre, oh il prit l’habit. Le second, Rado, qui était devenu trésorier de Dagobert, consacra aussi sa part d’héritage à l’établissement d’un autre monastère, également près de la Marne, et appelé d’après lui Bcidolium (Reuil). Le troisième enfin est notre saint, qui prit dans la suite le nom d’Ouen ( Audoenus ).

Il naquit en 609, à Sancy, près Soissons, et fut élevé à l’abbaye de Saint-Médard. Ayant rejoint ses frères à la cour, il devint le plus cher des leudes de Dagobert et son principal confident, et occupa la charge de référendaire, c’est-à-dire il garda le seing royal pour en marquer l’empreinte sur les édits qu’il écrivait de sa main. « Il était d’une haute intelligence, )) lit-on dans ses Actes, « plein d’éloquence, prudent au conseil, d’un jugement droit, d’une taille élevée, beau de visage et surtout rempli de la charité du Christ. » Auprès de Dagobert brillait alors

Page 1