‹ La vie des saintsChapitre 28 sur 151 · MÉDITATION SUR L'UNIQUE CHOSE NÉCESSAIRE · texte numérisé non relu

MÉDITATION SUR L'UNIQUE CHOSE NÉCESSAIRE

\7'OUS travaillez sans relâche à devenir riche et savant ; cependant ce n'est point là l'affaire importante: vous pouvez gagner le ciel sans être riche, savant, estimé des hommes. Quittez ces occupations, si elles vous empêchent de travailler à votre salut; laissez là les choses du monde, pour vous appliquer à la seule chose vraiment nécessaire. Pouvez-vous dire avec Tertullien: je me suis séparé de la foule, je ne m'occupe plus que d'une seule chose, je n'ai plus qu'un seul souci, celui de me débarrasser de tout souci ?

IL Le salut est absolument nécessaire et pour le bien de votre âme et pour celui de votre corps. Il faut mettre en sécurité cette âme qui est immortelle; il faut mortifier votre corps durant cette vie, pour le rendre heureux pendant l'éternité. Ces biens, ces honneurs, ces plaisirs que vous recherchez avec tant d'avidité, passeront vite; mais ce que vous aurez fait pour votre salut durera éternellement. Examinez sérieusement votre conscience à cet égard, et vous aurez bien sujet de vous humilier et de vous confondre.

III. Vous perdez tout, si vous ne travaillez pas sérieusement à l'affaire de votre salut pendant votre vie ; après la mort, il n'y a plus de ressource. Vous n'avez qu'une vie, qu'un corps et qu'une âme ; l'homme ne meurt qu'une fois, et là où tombe l'arbre, il reste éternellement. Comment avez-vous travaillé jusqu'à présent à votre salut? Ah! vous vous occupez de bagatelles, et vous méprisez l'unique affaire importante. Nous ne tenons auemi compte des choses nécessaires, nous ne songeons qu'aux choses vaines et superflues. S. Chrysostome.

Pratique : La charité. — Prière : Pour le clergé.

Oraison.

EXAUCEZ-NOUS, ô Dieu, notre Sauveur, afin que la fête de sainte Marthe, votre vierge, en réjouissant notre âme, l'enrichisse des sentiments d'une tendre dévotion. Par N.-S. J.-C.

30 Juillet. — SAINTS ABDON et SENNEN, Martyrs.

Il me semble qite tout est perte au fi?'ix de rémittente science de Jésus-Christ, mon Seigneur, pour qtci f.ai tout sacrifié. — S. Paul aux Philippiens, ch. iij.

ABDON et Sennen, nobles persans, furent accusés auprès de l'empereur Dèce d'avoir secouru les martyrs, et d'avoir enterré leurs saintes reliques. On les pressa de renier Jésus-Christ, on leur représenta la noblesse de leur origine : mais ils répondirent que leur plus grand titre de noblesse était d'être serviteurs de Dieu. On les déchira à coups de fouet, on lâcha sur eux deux lions et quatre mirs, mais ces bêtes farouches se couchèrent à leurs pieds. Enfin l'empereur leur fit trancher la tête.

Méditation. — Il fait eon servir Dieu et non pas le monde.

DIEU demande fort peu de choses à ses serviteûrs, et ces choses sont honorables, utiles et agréables. Il est honorable de servir Dieu, même en ce monde, puisque les serviteurs de Dieu sont respectés dès qu'ils sont connus. Il est utile de le servir: Dieu n'a pas besoin de nous, nous ne pouvons nous passer de lui. Ce service est agréable, parce que la pratique de la vertu est conforme à la raison, et que Dieu comble de consolations célestes ceux qui le servent. Éprouvez la vérité de ce que j'avance: servez Dieu fidèlement, et vous avouerez bientôt que le plaisir de servir un si bon Maître surpasse la peine que l'on a de garder ses commandements.

IL Les adorateurs du monde, au contraire, subissent une servitude insupportable. N'est-ce pas une

honte d'être l'esclave du démon et de ses propres passions ? Les hommes voluptueux ne méprisent-ils pas au fond de leur cœur leurs compagnons de débauche ? Le bonheur peut-il régner dans un cœur déchiré par les remords de la conscience, agité par les tempêtes des passions ? Un peu d'or qu'il faut quitter bientôt, voilà la vaine récompense que le monde donne à ses partisans; cependant il faut plus souffrir pour contenter le monde que pour contenter Dieu. S. Augustin.

III. D'où vient que le monde a tant de partisans et Jésus-Christ si peu de serviteurs? De ce qu'on laisse les enseignements de Jésus-Christ pour ne songer qu'aux maximes du monde. On veut jouir des biens présents et on méprise ceux de la vie future. On suit la coutume et l'entraînement des passions, et non la doctrine infaillible de Jésus- Christ. Jésus-Christ s'est appelé la vérité et non la coutume. Tertullien.

Pratique : L'amour de Dieu. — Prière : Pour le Japon.

Oraison.

ODIEU, qui pour élever au faîte de la gloire les bienheureux Abdon et Sennen, avez enrichi leur cœur de l'abondance de votre grâce, accordez à vos serviteurs le pardon de leurs péchés, et que l'intercession de vos saints martyrs nous délivre de toute adversité. Par N.-S. J-C.

31 Juillet. — SAINT IGNACE, Confesseur.

Quelque chose que vous fassiez, faites-le poter la gloire de Dieu. — S. Paul aux Corinthiens, ch. xj.

LA lecture de la vie des saints inspira à saint Ignace l'amour de la sainteté. Il renonça à la gloire des armes pour s'enrôler sous l'étendard du Christ et pour travailler à la gloire de Dieu et au salut des âmes. Il se retira dans la grotte de Manrèse, où il mena une vie très austère. C'est là qu'il composa son admirable livre des Exercices spirituels. Il commença à étudier la langue latine à l'âge de 33 ans; et pendant son séjour à l'université de Paris, il s'attacha des compagnons, avec lesquels il jeta les fondements de la Compagnie de Jésus. Il mourut en 1556.

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