‹ La Vie des saintsChapitre 464 sur 536 · SAINT ZACHARIE ET SAINTE ÉLISABETH · texte numérisé non relu

SAINT ZACHARIE ET SAINTE ÉLISABETH

Au temps d’Hérode, roi de Judée, vivait un prêtre, du nom de Zacharie, dont la femme, descendant comme lui d’Aaron, s’appelait Elisabeth. Tous deux, justes devant Dieu, avançaient en âge, n’espérant plus de postérité. Un jour que Zacharie remplissait au temple les fonctions du sacerdoce , le tour de sa famille étant venu , il fut désigné par le sort, selon l’usage observé entre les prêtres, pour entrer dans le sanctuaire et y offrir l’encens. Un ange lui apparut à droite de l’autel , et, le voyant troublé , lui dit : (( Ne crains pas, Zacharie, ta prière est exaucée ; ta femme Elisabeth enfantera un fils , et tu lui donneras le nom de Jean. » Zacharie faisant difficulté de croire aux paroles de l’ange, celui-ci ajouta : « Tu seras muet jusqu’au jour où ces choses arriveront. )) Six mois plus tard, Marie, femme de Joseph, avertie de cette grossesse miraculeuse par l’ange qui l’avait saluée mère de Dieu , vint visiter Elisabeth, sa cousine, et la féliciter. Mais ce fut Elisabeth qui s’inclina

5 novembre. — SAINT ZACHARIE ET SAINTE ÉLISABETH. 705

Fig. 272. — Sainte Élisabeth reçoit la visite (le la sainte Vierge. D'après une fresque (lu Sodoma. XVI0 siècle.

réjouirent avec elle. Le huitième jour, ils revinrent pour la circoncision de l’enfant, et ils allaient le nommer du nom de son père, lorsqu’Élisabeth s’y opposa, disant : « Non, il s’appellera Jean. » Et comme il n’y avait encore eu personne de ce nom dans la famille , on demanda par signes à Zacharie, toujours muet, s’il consentait à ce que son fils s’appelât ainsi. Il écrivit sur ses tablettes : (( Jean est son nom. )> Et à l’instant même sa langue fut déliée. L’enfant fut, dans la suite, Jean-Baptiste, le précurseur de Jésus. Le Nouveau Testament ne nous apprend rien de plus sur ses parents.

devant elle ; remplie de l’Esprit Saint, elle s’écria en voyant entrer celle qui portait le Sauveur du monde : « Vous êtes bénie entre toutes les femmes ! ))

Au temps révolu , elle mit au monde un fils. Les parents et les voisins , ayant appris les faveurs dont Dieu l’avait comblée, accoururent et s’en

SAINTE BERTILLE.

Bertille naquit, vers 612, au diocèse de Boissons, où sa famille tenait un rang élevé. Après une enfance des plus innocentes, elle entra, fort jeune encore, à l’abbaye de Jouarre, sur le conseil de saint Ouen ; telle y fut la ferveur, l’austérité de sa conduite, qu’elle en devint prieure. Vers 656, la reine Batbilde éleva l’abbaye de Chelles, où elle avait dessein de se retirer, et pour la peupler elle eut recours à l’abbesse de Jouarre, la priant de lui donner quelques-unes de ses filles avec une supérieure. Bertille fut désignée pour cette charge, et ce fut saint Genêt, archevêque de Lyon, qui la mit en possession. Elle fut à Chelles ce qu’elle avait été dans sa première maison, le modèle de ses soeurs. Bientôt deux reines vinrent se mettre sous sa conduite : Bathilde, qui réalisait son désir de finir ses jours dans la solitude du cloître, et Heresvide, reine d’Est-Anglie. L’âge n’amena aucun changement dans les rigoureuses pratiques de sainte Bertille; elle mourut, après une longue vie pleine de mérites, le 5 novembre 692.

SAINT LÉONARD

C’était un de ces seigneurs francs que saint Remi avait convertis et qui avaient reçu le baptême, à l’exemple de leur chef; Clovis avait été • son parrain, et il lui portait une affection particulière. Les exhortations de l’évêque de Reims et l’exemple de ses vertus le poussèrent bientôt à quitter le métier des armes et à se retirer du monde. A son tour, il s’appliquait à la conversion de ses compagnons restés idolâtres, quand, ayant appris que Clovis le cherchait pour le réintégrer dans l’emploi qu’il avait abandonné, il se retira au monastère de Micy, près d’Orléans, alors gouverné par saint Mesmin. Après la mort de cet abbé, arrivée en 520 , Léonard alla évangéliser le Berry, où il gagna un grand nombre d’âmes. Il passa ensuite dans la forêt de Pauvin, à quatre lieues

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