SAINT CALLISTE
Après avoir subi un long exil à Antium, Calliste fut rappelé par le pape Zéphyrin (202), qui le nomma son archidiacre et lui confia la surveillance du cimetière. C’est lui qui, en un moment de péril, leva de leurs tombeaux les corps des saints Pierre et Paul, et les transporta sur la voie Appienne, au fond d’un puits, dans une chambre sépulcrale, cc Autour de ce monument, )) rapporte dom Guéranger, « s’ouvrirent bientôt des galeries, et cette région de Rome souterraine fut enviée comme lieu de sépulture par un grand nombre de fidèles. Ce lieu fut appelé Ad Catacumhas ou plutôt kata turnbas, c’est-à-dire près des tombes des apôtres, et c’est improprement que l’on a étendu dans les temps modernes l’appellation générale de Catacombes aux cimetières de
Rome. » Durant la période de persécutions, chacun des cimetières cliré-
Fig. 260. — Intérieur de la crypte de saint Calliste, dite aussi crypte des Papes , restitué par M. de Rossi. IIIe siècle.
tiens était désigné tantôt d’après la personne qui l’avait fait construire, tantôt d’après un martyr de la foi. Celui auquel Calliste fut préposé
14 octobre. — SAINT BURCHARD.
était réservé aux papes; jusque-là ils avaient été inhumés dans la crypte Yaticane, mais depuis Zéphyrin, ils le furent (dix-sept du moins) sur la voie Appienne. Calliste ne se borna pas à préparer la crypte des pontifes <( avec son autel, sa chaire, ses niches à fleur de sol, ses loculi superposés, ses peintures et ses revêtements en marbre, tout ce luxe d’ornementation plus tard complété par Damase, » il creusa une vaste étendue de terrain et la disposa avec une grande régularité.
Elu pape en 219, Calliste perdit la vie au quartier de Transtévère dans une sédition populaire (12 octobre 222). Son corps fut déposé sur la voie Aurélienne.
SAINT BURCHARD
Il était né en Angleterre, d’une famille noble et riche ; mais promptement dégoûté du monde, il abandonna fortune, amis, patrie pour passer en France et se vouer au salut des âmes (732). A cette époque, Boniface travaillait à détruire l’idolâtrie en Allemagne, et il demandait de tous côtés des ouvriers pour le seconder dans cette pieuse entreprise. Burchard, qui venait de recevoir les ordres, alla le trouver et s’offrit pour porter l’Évangile partout où on l’enverrait. L’apôtre, qui se connaissait en hommes, apprécia bientôt ses mérites et résolut de le faire évêque de Wurtzbourg, que saint Ivilian et ses compagnons avaient gagnée à la foi au prix du martyre. Il le mena à Borne et le présenta au pape Zacharie, qui érigea pour lui cette ville en évêché, et voulut le consacrer de ses propres mains. Les deux évêques reprirent le chemin de l’Allemagne, et Boniface dota le nouveau siège sur les biens de son archevêché de Mayence.
Pendant quarante ans qu’il vécut encore, Burchard fit faire au christianisme les plus grands progrès dans son diocèse, et ses ouailles n’étaient point seulement chrétiennes par le nom, mais aussi par le cœur et par la pratique des vertus. Son exemple avait été d’un grand poids ; il marchait vêtu des habits les plus grossiers, répandant tous ses revenus en aumônes ; sa crosse d’évêque était un simple bâton de sureau. Il conquit, en même temps que l’amour du peuple, l’estime des seigneurs
francs, et il fut l’un des députés qu’ils envoyèrent à Zacharie pour lui demander de sanctionner l’élection de Pépin le Bref. On lui dut la construction de plusieurs abbayes. C’est dans l’une d’elles, bâtie sur le Mein et dédiée à Notre-Dame, qu’il voulut être enterré. Il était mort le 9 février 732, au château de Hohembourg, transformé en monastère, et depuis 983 sa fête fut célébrée le 14 octobre.
15 OCTOBKE.