POUR QUE NOS PRIÈRES SOIENT EFFICACES
CE n'est qu'après vingt ans de jeûnes et de prières que sainte Anne obtint de Dieu qu'il mît fin à sa stérilité. Ne vous rebutez pas si Dieu ne vous accorde pas sur-le-champ ce que vous lui demandez; persévérez dans la prière : vous serez exaucé, pourvu que vous demandiez de bonnes choses et que vous les demandiez avec humilité et confiance. Vous diffé?'ez de nous exaucer, afin de nous enseigner à demander ; vous feignez de ne pas nous e?itend?'e, afin de nous rendre persévérants. S. Anselme.
IL Un ange vint annoncer à sainte Anne que sa prière était exaucée; elle le crut sans hésiter. Notre- Seigneur nous a dit lui-même que tout ce que vous demanderiez en son nom, vous serait accordé ; et vous en doutez encore! Dieu peut et veut vous donner les grâces que vous lui demandez ; ce n'est ni la puissance ni la volonté qui lui manquent pour vous exaucer, puisqu'il est tout-puissant et qu'il désire plus vivement nous faire part de ses faveurs que nous-mêmes nous ne désirons les obtenir. Priez donc, mais que ce soit avec une foi vive et inébranlable ; demandez par les mérites de Jésus-Christ. N'est-il pas vrai que vous ne vous adressez à Dieu qu'après avoir épuisé tous les moyens humains ?
III. Sainte Anne, reconnaissante de la faveur que le ciel lui avait accordée, offrit à Dieu dans le temple l'enfant que Dieu lui avait donnée. Avez-vous remercié Dieu des faveurs que vous avez reçues de lui ? Vous en êtes-vous servi pour l'honorer ? Peut-être les avez-vous oubliées, peut-être en avezvous abusé pour offenser Dieu, votre bienfaiteur. Celui-là n'est pas digne de recevoir de nouveaux bien-
faits, qui rtest point reconnaissant de ceux qu'il a reçus. S. Bernard.
Pratique : La mortification. — Prière : Pour la persévérance des bons.
Oraison.
ODIEU, qui avez daigné accorder à sainte Anne la grâce de mettre au monde la Mère de votre Fils unique, faites, dans votre miséricorde, que nous soyons aidés auprès de vous par l'intercession de celle dont nous célébrons la fête. Par N.-S. J.-C.
27 Juillet. — SAINT PANTALÉON, Martyr.
Je sais vos œuvres; vous avez le nom de vivant \ mais vous êtes înort. — Apocalypse, ch. iij.
EN embrassant le christianisme, saint Pantaléon f n'abandonna pas sa profession de médecin ; il ne fit que l'exercer avec plus de succès : il guérissait les malades en invoquant le nom de Jésus. Les médecins païens, jaloux des cures merveilleuses qu'il opérait de la sorte, le dénoncèrent à l'empereur Maximien. Celui-ci lui fit subir les plus cruelles tortures; mais le saint, encouragé par l'apparition du Sauveur lui-même, les endura avec un courage invincible ; il fut enfin décapité, l'an 303.
Méditation sur les maladies de notre ame.
LE pécheur est aveugle : il ne voit ni les récompenses du paradis ni les peines de l'enfer, ni la beauté de la vertu, ni la laideur du vice ; il ne considère que le faux éclat des richesses, les charmes
trompeurs des plaisirs et le vain appareil de la gloire mondaine. Pécheur, ouvrez enfin les yeux ; considérez que ces trésors nous abandonneront à la mort, que ces plaisirs et ces honneurs s'évanouiront comme un songe. Dites à la vaine gloire : Adieu, vous n'êtes que fausseté, et partant vous n'êtes rie?i. S. Clément d'Alexandrie.
II. Le pécheur est un malade. Le dérèglement des humeurs est la cause des maladies du corps. Le désordre des passions est la source des maladies de l'âme : elles troublent notre raison et l'empêchent de se porter vers Dieu. D'où viennent vos péchés ? Du désordre de vos passions : vous aimez ce qu'il faudrait haïr, vous avez en horreur ce qu'il faudrait aimer. Passez vos passions en revue, examinez vos désirs, vos inclinations et vos aversions ; et, après que vous en aurez connu le désordre, dites à Dieu : Seigneur, celui que vous aimez est malade.
III. Le pécheur est non pas seulement malade, mais il est mort, puisqu'il a perdu la grâce, il est plus difficile de convertir un pécheur que de ressusciter un mort. O Médecin suprême de nos âmes, vous qui avez donné votre vie pour nous délivrer de la mort du péché, ressuscitez-nous ! Faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour sortir du péché et demandons à Dieu qu'il ait pitié de nous.y<? suis malade, f appelle le médecin; je suis aveugle, je coitrs à la lumière ; je suis mort, je soupire après la vie. Vous êtes le médecin, la lumière et la vie, ô Dieu de Nazareth ! S. Augustin.
Pratique : La reconnaissance de soi-même. — Prière : Pour les malades.
Oraison.
F^AITES, nous vous en prions, ô Dieu tout-puissant, que l'intercession de saint Pantaléon, votre martyr, délivre nos corps de toute adversité, et purifie nos âmes de toute mauvaise pensée. Par N.-S. J.-C.
28 Juillet. — SS. NAZAIRE et CELSE, Martyrs, SAINT VICTOR, Pape et Martyr, SAINT IN- NOCENT, Pape et Confesseur.
/'ai contre votes que vous êtes déchu de votre première charité. — Apocalypse, ch. xij.
SAINTS Nazaire et Celse, son disciple, furent jetés à la mer sous la persécution de Néron. Échappés miraculeusement, ils vinrent à Milan prêcher la foi et la confirmer du témoignage de leur sang. — Saint Victor, pape, après avoir vaillamment défendu la foi et la discipline ecclésiastique, fut martyrisé, vers l'an 202, sous le règne de l'empereur Sévère. — Saint Innocent était à Ravenne quand Alaric, roi des Goths, saccagea la ville de Rome. Après le départ des barbares, il revint à Rome consoler son peuple affligé. La patience qu'il sut inspirer aux chrétiens en ces tristes circonstances frappa vivement les païens et en convertit un bon nombre. Il condamna les erreurs des Pélagiens et excommunia l'empereur Arcadius et l'impératrice Eudoxie, pour avoir exilé saint Jean Chrysostome. Il mourut en 417, après 15 ans de pontificat.