‹ La Vie des saintsChapitre 492 sur 536 · SAINT JEAN DE LA CROIX · texte numérisé non relu

SAINT JEAN DE LA CROIX

Jean de la Croix, dont le nom de famille était Yapes, naquit en 1542, au bourg d’Ontiveros (Vieille-Castille). Après avoir étudié dans un collège de jésuites, il entra chez les carmes de Médina en 15G2, et se consacra tout entier à la pénitence : s’étant logé dans une cellule étroite et obscure, il prit pour lit une espèce de cercueil en bois, porta un rude cilice, et sanctifia ses austérités par l’exercice non interrompu

de la prière. Il lia mie étroite amitié avec sainte Thérèse et travailla avec elle à la réformation de l’ordre des carmes (15G8). Mais ceux qui étaient opposés à la règle nouvelle le condamnèrent comme apostat dans un chapitre tenu à Placentia ; il fut arrêté, conduit à Tolède et mis au cachot pendant neuf mois. Ayant recouvré sa liberté par le crédit de sainte Thérèse, il fonda et dirigea quelques monastères. Sa franchise lui attira d’autres épreuves : un discours où il s’éleva contre certains abus tolérés ou introduits par les supérieurs de l’ordre réveilla le ressentiment de ses ennemis, et on le dépouilla de ses emplois. D’odieuses calomnies furent répandues sur sa conduite, et sans qu’il éprouvât le besoin de protester jamais. Il mourut le 14 décembre 1591, au couvent d’Ubeda, près de Jaën.

La vie de saint Jean de la Croix offre une continuelle alternative de peines intérieures et de consolations spirituelles. Le feu de l’amour divin brûlait tellement son coeur, qu’on ne pouvait l’entendre parler sur ce sujet sans se sentir soi-même embrasé de la même ardeur. On n’admirait pas moins sa charité envers les pauvres et les malades. Il y avait trois choses qu’il demandait souvent à Dieu : la première, de ne passer aucun jour de sa vie sans souffrir quelque mal ; la seconde, de mourir simple moine; et la troisième, d’être accablé jusqu’à la fin d’humiliations et de mépris. On a de lui plusieurs ouvrages mystiques, remplis d’une sagesse et d’une doctrine toute céleste; on y trouve d’excellentes maximes et de remarquables instructions pour tout ce qui arrive dans la vie spirituelle jusqu’au plus éminent degré de perfection. Le pape Benoît XIII le canonisa en 1726 et fixa sa fête au 24 novembre.

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