SAINT CÉSAIRE
Issu d’une famille grecque de Nazianze (Cappadoce), et frère de saint Grégoire, il alla étudier les sciences à Alexandrie, et s’appliqua -surtout à
Fig. 30. — Obsèques de saint Césaire faites par sou frère saint Grégoire de Nazianze.
D’après une miniature d’un ms. grec du IXe siècle.
la médecine, vers laquelle l’entraînait un génie particulier. A Constantinople, où il s’établit ensuite, il acquit la plus brillante réputation. L’empereur Julien l’estimait beaucoup : il le nomma son premier médecin (360), l’excepta toujours dans les édits qu’il porta contre les chrétiens,
25 février. — SAINT TARAISE.
et s’efforça par mille caresses de le gagner à sa cause. Césaire demeura inébranlable.' Jovienet Valens l’admirent aussi dans leur confiance, et le dernier l’envoya en Bithynie comme intendant. Lors du tremblement de terre de Nicée, où il résidait, la mort l’effleura de près (368); frappé du péril qu’il avait couru, vivement sollicité d’ailleurs par son frère de se consacrer entièrement au service de Dieu, il résolut de quitter le monde. Quoique fermement attaché à l’Evangile, il n’avait pas encore reçu le baptême ; mais la glorieuse résistance qu’il avait opposée aux obsessions de Julien lui méritait le titre de confesseur de la foi. Du reste, d’une caractère libéral et désintéressé, il pratiquait l’art de guérir sans aucune intention de gain ; il était le père des pauvres, et les institua ses héritiers avant de mourir (369).
SAINT TARAISE.
Avant d’aller expier dans la solitude la faiblesse d’avoir participé, contre sa conscience, à la condamnation des saintes images, Paul, patriarche de Constantinople, déclara qu’il ne connaissait personne plus capable de le remplacer que le secrétaire du palais, Taraise. C’était un homme vertueux et savant, dont le père avait gouverné la cité en qualité de préfet. Il accepta, toutefois à la condition qu’il lui serait permis de convoquer un concile général pour terminer les sanglantes discordes que l’hérésie des iconoclastes (briseurs d’images) avait soulevées en Orient. Cette assurance lui ayant été donnée, il reçut la prêtrise et fut sacré évêque le 25 décembre 784. Une première tentative de réunir le concile dans la capitale échoua par suite des violences des hérétiques. A la seconde, trois cent soixante-dix-sept évêques s’assemblèrent à Nicée (787) : Taraise parla le premier, et exhorta les Pères à rejeter toute nouveauté et à conserver les traditions de l’Eglise. Selon ce qu’il proposa, le culte des images fut déclaré chose pieuse, et l’anathème prononcé contre qui soutiendrait le contraire. Malgré le grand service qu’il avait rendu à la paix publique, Taraise eut à subir les persécutions de Constantin VI, dont il blâma sévèrement le divorce : ses proches, ses domestiques mêmes, fu-
rent exilés, et il fut gardé si étroitement que nul ne pouvait plus, sans permission, arriver jusqu’à lui. La révolution qui remit au pouvoir l’impératrice Irène rendit la liberté au patriarche (797). Après avoir donné l’exemple de toutes les vertus, il rendit son âme à Dieu le 25 février 806, et sa perte causa un deuil universel.