‹ La vie des saintsChapitre 3 sur 151 · MÉDITATION SUR LA VISITATION · texte numérisé non relu

MÉDITATION SUR LA VISITATION

MARIE vous apprend aujourd'hui quelles visites vous devez faire et comment vous devez vous y comporter. Elle se rend auprès d'Elisabeth par charité et par bienséance : par charité, puisque c'est pour assister Elisabeth et sanctifier saint Jean ; par bienséance, car il était de son devoir de visiter sa cousine plus âgée qu'elle. Ne faites point de visites sans que la charité ou la nécessité ne vous y oblige; tout le reste est superflu ou dangereux. Visitez les pauvres, les malades et les prisonniers, c'est un devoir de charité.

IL Quel est le sujet des entretiens de Marie et d'Elisabeth? A peine se sont-elles saluées, comme on fait entre parents, qu'aussitôt elles se mettent à parler de Dieu. Vos visites ressemblent-elles à celle-ci ? Les railleries, la médisance, l'interprétation maligne de la conduite du prochain, les paroles à

double sens, la calomnie, ne forment-elles pas le fond de vos conversations ? Seigneur, si l'on vous aimait dans le monde, on ne s'y entretiendrait que de vous. Détournez adroitement les mauvais discours que l'on tient en votre présence et dites toujours quelque chose qui puisse édifier votre prochain.

III. Marie retourna dans sa maison dès qu'Elisabeth put se passer de ses services. Retranchez les visites oiseuses ; bornez- vous à celles qui sont nécessaires ; plus vous demeurerez chez vous, moins votre dévotion se dissipera. Il est difficile de se trouver souvent dans les assemblées mondaines sans y voir de mauvais exemples ; et ceux-ci sont bien plus entraînants que les bons. Nous sommes portés à imiter les înéchants et nous reproduisons facilement les défauts de ceux dont nous nepouvo?is égaler les vertus. S. Jérôme.

Pratique : La charité. — Prière : Pour les religieuses de la Visitation.

Oraison.

DAIGNEZ, nous vous en prions, Seigneur, accorder à vos serviteurs le don précieux de la grâce céleste, afin que cette fête solennelle de la Visitation de la sainte Vierge leur obtienne l'accroissement de la paix, comme son enfantement a été pour eux le principe du salut. Par N.-S, J.-C.

3 juillet. — SAINT PHOCAS, Martyr.

Qui sème peu, moissonnera petc; et gui sème dans tes bénédictions, moissonnera aiissi dans les bénédictions. — S. Paul, II aux Corinthiens, ch. ix.

SAINT Phocas était jardinier ; mais il donnait plus de soin à son âme qu'à son jardin. Le tyran, ayant reconnu à ses vertus qu'il était chrétien, envoya des soldats pour s'emparer de sa personne. Saint Phocas les reçut et les traita le mieux qu'il put. Après le dîner, les soldats lui demandèrent s'il ne savait point où était le jardinier Phocas ; il se découvrit à eux; et comme ils refusaient de le prendre, il les conjura d'exécuter l'ordre qu'ils avaient reçu, en disant qu'ils ne pouvaient lui faire un plus grand plaisir. Ils le menèrent donc au gouverneur qui lui fit trancher la tête.

Méditation, — Notre ame est semblable a un

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