MÉDITATION SUR LA CORRECTION FRATERNELLE
NOUS devons être ravis de joie, quand on nous avertit de nos défauts, parce que pour les corriger il faut d'abord les connaître. Aveuglés par notre amour-propre, nous estimons en nousmêmes ce que nous blâmons dans les autres. Que ce soit votre ami ou votre ennemi qui vous avertisse de vos défauts, vous devez toujours en profiter ; ne vous excusez point, n'accusez point ceux qui blâment votre conduite. Comment recevez-vous les avis qu'on vous donne ? Comment vous corrigez- vous des défauts qu'on vous fait remarquer ?
II. Quand on vous signale quelque faute, examinez-vous ; si ce qu'on dit est véritable, corrigez-vous. Si un ennemi ou un méchant homme blâme en vous des choses louables, réjouissez-vous : c'est une marque que vous commencez à plaire au Seigneur, puisque vous déplaisez aux méchants. Il vaut bien mieux être blâmé à tort, que d'être loué sans motif. Jésus, mon Sauveur, je ne veux plaire qu'à vous seul. Que les hommes parlent de moi comme il leur plaira, peu m'importe : ils ne sont pas mes juges.
III. N'examinez pas les fautes de votre prochain avec un œil curieux et un esprit malin. Ne l'accusez pas, à moins que votre position ne vous en fasse un devoir ; et si les autres blâment sa conduite devant vous, excusez-le autant que vous pourrez. Examinez vos défauts, et vous ne songerez pas à critiquer ceux de votre prochain. Celui qui se considère, 11c rechei'che pas ce qui est blâmable en autrui, niais ce qui en lui-même est digne de larmes S. Bernard.
Pratique : La charité. — Prière : Pour vos supérieurs.
Oraison.
FAITES, nous vous en prions, ô Dieu toutpuissant, que l'intercession du bienheureux Zenon, votre martyr, dont nous célébrons la naissance au ciel, délivre nos corps de toute adversité et purifie nos âmes de toute pensée mauvaise. Par N.-S. J.-C.
23 Décembre. — SAINT SERVULE, Conf.
Réjouissez-vous dans votre espérance; soyez patients dans les fnaux, persévérants dans la prière. — S. Paul aux Romains, ch. ij.
SAINT Servule était un pauvre infirme incapable de faire le moindre mouvement. Ses parents le portaient tous les jours dans le portique de l'église de Saint-Clément à Rome. Sa patience, sa douceur et sa piété faisaient l'admiration de tous. Dans ses douleurs, il louait Dieu sans cesse, le remerciait et demandait de souffrir encore davantage. Sur le point de mourir, il pria ceux qui l'entouraient de faire silence, disant qu'il entendait les concerts des anges. A ces mots, il s'endormit doucement dans le Seigneur.
Méditation sur la vie de saint Servule.
SAINT Servule a supporté avec une patience héroïque une extrême pauvreté et une cruelle maladie. On ne l'a jamais entendu se plaindre ; au milieu de ses souffrances, il demandait de souffrir davantage encore. Que répondrez- vous à cet illustre
mendiant ? Comparez vos afflictions aux siennes, votre patience à sa patience et cessez de vous plaindre de votre pauvreté et du mépris qu'on vous témoigne. Rougissez! Jésus-Christ a été pauvre, il a etc. humble. S.Pierre Chrysologue.
IL Ce saint surabondait de joie dans la tribulation : la joie de son cœur resplendissait sur son visage et se reflétait dans ses discours. Il ne cessait de prier Dieu et de célébrer ses louanges. Toutes les afflictions, quelque grandes, quelque pénibles qu'elles soient, vous seront agréables, si vous priez Dieu de vous donner la force de les supporter, et si vous pensez aux promesses que Jésus fait dans l'Évangile à ceux qui souffrent. D'où vient que vous êtes si souvent accablé d'un violent chagrin, sinon de ce que vous ne pensez point à Dieu qui peut vous consoler, ni au paradis qui attend ceux qui souffrent ayee amour.
III. La mort de saint Servule est encore plus heureuse que sa vie : il ne craint rien et il espère tout ; il ne quitte que des douleurs et des misères, pour prendre possession du royaume des cieux. Pauvres affligés, consolez-vous: la mort viendra changer vos douleurs en allégresse. Heureux du monde, la mort viendra pour changer vos joies en douleurs. Vieillards, elle est à votre parle ; jeunes gens, elle vous dresse des embûches partout. Guerric.
Pratique : La patience. — Prière : Pour les malades.
Oraison.
ODIEU, qui nous donnez chaque année un nouveau sujet de joie dans la solennité du bienheureux Servule, votre confesseur, faites dans votre bonté, qu'en honorant la nouvelle vie qu'il a
reçue dans le ciel, nous imitions celle qu'il a menée sur la terre. Par N.-S. J.-C.
24 Décembre. — SAINT DELPHIN, Evêque et Confesseur.
Prépares le chemin du Seigneur, rendes droits ses sentiers. — S. Luc, ch. iij.
SAINT Delphin, évoque de Bordeaux, combattit l'erreur des Priscillianistes avec un zèle ardent et une rare science. Il avait un soin tout particulier de bien orner les églises. Votre cœur est le temple de Dieu ; il doit y entrer demain par la sainte communion,comment ce temple est-il orné ? Est-il digne de la majesté du Dieu qui doit y habiter ? Il faut en chasser le péché qui est l'ennemi de Jésus-Christ, si vous voulez que le divin Sauveur y entre et vous comble de ses grâces.