‹ La Vie des saintsChapitre 533 sur 536 · SAINT SABIN · texte numérisé non relu

SAINT SABIN

On était au temps de la persécution de Maximien Hercule, qui dura près de vingt années, de 286 à 305. Il fallait des hommes énergiques pour soutenir la foi des chrétiens, courageux, pour leur donner l’exemple, car ils étaient sans cesse inquiétés jusqu’au milieu des actes les plus ordinaires de la vie.

Sabin, évêque de Spolète, dont on ne connaît ni la naissance ni les premiers temps d’apostolat , fut un des pasteurs qui remplirent le mieux, à cette époque, leurs difficiles fonctions. Grâce à son zèle toujours en éveil, bien peu de chrétiens avaient faibli dans les supplices et le nombre des fidèles de son diocèse s’augmentait, au contraire, de jour en jour. Le préfet Vénustien, averti de ces progrès, songea à y mettre un terme, en s’emparant de la personne de Sabin. L’ayant rencontré à Assise où il prêchait l’Évangile, il le fit arrêter et jeter en prison avec Marcel et Exupérance, ses diacres, ainsi que plusieurs autres membres de son clergé. Lorsqu’ils comparurent devant lui, il voulut les obliger à adorer une petite statue d’or et de corail qui représentait Jupiter, mais l’évêque s’en saisit et la précipita contre le sol on elle se brisa en morceaux. Vénustien, entrant dans une grande colère, lui fit couper les mains, avant de le renvoyer en prison. Quant à ses diacres, ils expirèrent au milieu des supplices.

Dans sa prison, Sabin fut visité par une pieuse patricienne, du nom de Sérène, vouée aux œuvres de charité : elle pansa ses blessures et lui fournit toutes les choses nécessaires à la vie. Sa piété ne devait pas rester sans récompense : ayant amené avec elle un de ses neveux, appelé Priscillien, qui était aveugle, les prières du martyr lui obtinrent de recouvrer la vue. A la nouvelle de ce miracle, Vénustien vint, lui aussi, implorer sa victime pour un mal dont il souffrait depuis longtemps ;

Fig. 305. — Le Christ guérissant uii aveugle. D’après une fresque des Catacombes.

guéri, aussitôt il se convertit et se fit baptiser, avec sa femme et ses enfants. Peu de temps après, ils eurent tous la tête tranchée par ordre de Lucius, le nouveau préfet. Le tour de Sabin arriva bientôt. Il fut condamné à être fouetté avec des cordes plombées, et les bourreaux exécutèrent l’arrêt avec tant de violence qu’il succomba entre leurs mains (303). Par les soins de Sérène, dont la pieuse vie devait recevoir aussi la couronne du martyre, son corps fut inhumé aux environs de Spolète en un lieu où on éleva plus tard une basilique.

Un saint du même nom, évêque de Canosa, dans la Pouille, vécut au sixième siècle, et fut le modèle des prélats de son pays par ses vertus et surtout par son zèle.

31 décembre. — SAINTE COLOMBE.

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