MÉDITATION SUR L'ESPERANCE
ESPÉREZ en Dieu, mais craignez-le. L'espéi rance sans la crainte mène à la paresse spirituelle ; la crainte sans l'espérance conduit au désespoir. Dieu est bon, il veut vous sauver; que cette
pensée est consolante ! Dieu est juste, et il peut vous damner: que cette pensée est effrayante ! Mon Dieu, je crains votre justice, mais j'ai confiance en votre bonté. Employez à mon égard, non les rigueurs de votre justice, mais les douceurs de votre miséricorde.
IL J'espère de votre bonté votre grâce en ce monde et votre gloire dans l'autre. Ce n'est pas de mon esprit, de mon travail, de mes amis que j'attends ma félicité ; c'est de vous, ô Dieu, qui êtes l'unique appui de mon espérance. Ce ne sont pas non plus les richesses, les plaisirs et les honneurs que j'attends de votre libéralité ; je n'espère, je ne désire, je ne demande que votre sainte grâce ; donnez-moi votre saint amour, enlevez-moi tous les biens de la terre, et je serai trop content et trop riche. A voir notre insouciance pour les biens célestes et notre attachement aux biens de ce monde, ne dirait- on pas que nous n'avons ni foi, ni espérance ? Nous péchons contre la foi et V espérance ; nous semblons ne croire qu'à la vanité et au mensonge. S. Cyprien.
III. Ce n'est pas sur mes travaux, mais c'est sur les mérites de mon Sauveur Jésus-Christ qu'est fondée mon espérance. Si je considère ma faiblesse, je n'ai que l'enfer à attendre ; mais si je jette les yeux sur Jésus crucifié pour moi, je dois espérer le paradis. Que mes ennemis se lèvent co?itre moi, je ne serai pas confondu, parce que c'est en vous que f espère et non pas e?i moi. S. Augustin.
Pratique: L'espérance en Dieu. — Prière : Pour vos supérieurs ecclésiastiques.
Oraison.
FAITES, nous vous en supplions, Seigneur, que l'intercession du saint abbé Sabbas nous rende agréables à votre Majesté, et que nous obte-
nions par ses prières ce que nous ne pouvons espérer de nos mérites. ParN.-S. J.-C.
6 Décembre. — SAINT NICOLAS, Évêque et Confesseur.
Laissez ces petits enfants ■, et ne les empêchez pas de venir à moi ; car le royaume du ciel est pour ceux qui leur ressemblent. — J.-C, en S. Matthieu, ch. xix.
SAINT Nicolas est le patron de la jeunesse et tout spécialement de la jeunesse studieuse. Après la mort de ses parents, il distribua tous ses biens en bonnes œuvres. Entre autres traits de sa charité, on raconte qu'apprenant le danger où se trouvaient trois jeunes filles de s'adonner à la débauche pour se procurer un moyen d'existence, il leur jeta la nuit, par la fenêtre, de quoi s'établir honnêtement. Élu évêque de Mire, il donna à son peuple l'exemple de toutes les vertus, et mérita par son zèle d'être envoyé en exil, durant la persécution de Dioclétien. Il assista plus tard au concile de Nicée, et revint ensuite dans sa ville épiscopale. A sa dernière heure, il vit les anges venir à sa rencontre ; et expira vers l'an 342, en prononçant ces mots : Seigneur, je remets mon âme entre vos mains.
MÉDITATION SUR SAINT NlCOLAS, PATRON DE LA ■ JEUNESSE.
LE jeune homme qui veut mener une vie sainte, ne peut mieux faire que d'imiter la conduite de saint Nicolas. Jeune encore, on le voyait se retirer souvent dans les églises pour prier et exciter dans son cœur le feu de l'amour divin. Les jeûnes, les veilles,
le cilice étaient les gardiens de sa virginité. Il veillait sur ses regards et évitait, autant qu'il le pouvait, la conversation des personnes du sexe. Pratiquez-vous les mêmes vertus ? Quelle précaution prenez-vous pour conserver votre pureté et votre innocence ? Comment vous comportez-vous envers Dieu et envers vous-même ?
II. Ce saint écolier avait un respect admirable pour ses maîtres : il recevait leurs ordres comme s'ils fussent sortis de la bouche de Jésus-Christ. Il fréquentait les plus pieux de ses condisciples et évitait avec soin les libertins. Vous comportez-vous de la sorte envers votre prochain ? Quelles sont les compagnies que vous fréquentez? Quel respect avezvous pour vos supérieurs ? Comment leur obéissezvous ?
III. Il étudiait avec une application assidue, pour se rendre un jour capable de servir Dieu et d'exciter les autres à son amour. Dieu, par l'organe de vos parents, vous ordonne de travailler ; travaillez donc, mais que ce soit à ce que Dieu veut, comme Dieu le veut, et pour accomplir sa sainte volonté. Apprenez enfin de saint Bernard trois paroles qui renferment presque tous les devoirs d'un jeune homme : // faut qu'un jeune homme craigtie Dieu, respecte ses parents, et co?iserve sa pureté.
Pratique : La crainte de Dieu. — Prière : Pour les écoliers.
Oraison.
ODIEU,qui avez rendu le bienheureux Nicolas, pontife, illustre par un grand nombre de miracles, accordez-nous, par ses mérites et son intercession, la grâce d'être délivrés des flammes éternelles. Par N.-S. J.-C.
7 Décembre. — SAINT AMBROISE, Évêque, Confesseur et Docteur.
Réfléchissez au ministère que vous avez reçu dans le Seigneur, afin d'en remplir tous les devoirs. — S. Paul aux Colossiens, ch. iv.
APRÈS la mort d'Auxence, évêque de Milan, les ariens cherchèrent à soulever le peuple, pour l'emporter dans l'élection du nouvel évêque. Ambroise, alors gouverneur de la ville, se rendit à l'assemblée afin de parler en faveur de la paix. Pendant son discours, un enfant au berceau s'écria trois fois : Ambroise évêque ! Et tout le peuple le demanda pour pasteur. Son éloquence persuasive contribua puissamment à la conversion de saint Augustin. Après le massacre de Thessalonique, il refusa à l'empereur Théodose l'entrée de l'église, jusqu'à ce qu'il eût fait pénitence de son crime. Il mourut en 397.