‹ La vie des saintsChapitre 20 sur 151 · MÉDITATION SUR LA NECESSITE DE SE MORTIFIER · texte numérisé non relu

MÉDITATION SUR LA NECESSITE DE SE MORTIFIER

CELUI qui hait son âme en ce monde, la Conserve pour la vie éternelle. Cette parole de Notre - Seigneur nous montre la nécessité qui nous est imposée de nous mortifier. La cité de Babylone, c'està-dire des réprouvés, commence par l'amour de soimême et finit par la haine de Dieu, dit saint Augustin. La cité de Jérusalem, c'est-à-dire des prédestinés, commence par la haine du corps et finit par l'amour de Dieu. L'amour de Dieu croîtra en vous dans les mêmes proportions que la haine de votre corps. Mesurez-vous sur ce pied; pour connaître combien vous êtes parfait, voyez combien vous vous êtes mortifié.

IL Votre mortification doit commencer par retrancher tous les plaisirs et tous les désirs qui pourraient vous empêcher de garder les commandements de Dieu. Plutôt que de désobéir à l'Évangile, sainte Symphorose immole généreusement à Dieu tout ce qu'elle a de plus cher au monde, ses propres enfants. Retranchez pareillement tout ce qui peut vous empêcher de remplir les devoirs que vous impose l'état de vie dans lequel vous êtes engagé. Enfin, il y a une mortification qui n'est que de conseil, elle consiste à s'abstenir des plaisirs permis : c'est ce que font les âmes saintes ; les imitez-vous ?

III. La mortification vous deviendra facile, si vous considérez qu'elle empêche de tomber dans beaucoup de fautes. De plus, vous êtes pécheur ; vous devez donc faire pénitence et vous mortifier pour diminuer d'autant ce que vous devez à la jus-

tice de Dieu dans le purgatoire. Vous êtes chrétien; est-il convenable de vivre dans les plaisirs en adorant un Dieu crucifié ? Ne craignez pas les rigueurs de la mortification: elle a des douceurs cachées que ceux-là seuls peuvent goûter qui l'embrassent courageusement. Vous voyez la croix et vous ne voyez point ses consolations. S. Bernard.

Pratique: L'imitation de Jésus-Christ. — Prière: Pour l'éducation de la jeunesse.

Oraison.

SEIGNEUR, qui nous accordez de célébrer la mort glorieuse de sainte Symphorose et de ses enfants, martyrs, faites-nous jouir avec eux de l'éternelle félicité. Par N.-S. J.-C.

19 Juillet. — SAINT VINCENT DE PAUL, Confesseur.

Celui qui aura donné un verre d'eau froide au moindre des miens ne perdra fias sa récompense. — J^-C, en S. Matthieu, ch. x.

COMMENT dire toutes les infortunes que ce saint a soulagées. Aucune, semble-t-il, ne pouvait se dérober aux ardeurs de sa charité. Enfants trouvés, jeunes gens dévoyés, jeunes filles en danger de se perdre, femmes perverties, galériens, esclaves des Maures, ouvriers invalides, aliénés, mendiants sans asile, tous les malheureux enfin ont eu part à son infatigabh sollicitude. Combien d'œuvres il a fondées pendant sa vie, combien se sont établies sous son patronage après sa mort ! Ah ! si un verre d'eau donné à un pauvre a droit à sa récompense, quel doit être la gloire de Vincent dans le ciel ?

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