‹ La Vie des saintsChapitre 69 sur 536 · FÉVRIER. — SAINT MATTHIAS · texte numérisé non relu

FÉVRIER. — SAINT MATTHIAS

Plusieurs papes l’employèrent avec succès dans des affaires importantes; Etienne IX, avec qui il était lié d’amitié, le nomma, en dépit de sa résistance, cardinal et évêque d’Ostie (1057). Pierre décida deux antipapes, Benoît et Honoré, à abdiquer leurs prétentions; il purgea le clergé de Milan du fléau de la simonie; il empêcha l’empereur Henri IV de répudier sa femme Berthe; il fit rentrer dans le devoir la ville de Ravenne. Tant de soucis et de fatigues lui rendaient toujours plus chère sa solitude de l’Apennin; il était heureux d’y reprendre, comme le plus humble des frères, l’exercice des plus rigoureuses pénitences, couchant sur des planches, mangeant du pain de pourceau et buvant une eau fétide, infligeant à son corps, déjà meurtri par des cercles de fer, une rude discipline. « Un soldat de Jésus-Christ, disait-il, ne doit pas ignorer jusqu’où il peut avancer dans le chemin de la vertu. » Dans les moments qu’il consacrait au travail des mains, le même homme qui avait dignement soutenu les grands intérêts de la chrétienté s’occupait à tailler des cuillers de bois et autres menus ouvrages. Pendant qu’il revenait de sa dernière légation à Ravenne, il fut atteint d’une fièvre pernicieuse à Faenza, et y mourut, le 22 février 1072. On a de lui de nombreux écrits sur les matières ecclésiastiques, oh il était fort savant, des sermons, des lettres, etc. Son style a de la clarté, du naturel et de l’énergie. Léon XII lui a décerné le titre de docteur de l’Eglise.

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