SAINTE EUGÉNIE
Issue d’une famille noble et puissante, elle naquit à Obernay, en Alsace, vers 695. Pleine d’aversion pour les vanités du monde, elle résolut de le quitter, sans même vouloir le connaître ; elle n’avait pas quinze ans lorsqu’elle entra au monastère de Hohembourg, dont sa tante Odile était abbesse, et à laquelle elle succéda quelques années plus tard. Simple religieuse, elle avait oublié sa naissance pour se faire la servante de ses sœurs ; appelée à les gouverner, ell e demeura dans les mêmes sentiments d’humilité, choisissant, entre toutes les foliotions, les plus basses et les plus rebutantes. Sa charité était sans bornes envers les pauvres, qu’elle allait visiter jusque dans les villages les plus écartés, comme envers les voyageurs, auxquels elle donnait une généreuse hospitalité. Elle soignait elle-même les malades, leur portait des secours, des médicaments, et ces bonnes paroles qui souvent font autant que tout le reste.
Telles furent les œuvres qui remplirent la vie d’Eugénie, et qui ne • l’empêchaient pas de se livrer à d’austères mortifications. Elle avait environ quarante ans lorsque ses forces la trahirent, l’obligèrent de modérer son zèle, et lui firent sentir que sa fin était proche. Elle expira,
17 septemrre. — SAINT HILDEGAEDE.
sans agonie, sereine et confiante en Dieu, le IG septembre 735. Les pauvres vinrent en foule la visiter sur son lit cle mort et baiser une dernière fois les mains qui les avaient si souvent secourus.